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"Trust your heart if the seas catch fire, live by love though the stars walk backward."
[E.E. CUMMINGS]
"Si tu ne trouves pas la vérité à l'endroit où tu es, où espères tu la trouver ?"
[DOGEN]
"By day, it does seem that our troubles won't cease, but a night, late at night, the world is at peace."
[Ruskin BOND]
"De l'extérieur, on triomphera toujours du monde en le creusant au
moyen de théories qui, aussitôt, nous ferons tomber avec elles dans la
fosse. Ce n'est que de l'intérieur que l'on peut se maintenir et maintenir le
monde dans le silence et la vérité."
[Franz KAFKA]
"We are the music makers,
And we are the dreamers of dreams,
Wandering by lone sea-breakers,
And sitting by desolate streams;—
World-losers and world-forsakers,
On whom the pale moon gleams:
Yet we are the movers and shakers
Of the world for ever, it seems."
[Arthur O'SHAUGHNESSY]
"Le détachement est plus grand que l'amour car il en est la condition."
[Philippe MACLEOD]
"L’écrivain est un veilleur qui ne fait que métaphoriser le monde"
[Philippe CLAUDEL]
"Dès que je les ai vus, les nuages sont venus à mon secours. Si vous saviez comme j’ai besoin d’aide. Il n’y a pas un instant où je ne cherche une pierre pour m’aiguiser l’œil."
[Christian BOBIN]
"Plus loin dans les bois il y a un chemin sur lequel je marchais avec toi, quand tu étais encore de ce monde. Le chemin semble indifférent mais je sais qu’il se souvient de toi. Il n’y a pas de temps. Il n’y a que la joie éternelle et nos pauvres cœurs architectes."
[Christian BOBIN]
''L'homme seul est capable de s'identifier à sa conscience au lieu de se perdre dans ses sensations, ses émotions, ses pensées. L'humain est unique parce qu'il peut se détacher de ses désirs, de ses aversions, de ses espérances et de ses peurs. En cultivant sa conscience, notre espèce peut se libérer de ses impulsions et de ses illusions."
[Pierre LÉVY]
"Le bonheur ne m’a guère souri sur cette terre.
Où vais-je ? Je cherche dans ces montagnes
Le silence, la paix du cœur. C’est ma patrie,
Je n’errerai plus jamais loin d’elle."
[Yves BONNEFOY]
"Kant dit qu’il faut considérer chaque être humain comme une fin et jamais comme un moyen. C’est la marque de la plus grande immoralité que d’utiliser l’humain. Je dirais (et c’est exactement la même idée, mais à l’échelle moléculaire) que chaque instant doit être considéré comme une fin en soi et jamais comme un moyen. L’instant est l’humain. Par exemple, le moment où tu épluches une orange est une fin en soi et non quelque temps mort pour arriver au moment de manger l’orange."
[Pierre LÉVY]
"Life is pure adventure and the sooner we realize that,
the quicker we will be able to treat life as art."
[Maya ANGELOU]
"Awaken your spirit to adventure; hold nothing back, learn to find ease in risk. Soon you will be home in a new rhythm, for your soul senses the world that awaits you."
[John O’DONOHUE]
''Nous sommes nés pour ne plus avoir à renaître''
[Ajahn CHAH].
''Tout marcheur est un gardien qui veille pour protéger l’ineffable'' [Rebecca SOLNIT]
''Beaucoup de gens dans ce monde habitent des maisons
de briques et peuvent ignorer le monde extérieur. Mais
mon esprit demeure sous les arbres, à ciel ouvert, reçoit
directement les messages que lui apporte le vent, et, du
fond de son être, répond à toutes les cadences musicales
de la lumière et de l’ombre.''
[Rabindranath TAGORE]
''Chacun de nous a son propre alcool. Je trouve assez d’alcool dans le fait d’exister. Ivre de me sentir, j’erre et marche bien droit. Si c’est l’heure, je reviens à mon bureau, comme tout le monde. Si ce n’est pas l’heure encore, je vais jusqu’au fleuve pour regarder le fleuve, comme tout le monde. Je suis pareil. Et derrière tout cela, il y a mon ciel, où je me constelle en cachette et où je possède mon infini.''
