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Je marche, habité par le vide,
Sur une route infiniment droite,
Je ne dors plus, je suis absence
Des nuits, des jours passant,
Sombres, mes rêves vont
En de secrets chemins.
Je marche, habité par le vide,
Sur une route infiniment droite,
Je suis mort, et pourtant je marche
Dans les allées d’ombres perdues
Vers ta main si blanche,
Qui m’est tendue,
Vers l’insupportable,
L’inaccessible.
Je marche, habité par le vide,
Sur une route infiniment droite,
Tout soudain renait, moribond,
Et le ciel me semble creux,
Le jour saigne de terribles aveux
Et sa lumière m’aveugle.
Je marche, habité par le vide,
Sur une route infiniment droite,
Née de nos cendres.
Viendront des pluies
Avec leur chant triste
Sur les vieux carreaux
Que mon regard transperce,
Comme des larmes,
Comme des larmes revenues.
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