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Éphémérité, je reconnais désormais en toi que tout ce dont nous nous berçons ne sera jamais nôtre.
Alors, je me suis remis à confectionner des gâteaux aux épices.
Quelles belles et délicieuses instructions que « laissez reposer la pâte » ou « ajoutez une pincée de sel marin » : avec elles pour guides de parcimonie et d’imminence tranquilles, je donne à poindre un monde qui se jouera de mes attentes.
Le résultat de ma production expansive est bronzé, parfois même charbonneux, comme des épidermes de migrants venus de pays chauds : le bonheur tient à l’imprévisible essence des choses et des êtres qui se manifestent en nous traversant, sans que nous prenions le temps de les accueillir.
Le soleil darde enfin, en ce froid matin d'hiver éternel. Pause. Je suis seul dans la cuisine, seul avec ma jumelle, silhouette maintenant assombrie de lumière, ombre légitime et conseillère, moraliste jusque dans son effacement prochain.
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