[Fernando PESSOA]
“Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. ”
[Marcel PROUST]
''Quand le silence et la paix s'établissent en moi, que je me trouve au plus loin de ma solitude, je sens que je suis centré et comme ancré dans l'essence de la vie. En de tels instants, le meilleur m'est donné, et au plus intime, je ne suis plus que jouissance, ravissement.
En songeant à ces instants, il m'apparaît que s'il existe un sacré, il ne peut être que celui-ci. Il réside en notre for intérieur, là où nous oeuvrons à nous connaître, là où nous aspirons à vivre le beau, le bien, l'illimité (tout cela n'est qu'un seul processus). Le sacré qui était auparavant défini par l'Eglise et la religion n'a plus d'existence. Celui qui le remplace se confond avec le plus fondamental de nous-même, ce que nous avons de plus précieux, ce que nous devons vivre avec un maximum d'attention et de conscience. Toutefois c'est malheureusement ce que nous méconnaissons, tant le visible nous requiert, nous détourne de cet invisible qu'il est si facile d'oublier.
Il nous faut maintenir l'équilibre entre ces deux mondes qui rentrent souvent en conflit et font de nous des êtres déchirés par d'insolubles contradictions.''
[Charles JULIET]
''Mourir sans avoir compris ! Quelle ivresse ! Moi, je dirai plutôt : mourir en ayant compris qu'il n'y a rien à comprendre si ce n'est que l'humain a inscrit à même le ciel le plus beau d'entre tous les signes, le point d'interrogation.''
[Serge REZVANI]
''There is great good in returning to a landscape that has had extraordinary meaning in one’s life. It happens that we return to such places in our minds irresistibly. There are certain villages and towns, mountains and plains that, having seen them, walked in them, lived in them, even for a day, we keep forever in the mind’s eye. They become indispensable to our well-being; they define us, and we say: I am who I am because I have been there, or there.''
[N. Scott MOMADAY]
"There are no unsacred places, there are only sacred places and desecrated places."
[Wendell BERRY]
" I am out with lanterns, looking for myself."
[Emily DICKINSON]
"Il faut se souvenir de celui qui oublie où mène le chemin." [HÉRACLITE]
''Deux cuillerées de miel sombre et dense''
[Mario RIGONI STERN]
''Il y a une chose dont je suis sûr : cette lumière connue dans l'enfance, pour la retrouver maintenant, il faut s'appliquer tous les jours à vivre dans la plus grande incertitude.''
[Jean-Pierre ABRAHAM]
''There they are, in my own handwriting: the words that have been my prayer, evening after evening. I copied them from the books I found them in, so that they would be right in front of me, issued from my hand as if they were my own words. And now I want to write them again, kneeling here before my tablet I want to write them; for in this way I can have them with me longer than when I read them, and every word will last and have time to echo and fade away.'' [R. M. RILKE]
'' I am being driven forward
Into an unknown land.
The pass grows steeper,
The air colder and sharper.
A wind from my unknown goal
Stirs the strings
Of expectation.
Still the question:
Shall I ever get there?
There where life resounds,
A clear pure note
In the silence.''
[Dag HAMMARSKJöLD]
"My home drove me
into the wilderness.
Few look for me. Few hear me."
[Dag HAMMARSKJöLD]
''Quand tous les calculs compliqués s'avèrent faux, quand les philosophes eux-mêmes n'ont plus rien à nous dire, il est excusable de se tourner vers le babillage fortuit des oiseaux, ou vers le lointain contrepoids des astres.'' [Marguerite YOURCENAR]
''Tu ne sauras jamais les efforts qu'il nous a fallu faire pour nous intéresser à là vie ; mais maintenant qu'elle nous intéresse, ce sera comme toute chose - passionnément.'' [André GIDE]
"J'ai écrit des récits. Le récit m'est indispensable pour atteindre indirectement à la poésie. C'est la poésie que je cherche, c'est-à-dire la création de fictions, tirées du plus profond de l'âme et dont la vie fictive, observée, analysée avec soin, me permette d'étudier et de connaître cette âme elle-même, par cette sorte de reflet.'' [Henri BOSCO]
''Ce qui manque le plus chez les écrivains actuels, c'est le sens musical de la méditation.'' [Philippe SOLLERS]
''Si je ne suis pas moi, qui le sera? " [Henry David THOREAU]
" Le genre d’art qui me tient à coeur est justement la régression, c’est l’enfance réintégrée. S’il était possible de renverser l’évolution, de rejoindre par quelque chemin circulaire une enfance réintégrée, j’aurais encore une fois sa plénitude et son immensité ; ce serait l’avènement de l’"époque géniale", des "temps messianiques" qui nous sont promis et jurés dans toutes les mythologies. Mon idéal est de "mûrir" vers l’enfance. Ce serait là l’authentique maturité." [Bruno SCHULZ]
"Ce que nous infligeons à l'arbre, au torrent, à la montagne, la mécanisation du monde et des êtres, l'utilitarisme de cette pseudo structuration définitive des choses, balançant entre la logique fiduciaire et la démagogie, privent ceux qui suivent aveuglément ou qui subissent ces doctrines d'une possibilité de découvrir un espace hors de tout préjugé. Plus que tout, c'est la liberté de conscience que je réclame.
