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OBSCURITATE RERUM (Dans l'obscurité des choses)

le mardi 02 avril 2013, à 06:25. Posté par Philip de Berg


    Dans l’obscurité des choses les mots sont souvent masqués…..

    Qu’une aube frissonnante à mes yeux se renie,
    Et les riants désirs se meurent en rêvant,
    Comme ce jour blême qui se lève, impuni,
    Pour flamber en hurlant, féroce et survivant.

    Et tu rachèteras, ô mon âme insolente,
    Tous les fruits de la Terre et des nues empourprées,
    Qu’au colosse tranquille à la main déférente
    Tu raviras, sournois, de ton chant déchiré.

    Dérobe ma prunelle et tu liras enfin
    Quand le soleil pâli vient mourir en pleurant,
    Toute l’ardente moire et mon cœur abyssin
    Qui dans son inclémence espère en soupirant.

    Aux pourpres délicats qui décorent ces temples,
    Aux inconstants fracas qui dévorent le Temps,
    Je livre à ce quadrige un effroyable exemple
    Pour ces bastions furtifs qui rongent nos tourments.

    Alors, comme un soldat qui entend la grenaille
    Ou un éclair lointain et fuit, épouvanté
    J’irai tel un rhéteur absoudre la canaille,
    Et fulminer, tremblant, mes songes agités.

    Mon œil ardent se couche en archangeux trépas,
    Ma main lâche le sceptre et bénit mon linceul,
    Qu’en ce doux crépuscule au dernier de mes pas
    J’irai en homme envieux, m’endormir las et seul.

    Ô, hâblerie vorace, en frémissante épouse
    A l’appétit tenace et sensible à la fois
    Dans une alcôve exquise aux moires andalouses
    Tu iras respirer les parfums d’autrefois.

    Dans tes chemins confus aux rimes immortelles
    Tu iras trop frivole à faire sombrer la nuit
    Au relent monotone où git calme et cruelle
    La nonchalance extrême aux portes de l’ennui.

    Dans ton extase brève aux confins des deltas,
    Quand frissonne en dormant, timide et confidente
    L’antique nudité des pauvres galetas,
    Tu dormiras en paix dans ta foi innocente.

    Alors tu renaîtras aux fulgurances vives
    Que les printemps ternis avaient emprisonnées,
    Sous les cieux vieillissants que mon âme ravive
    En de fiévreux soupirs aux rythmes enchantés.

    Obscuritate rerum verba saepe obscurantur.
    Dans l’obscurité des choses les mots sont souvent masqués

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commentaires ( 19 ) (Ajouter un commentaire)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 02 avril 2013, à 06:26
L’illustration choisie s’appelle « Salons Rouges ». C’est un hommage à un texte en prose posté par Loïc (sur Cellox).
« Les salons rouges sont si vastes que le regard s’y perd » écrit Loïc. C’est peut être le lieu inconscient où se cachent l’obscurité des choses.
« Dans les salons rouges, le temps mélange les genres » nous dit notre ami. C’est peut être le lieu onirique où ma plume s’est égarée.
J’ai écrit ce poème, enrobé par la nuit, après avoir lu quelques vers des Châtiments de Victor Hugo, juste avant le sommeil et dans l’attente de mon aube frissonnante.
« Ô mirliton vaniteux qui veut rendre au centuple ce que le Génie a écrit » me dis-je. Mais l’essentiel est d’écrire, avec les tripes, avec le cœur.
Ce que dit ce poème ? Je laisse à chacun son interprétation, inconsciente, psychanalytique ou ressentie. Mais quoi qu’il en soit….. dans l’obscurité des choses les mots sont souvent masqués.
Oh, un détail : l’adjectif « archangeux » n’existe pas ! J’en ai fait une licence poétique, comme on dit. Non pas par paresse, mais pour donner une tonalité particulière au vers. Que les puristes me pardonnent.

