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Les plus beaux mots d’amour que j’ai entendus te reviennent. Ce sont des échos.
Parmi ceux-ci, je retiens: ‘Ne t’inquiète pas’.
Une personne qui dit à une autre ‘ne t’inquiète pas’ sait vraiment aimer, même si elle ignore encore qu’elle aime et tarde à recevoir cette nouvelle en soi-même.
Des échos d’un temps où le temps ne nous tenait pas encore la main, où nous étions alors libres de la donner.
‘Ne t’inquiète pas’: sans doute ai-je aussi tardé à recevoir ces mots nouveaux dans ma vie présente, si archaïque dans ses lassantes répétitions quotidiennes ; à les comprendre, à les accepter, à les faire miens. Ce n’est que notre vie si banale, sujette à tous les soucis et tous les embarras qui nous rappelle que le langage des êtres qui nous sont chers a un sens, une direction: leur amour nous porte vers l’avenir.
Quand je t’ai connu tu tenais toujours a dans ta main le livre d’un auteur galicien, Suso de Toro, qui s’intitule Tic-Tac. Au début je pensais au mécanisme métronomique, à la répétition du même mouvement que ce titre inspire, puis j’ai songé à l’hypnose, au rêve, au réveil-matin et au rêve éveillé venu desceller mes paupières closes. Même un simple livre me conduit à toi, un livre que je n’ai jamais ouvert, mais dont j’ai commencé inconsciemment à tourner les pages lorsque je t’ai rencontré, et que je ne peux à présent refermer.
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