Les souffrances infligées par les totalitarismes disparaissent la mémoire des crimes est fugace. L'engagement personnel est alors important. Nous sommes de ce temps, de cette époque. L'on pourrait, a contrario, dire que le temps ne passe pas, qu'il est une forme presque fictive d'un présent perpétuel traversé par des plantes, des hommes, des cailloux, des oiseaux, des astres... Mais qui ne réduit rien à la destination inconnue des carnages. Notre constant de la souffrance, de la dépossession ne doit pas être une source de simplification de notre pensée.
La critique des traditions perdues c'est d'abord à moi-même que je l'adresse, chaque être est dépositaire d'une histoire, d'une parole que l'on ne sait pas toujours conserver en soi pour les autres. Il ne s'agit pas là d'un conservatisme arc-bouté sur ses acquis ou geignant sur l'évolution du monde, mais un maintien du sens qui éveille en nous l'appel de la poésie. C'est aussi l'expression d'une volonté : ne plus détruire par distraction, par coutume ou par négligence. [Jean MAISON]
"Il suffit d'appréhender le monde où l'on vit avec la totalité de ses sens et de son intelligence, pour y trouver tout le reste de l'Univers. Tout ce qui est ailleurs est forcément ici, et ce qui n'est pas ici n'existe nulle part..." [Marie ROUANET]
"Comment ne serais-je pas un loup des steppes et un ermite hérissé au milieu du monde dont je ne partage aucune des ambitions, dont je n’apprécie aucun des plaisirs ! Je ne puis tenir longtemps ni dans un cinéma ni dans un théâtre ; à peine puis-je lire un journal, rarement un livre contemporain ; je ne comprends pas quelle est cette jouissance que les hommes cherchent dans les hôtels et les trains bondés, dans les cafés regorgeant de monde, aux sons d’une musique forcenée, dans les bars, les boîtes de nuit, les villes de luxe, les expositions universelles, les conférences destinées aux pauvres d’esprit avides de s’instruire, les corsos, les stades : tous ces plaisirs qui me seraient accessibles et que des milliers d’autres convoitent et poursuivent au prix d’efforts, je ne puis ni les comprendre ni les partager. En revanche, ce qui m’arrive dans mes heures rares de jouissance, ce qui m’est émotion, joie, extase et élévation, le monde l’ignore, le fuit et le tolère tout au plus dans la poésie ; dans la vie il traite cela de folie." [Hermann HESSE]
''Si quelque chose doit surgir, ce ne peut être que du fond de moi. Et voilà que je guette encore, comme si on allait frapper à la porte''. [Jean-Pierre ABRAHAM]
"Il faut pratiquer un subtil travail non d'opposition, mais de différenciation, à l'intérieur duquel on s'installe, observateur et songeur, méditatif et distrait. Abri fantasmatique, sorte de tente invisible aux autres et qui se monte et se démonte en un souffle." [Chantal THOMAS]
"Tenir ferme, ne jamais abandonner aux marchands de rêves ce qui dans notre figure démembrée, saccagée, reste notre part d’allégresse." [Lorand GASPAR]
''Pourquoi ai-je un tel souci de l'autre ? Pourquoi ai-je cette crainte permanente d'être pour lui une cause de trouble, de le déranger si peu que ce soit dans ce qu'il est et ce qu'il pense ? Et pourquoi m'a-t-il fallu si souvent m'annihiler en sa présence ?" [Charles JULIET]
''l’absolue simplicité de ce qui existe : simplicité qui désigne ici le contraire de la complication, mais aussi le contraire de toute intelligibilité. Car ce qui est le plus simple est en même temps le plus incompréhensible.'' [Clément ROSSET]
"Au fond, chaque fois que je rencontre, où que ce soit, l’expression d’un quelconque dogme, j’éprouve une véritable stupeur : comme s’il n’était pas possible que personne crût ainsi à une vérité unique définitive." [Philippe JACCOTTET]
