Où allons-nous?

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Oiseaux

le mardi 27 décembre 2005, à 02:03. Posté par AC



    Par une nuit d'encre, je m'agite comme un beau diable, esprit tempestueux, dans mes draps de lit entortillés. Dans mon rêve, leur étoffe forme une voile immense, celle d'un vaisseau jeté sur l'océan. Mon lit craque sur les flôts déchaînés, je m'épuise à tirer sur les cordages de mon imagination, pour empêcher le rafiot de chavirer et de sombrer au milieu de la tempête...

    Soudain le rêve cesse, d'un coup. Cela veut-il dire que le navire a coulé, ou bien qu'il mouille simplement dans les eaux calmes du port? Cette question lancinante taraude mon esprit pendant quelques secondes, avant que je me rende compte qu'il n'y a pas de voilier, encore moins de capitaine, que je viens seulement de sortir d'un rêve exténuant.

    Je me lève et vais faire un tour à la cambuse, euh... je veux dire à la cuisine et reviens avec des pistaches sèches et salées, un verre de lait désaltérant et des cure-dents, des vrais, de marque 'Samurai' fabriqués au Japon, rien de tel pour se gratter les dents efficacement.

    Je vais pour me remettre au lit et m'aperçois que les draps sont méchamment emmêlés, que la couverture est tombée à terre. Naturellement je ne pouvais qu'être en porte-à-faux avec le sommeil. Quelle galère que de refaire le lit correctement! Confucius insiste sur les vertus du lit au carré alors nous n'ergoterons point.

    Après avoir bataillé une fois de plus avec les éléments, le lit est enfin prêt et je peux m'y recoucher.

    C'est ainsi que je me suis trouvé à 3h37 du matin les yeux grands ouverts, attendant que le sommeil me reprenne. A ce moment précis, j'ai entendu une voix d'oiseau. Une créature minuscule s'égosillait sur le rebord de la fenêtre. Alors j'ai eu pitié: un si beau chant ne devait pas tomber dans l'oreille d'un sourd.

    Il ne faut jamais être ingrât. Il se peut qu'un jour tu sois dans une chambre d'hôpital, n'ayant plus rien d'autre à attendre que la venue de la mort et que, par quelque compatibilité d'humeur, ou en échange de quelques miettes de croissant, un oisillon, un uccellino comme celui-ci, aux pattes stylisées, vienne chanter, juste pour toi, les derniers mystères de la vie.

    Ce matin, l'oiseau insistant célébrait au contraire le banal retour rituel de la lumière, la lumière matinale du premier jour sans pluie depuis près d'une semaine, lumière pressentie avant même qu'elle ne soit car les ténèbres ne s'étaient pas encore dissipées.

    Tu te souviens des jeteurs de pierres, des amoureux de l'obscurantisme qui ont commencé enfants leur sinistre besogne, avec un lance-pierres, et qui, en tuant un oiseau avant d'assassiner d'autres êtres sans défense, au nom d'un Dieu en qui ils croient comme une guigne, ont peut-être commis le seul crime qui ne leur sera jamais pardonné. Celui qui fait mourir le passeur, peut-il espérer atteindre l'autre rive?


<< Retour aux poèmes

 

commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
VS591 le mardi 27 décembre 2005, à 09:59
des mots des emotions un ressenti bravo ! vincent www.mespoemes.net/vs591/

paulette le lundi 17 avril 2006, à 23:24
Beaucoup d'émotions, de sentiments; amitiés paulette

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet