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Quelqu'un a remis ce matin encore le diamant de lumière sur le sillon du vieux disque classique qu'est le soleil levant.
Quand le croissant nocturne s'est rompu à force de tremper dans la voie lactée, et en elle s'est décomposé, je continue de rêver tout éveillé devant les restes éparpillés de mon petit déjeuner.
Ce sont des heures où mon ventre se creuse, mort affamé de nostalgie et d'anticipation, où j'entendis initialement de ma poche tranquille pour la première fois les oiseaux, les travailleurs du lundi et la cocotte-minute qui sifflaient leur échappée belle. Je dois remercier ici, chaleureusement, les aiguilleurs et les aiguiseurs initiaux de ma curiosité pour le monde extérieur, ce sont eux qui m'ont fait goûter aux airs d'affranchissement que j'entonne avec eux désormais à l'unisson aux premières heures de l'aube.
A l'improviste, sans qu'on se donne la peine de me l'annoncer, je fus expulsé brutalement de mon domicile pulsant, du logis dont je me croyais propriétaire pour me découvrir simple locataire au bail minimal et non renouvelé, à grande effusion de sang, d'eaux usées et lacrymales. Ce qui restait de ciel, de sel et d'océan intérieurs collé à jamais sur ma rétine, je suis venu enfin au jour à l'appel conjugué des injonctions, des incertitudes et des prières, un peu plus léger qu'espéré: le poids plume s'accrocha très fort lors de son premier combat.
Le bonheur n'est-il pas, dans le fond, qu'un souvenir du premier frisson qui continue d'agiter le hochet en nous lorsqu' il gèle à pierre fendre au dehors, qu'une manière inavouée de revisiter le jardin abandonné de l'enfance, une enfance dont nous portons tous la bonne étoile, cousue au coeur, comme des juifs ou des shérifs?
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