"Il convient, parmi nos soucis intellectuels, de s'occuper parfois des aptitudes de notre corps et spécialement des exercices qui augmentent le plus sa force, son agilité et ses qualités de bel animal sain, redoutable et prêt à faire face à toutes les exigences de la vie. Je me souviens, à ce propos, qu'en parlant naguère de l'épée, entraîné par mon sujet, je fus assez injuste envers la seule arme spécifique que la nature nous ait donnée: le poing. Je tiens à réparer cette injustice." [Maurice MAETERLINCK]
"My dream is to go far away from civilization some day and lose myself in the wilderness. I already have the spot picked out ... which I believe is the most beautiful country in the world. Nature and the drama in it are all the companions I need. There I shall do what I like best to do, read and write." [Jun FUJITA]
"L’été, à la lune, sous un ciel des mille et une nuits, je bois des vers en compagnie de quelques maîtres de l’éveil, dans un jardin du Vaucluse, en barque dans le Marais poitevin ou dans une petite maison perdue en Ardèche. Je pars, bien volontiers, au pied levé, sur les routes des clochards célestes qui déroulent leurs rouleaux d’écriture depuis Paris jusqu’aux dunes de l’Atlantique. Il arrive aussi que j’appuie ma vieille bécane lyrique contre le parapet du petit pont qui franchit la Rimarde où un cycliste considérable connut l’illumination. Les soirs d’hiver, j’allume la radio et j’essaie de capter, sur les petites ondes, des musiques inouïes, malgré les parasites : je me perds dans un arrière-pays lointain quelque part en Méditerranée ou sur les bords de la mer Baltique, je sauve les meubles intérieurs en me faisant la malle. Ces promenades de rêveur incorrigible, indiscipliné, je les dois à Li Po ou à Po Chu yi, vieux poètes chinois adeptes du tch’an qui m’ont appris, par l’exemple, à réconcilier méditation et vie quotidienne, à faire comme le petit troglodyte qui se pose sur une seule branche : satori ou, à tout le moins, de la lecture sauvage." [Yves LECLAIR]
"Etendu à la belle étoile devant un feu de branchages crépitant et odorant, c'est moins l'époque des camps adolescents que je revis, que l'impression d'avoir encore tout à apprendre et à comprendre, et tout à faire." [Georges PICARD]
''Je me méfie des expéditions lointaines entreprises par des voyageurs incapables de faire le tour de leur chambre. Ce qu’on ne sait pas découvrir à deux pas de soi, on ne le trouvera pas mieux aux antipodes. Ne me parlez pas des prouesses des navigateurs solitaires, des découvreurs de continents disparus, des défricheurs de terres récemment émergées, des escaladeurs de volcans, des chasseurs de requins, des mangeurs de fourmis rouges, et autres hommes volants, hommes grimpants, hommes rampants... Les voyageurs qui m’émeuvent ressemblent plutôt au vieux poète chinois du VIIIe siècle, Li Po, marcheur infatigable mais sans exploits, buveur de vin et ami des libellules et des anachorètes. Quitte à faire rire les amateurs du genre, j’avoue que mes livres de voyage préférés restent Les nuits d’octobre de Gérard de Nerval, balade poétique à Paris, Pantin et Meaux, et le fameux Voyage avec un âne dans les Cévennes de Stevenson, œuvrette d’un auteur qui, selon le témoignage de sa femme, avait la fibre aventurière un peu lâche. Ses meilleures pages donnent l’impression d’avoir été écrites à main levée ; les moins bonnes sentent la digression documentaire. Les paysages des Cévennes sont juste esquissés : sans les noms des villages, on serait parfois en peine de deviner dans quelle région précise de France l’auteur traîne son ânesse et ses lecteurs. Que les amateurs de mœurs ne s’attendent pas non plus à y trouver plus que quelques traits intéressants sur la vie des paysans montagnards du XIXe siècle. Sur ce sujet, la récolte est maigre, sauf en ce qui concerne les usages hôteliers. Malgré ces imperfections, ou plutôt grâce à elles, le récit a un charme que je n’échangerais pas contre les descriptions savantes des ethnologues. Voyageur maladroit, mais écrivain habile, Stevenson a compris que le voyage subjectif, composé d’émotions et d’humeurs, vaut moins par sa matière documentaire ou folklorique que par l’impression d’improvisation, c’est-à-dire d’aventure, qu’il communique. Ici, l’esquisse est supérieure au dessin, et le léger grisé l’emporte sur le trait riche et appuyé.'' [Georges PICARD]
"Un droit que bien peu d’intellectuels se soucient de revendiquer, c’est le droit à l’errance, au vagabondage. Et pourtant, le vagabondage, c’est l’affranchissement, et la vie le long des routes, c’est la liberté ! Rompre un jour bravement toutes les entraves dont la vie moderne et la faiblesse de notre cœur, sous prétexte de liberté, ont changé notre geste, s’armer du bâton et de la besace symboliques, et s’en aller ! Pour qui connaît la valeur et aussi la délectable saveur de la solitaire liberté (car on n’est libre que tant qu’on est seul), l’acte de s’en aller est le plus courageux et le plus beau. Egoïste bonheur, peut-être. Mais c’est le bonheur, pour qui sait le goûter. Etre seul, être pauvre de besoins, être ignoré, étranger et chez soi partout, et marcher, solitaire et grand à la conquête du monde." [Isabelle EBERHARDT]
"J'ai un fort penchant et beaucoup de tendresse pour les gens un peu isolés et au bord... du gouffre, du fait divers, de la folie ou du génie, en tous cas loin de la bordure exécrée de la routine quotidienne. Et j'ai un besoin vital de la forte Nature, émerveillé à chaque instant de sa profusion." [Jean-François STÉVENIN]
"J'ai l'infini à ma portée, je le vois, je le sens, je le touche, je m'en nourris et je sais que je ne pourrais jamais l'épuiser, et je comprends mon irrépressible révolte lorsque je vois supprimer la nature; on me tue mon infini." [Robert HAINARD]
''En prononçant des mots comme « mer », « montagne », etc, nous parlons comme les poètes. Parce que toutes ces choses de la nature parlent tout droit à notre âme. Nous ne pouvons pas retourner dans la jungle et vivre comme les indigènes. Mais dans nos rêves et dans la poésie, nous pouvons retrouver la nature.'' [Eugen DREWERMANN]
''Quand l'écriture approche de ce qu'elle devrait être, elle ressemble intimement au voyage parce qu'elle est comme lui, une disparition"...Un effacement comme dirait Jaccottet ou René Char...'' [Nicolas BOUVIER]
''L'enfance, plus qu'un âge est un état d'esprit. C'est une attention fébrile aux êtres et aux choses, une impatience d'absorption qui permet, pour de brefs instants, de saisir le monde dans sa polyphonie - il est toujours polyphonique - et de ne pas se contenter d'une lecture monodique où l'on ne suit qu'une ligne de la partition, ce que nous faisons trop souvent par lassitude, résignation, ou par ce qu'Antonin Artaud appelait, avec une justesse cruelle, "insuffisance centrale de l'âme". Or, cet état d'éveil peut se maintenir à n'importe quel âge, au prix, bien entendu, d'une vigilance continuelle. Le problème, la plus grande difficulté, c'est qu'il faut découpler cette perception fraîche et native de l'enfance de la stupidité craintive et répétitive qui est aussi l'enfance. Si ce découplage réussit, on se retrouve vieillir plus heureux, et, plus important encore, plus léger, la légèreté étant, chacun le sait, le meilleur apprentissage de la mort. C'est un pari difficile, mais en aucun cas impossible.'' [Nicolas BOUVIER]
''Au fond, les vrais voyages sont immobiles. Immobiles et infinis. Solitaires. Silencieux. Souvent, ils commencent dans une chambre où l’on est enfermé parce qu’il pleut.'' [Guy GOFFETTE]
''Mon journal ne contient que dix-huit lignes sur cette première journée de marche, la moitié d'une feuille de cahier. Non que cette journée ait été pauvre en impressions : au contraire, ce fut l'une des journées de ma vie les plus étonnantes, les plus signifiantes. J'étais tout simplement très fatigué et ne savais quoi noter, ni comment le faire, ni quelle langue employer. La langue du journal, presque banale, en témoigne : Cimetière de vieux-croyants : rivage des racines d'or ; fond de mer primaire ; rivage des troncs d'arbres ; rivage des pierres découpées en tranches de fromage (cassure verticale) ; berge aux petites fleurs lilas, vent. Deux cygnes. Ultime effort de Petka. Monde vierge. Perte du sens du réel. Sentiment que tout ce qui m'arrive aujourd'hui n'aurait jamais pu arriver, dans aucune autre circonstance. Mais que c'est arrivé. Propositions purement indicatives, qui ne sont même pas là pour exprimer une pensée élaborée mais désignent avec plus ou moins de concision ce que les yeux découvrent : « cela », « cela ». Images élémentaires d'une langue-espace … [Vassili GOLOVANOV]
J'estime que vivre constitue en ce qui me concerne une chance, qui ne me sera pas accordée une seconde fois : une chance non point parce que la vie nous fait des cadeaux et que sur une balance idéale la somme des plaisirs excéderait celle des peines, mais parce que je mesure à chaque instant la chance que j'ai d'être un vivant, d'accéder chaque matin à la lumière et chaque soir aux ombres, que les choses n'aient pas perdu leur éclat naissant et que je perçoive aussitôt l'esquisse d'un sourire, le début d'une contrariété sur un visage, bref que le monde me parle.
La vie elle-même comme ondoiement, comme déploiement, la vie à fines gouttelettes plutôt que comme une tornade ou un fleuve impétueux. Une lumière plutôt qu'une force. [Pierre SANSOT]
"L'agrément qu'il y a à dormir sur le tatami, c'est d'avoir ainsi le dos collé au sol, de faire corps avec la Terre et - quand le calme et le silence de la nuit le permettent - de sentir et de partager la vaste rotation dans laquelle elle vous entraîne. Les couvertures tirées jusqu'au menton, les mains à plat le long du corps on fend l'espace comme un boulet chauffé au rouge. On pense aux autres corps célestes, aux orbites qui s'infléchissent et qui divergent, aux attractions, aux répulsions, aux lentes figures qui se tracent à des vitesses inconcevables." [Nicolas BOUVIER]
''Je n’avais sûrement pas envie de regarder la mer. Mais aperçue fugitivement, et comme malgré moi, je l’ai vue divisée. Echevelée, frissonnante au nord, le vent éparpille. A l’est, rassurante et légère, elle mène à la côte là-bas. Lente au sud, mystérieuse, profonde. C’est au sud que nous prenons les plus beaux poissons. Mais c’est l’ouest que j’aime. La mer à l’ouest, c’est l’océan. J’aurais dû penser à ce mot plus tôt ?
Est-ce le paysage que l’on a sous les yeux qui détermine ces passages de la colère, du courage, de l’ennui au fond de soi ? Ces éclipses ?" [Jean-Pierre ABRAHAM]
''Il y a un moment où les lampes, non seulement n'éclairent rien, mais brouillent le reste de la lumière du jour. Le contour des objets devient flou. les visages sont hagards, les gestes maladroits. On est toujours pris un peu au dépourvu par l'arrivée de la nuit. On se hâte sans rien dire qui puisse effrayer l'autre. Et puis la flamme des lampes n'a pas plus d'importance que les boutons de cuivre des coffres.
On regarde l'heure. Elle vient.'' [Jean-Pierre ABRAHAM]
''Si pour le moment, et tous les moments qui suivent et tous les moments qui précèdent, je m'empêtre dans des pitreries, que m'importe. Les vétilles que j'assène, je les assume - le calibre de mes assurances, c'est ça : le petit respir. Mes vannités s'écrivent avec deux N, ce sont des vannes vaines. Si je vais comme la taupe visiter les racines, je ne veux pas qu'on me suive, je me fais voyant dans les galeries de mon creusement, les racines sont dans le noir, mais elles sont aussi la source et l'origine de l'illumination.'' [Lambert SCHLECHTER]
"Partir ? Il suffit de jeter un peu de pain et une poignée de thé dans un sac et d’enjamber la barrière" [John MUIR]
''Le malaise existentiel, lorsqu’il atteint une certaine intensité, demande, pour guérir, un retrait à l’écart, une régression matricielle. On se roule dans une couverture-placenta, on se couche dans un lit, on s’isole dans une cabane au fond des bois. Quelquefois, dans une voiture on roule vers nulle part, vers ailleurs, un horizon, une cabane solitaire. La confusion passionnelle et la souffrance, lorsque l’on ne sait plus à qui parler, lorsque l’on ne sait trouver d’issue, demandent pour s’épuiser solitude et silence.'' [Antoine MARCEL]
"J'ai toujours eu dans l'esprit, sans bien m'en rendre compte, une sorte de balance. Sur un plateau, il y avait la douleur, la mort, sur l'autre, la beauté de la vie. Le premier portait toujours un poids beaucoup plus lourd, le second presque rien que d'impondérable. Mais il m'arrivait de croire que l'impondérable pût l'emporter par moments. Je vois à présent que la plupart des pages que j'ai écrites sont sous le signe de cette pensée, de cette oscillation." [Philippe JACCOTTET]
''Nous étions nés pour la contemplation, mais quelque chose d’autre nous est imposé sans merci.'' [Gustave ROUD]
''En grandissant, le sauvage, lui, ne perd jamais son paradis d’enfant à moins qu’il n’en soit chassé de force. J’ai le sentiment que tout le temps que nous passons, tout le mal que nous nous donnons pour fabriquer et acquérir de nouvelles choses -ce que nous avons ritualisé sous la forme du mythe du progrès- ne servent qu’à compenser la perte du territoire idéal dont nous nous sommes bannis nous même. Il n’y a que dans nos racines que nous pouvons espérer un renouveau.” [Bruce CHATWIN]
"Je vais au cinéma voir n’importe quoi et, en sortant, je me sens appartenir au monde." [Arnaud DESPLECHIN]
''Le langage de la poésie m'est toujours apparu comme celui qui rend le compte le plus juste de nos vies dans toutes leurs dimensions, celui qui peut réconcilier fumée et parfum; celui qui sait tirer un chant, ou une simple chanson, de nos peines, légères ou violentes, de nos voyages - dans le temps, dans l'espace du dehors comme dans celui du dedans -, qui bâtit une musique même à partir de l'ombre et de l'absence, qui fait scintiller pour notre joie même la course des jours. Oui, cela brille, cela luit ou brûle dans la main ouverte. Une constellation tout près de nous, dans la main ouverte, dans le livre ouvert. Je ne crois pas qu'il faille en dire plus.'' [Philippe JACCOTTET]
''J'ai parfois l'impression de vagabonder autour du monde dans le seul but d'accumuler le matériau de futures nostalgies.'' [Vikram SETH]
''Nous sommes tous des nomades contrariés. " [Jacques MEUNIER]
''Tu trouveras bien plus dans les forêts que dans les livres'' [Bernard de CLAIRVAUX]
''We need, wilderness whether or not we ever set foot in it. We need a refuge even though we may never need to be there. I may never in my life get to Alaska, for example, but I am grateful that it’s there. We need the possibility of escape as surely as we need hope; without it the life of the cities would drive all men into crime or drugs or psychoanalysis.'' [Edward ABBEY]
''A man on foot, on horseback or on a bicycle will see more, feel more, enjoy more in one mile than the motorized tourists can in a hundred miles. Better to idle through one park in two weeks than try to race through a dozen in the same amount of time. Flatlanders! Seeing the wonders of the world from behind the driver’s wheel is little different than experiencing them in a theater or through a web page.'' [Edward ABBEY]
''Mon corps est comme un nuage errant'' [Kamo No CHOMEI]
"You've got to jump off cliffs all the time and build your wings on the way down." [Annie DILLARD]
''A forest has depth. You walk through woodland. You walk into a forest. A hundred doors close behind. A hundred open up before. You are engulfed in an environment just as free and natural as the sea shore, or the mountain peak. There are three things that cut a man down to size – the sea, the mountain, and the forest. And there are three journeys that can make towards self-knowledge, and to glimpse the immense reality of life – down to the sea, up to the mountains, or into the wilderness. But you must leave as much as possible behind.'' [John WYATT]
''J'ai découvert la nature comme physis (totalité) avec Anaximandre, le premier philosophe de la nature la pensant comme infini (apeiron), comme étant l'origine de toute chose, douée d'une capacité de créativité indéfinie. La nature est à comprendre non comme enchaînement ou concaténation de causes, mais comme improvisation ; elle est poète.''
[Marcel CONCHE]
''You don't get to choose how you're going to die. Or when. You can only decide how you're going to live. Now.'' [Joan BAEZ]
''La flamme est là, menue et chétive, luttant pour maintenir son être, et le rêveur s'en va rêver ailleurs, perdant son propre être, en rêvant trop grand, trop grand - en rêvant au monde.
La flamme est un monde pour l'homme seul.
Alors, si le rêveur de flamme parle à la flamme, il parle à soi-même, le voici poète. En agrandissant le monde, le destin du monde, en méditant sur le destin de la flamme, le rêveur aggrandit le langage puisqu'il exprime une beauté du monde.'' [Gaston BACHELARD]
''Par la non-violence, on ne cherche pas à nier la violence mais à la transformer en une alternative constructive, à refuser ce qui est mortifère, destructeur, pour développer une bienveillance active envers tout ce qui vit. Celui qui s' y réfère s' applique donc à dire non à la violence sous toutes ses formes, y compris et tout d' abord à sa propre violence.'' [Lanza del VASTO]
''There is no reality except the one contained within us. That's why so many people live an unreal life. They take images outside them for reality and never allow the world within them to assert itself.'' [Hermann HESSE]
''Un matin alors que nous faisions Zazen au premier lever du jour, le chant d'un oiseau, reconnut mon esprit. Je compris que, là où il fallait aller, je ne pouvais qu'y aller seul, et que j'aurai à faire tout le chemin. Et le chemin a été long, en fait il ne finit jamais, ou peut-être serait-il plus juste de dire qu'il ne commence vraiment que lorsque l'on est arrivé.''
[Antoine MARCEL]
"La poésie n'est jamais simplement un mode plus élevé du langage quotidien. C'est plutôt le contraire : le langage quotidien est un poème oublié et donc usé, dont on ne ressent presque plus l'appel." [Martin HEIDEGGER]
''De hautes graminées desséchées, d’invraisemblables fleurs de loin en loin, fragiles comme des paroles perdues. Quelques oiseaux s’envolèrent dans un grand silence. Les oiseaux et le silence c’est vraiment une affaire importante à remarquer.'' [André DHÔTEL]
"Libre de tout pouvoir et de toute dépendance, le solitaire sait être heureux sans attendre l'approbation d'autrui. Il a conscience que les jours passent vite, qu'il ne faut pas remettre à plus tard d'aimer, de rire, de connaître, de bâtir. (...) il apprécie tout autant la présence d'un chat, d'un arbre, d'une pierre, que la compagnie des hommes, car tout a valeur à ses yeux." [Jacqueline KELEN]
''Partir ne mène nulle part, j’ai mis longtemps à le comprendre ; mais pour cela sans doute était-il nécessaire d’avoir fait tout le chemin.'' [Antoine MARCEL]
''La poésie peut péricliter en tant que genre littéraire, elle n'en reste pas moins vivante au coeur de ceux des hommes qui conservent le sens de la prière. Je ne parle pas nécessairement de la prière chrétienne, mais de ces prières naturelles que sont l'attention, l'imagination, une tendre disposition du coeur, l'aptitude à s'émerveiller. Elle restera toujours nécessaire à ceux pour qui la vie est une raison suffisante de survivre. Une prometteuse aventure, une chance, un bonheur dont il faut témoigner.''
[Jean-René HUGUENIN]
"The world rests in the night. Trees, mountains, fields, and faces are released from the prison of shape and the burden of exposure. Each thing creeps back into its own nature within the shelter of the dark. Darkness is the ancient womb. Nighttime is womb- time. Our souls come out to play. The darkness absolves everything; the struggle for identity and impression falls away. We rest in the night."
[John O'DONOHUE]
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