Bonne lecture et amitiés à tous et à toutes. Philip.


http://www.mespoemes.net/philipchevalier

didou le mardi 02 avril 2013, à 08:05
--bonjour philipp, l'avenir appartient aux êtres humains quand l'aurore apparait, l'obscurité nous cache nombreux attraits mais aussi beaucoup plus que l'image qu'elle nous donne, des choses des faits incompris , des murmures, des mots bleus et roses , des paroles inassouvis, belle poèsie cher ami
Au plaisir de te lire
amitié didou --
http://www.mespoemes.net/didou

larose le mardi 02 avril 2013, à 11:37
Bonjour Philip!!!
Tu ne peux pas te perdre dans un si beau salon, surtout rouge, couleur de l'amour parmis les roses qui parfument ta plume au milieu de velours et de sculptures de rêve!!! Merci pour ce beau partage!! Bonne journée!!! Biz

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 02 avril 2013, à 13:25
Pour DIDOU :
L'aurore est le crépuscule de la nuit. C'est l'heure fragile où les rêves reprennent leur place, se fondent dans le néant.
Pour LAROSE :
Ah, les salons rouges (de Loïc) : un lieu hors du temps, hors de l'espace où « Nous sommes transportés dans une autre dimension, une dimension faite de sons, mais aussi d'esprit. Un voyage au bout des ténébres où il n'y a qu'une destination : la Quatrième Dimension ».
Amitiés. Philip.

nathalie le mardi 02 avril 2013, à 13:46
Coucou, je passe... juste pour dire que la pénombre prend fin quand la douceur d'une main nous propose d'aller plus loin, vers la lumière. Qu'importe la couleur, le lieu... ce qui est unique, c'est d'être accompagné pour apprécier, dans la lune ce que le noir peut nous faire voir.... des bises à tous :)

bluegirl le mardi 02 avril 2013, à 14:17

C'est vraiment un écrit stylé et c'est très classe cette touche de latin.
J'ai surtout aimé le troisième quatrain pour la profondeur bien transcrite du soupir, et le huitième quatrain pour le sens "indiscociable" du trio confusion/nonchalence/ennui de ma lecture.
Bises.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 02 avril 2013, à 16:17
Pour LOLA :
Coucou, Lola. Merci d'avoir apprécié. Car voilà, ENFIN, un nouvel écrit pas trop nul et même "stylé" comme tu le dis.....bien que le thème soit assez confus, je n'en connais pas moi-même les détours, et ne fait pas l'effort de voir ce qu'il y aurait de psychanalytique dedans. C'est la raison pour laquelle je n'ai pas compris ta remarque sur mon 8ème quatrain. Quand tu dis "ennui de MA lecture" de quelle lecture parles-tu. De l'ennui de lire mes vers ? De l'ennui que j'aurai à lire tes vers ? Que nenni. Rien de tout ça. J'ai pris beaucoup de retard dans les lectures et coms (pas la 3 jours et un vendredi chargé). A bientôt. Merci d'avoir aimé. J'irai te commenter sas doute demain, Soiny arrive tout à l'heure et reste dans la soirée. Bisous, Lola. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 02 avril 2013, à 16:20
Pour NATHALIE :
Merci d'avoir apprécié ce clair-obscur entre ombre et lumière. Tu parles de "la douceur d'une main....". S'agirait-il une fois de plus d'une main tendue ? Tu sais, je n'ai qu'une vague idée de ce que j'ai écrit (c'est donc nul !!!!)....mais je crois que je l'ai bien écrit (c'est donc génial !!!!!!). Bisous, Nathalie. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

domidom le mardi 02 avril 2013, à 21:18
C'est vraiment de la belle poésie, une sorte de labyrinthe obscur, ce jour qui se lève et se moque de nos rêves, nos rêves, ils restent quelques instants et sans vont expirer pour ne plus revenir.....
Comment ne pas aimer le troisième et quatrième quatrains, pourquoi ces deux là d'ailleurs, tout est écrit avec une grande délicatesse, la main du poète surgit dans chaque vers.... Comme une légende, je l'ai lu et re -relu avec un infini plaisir....
Du très beau travail....
Bisous, Domie...

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 03 avril 2013, à 16:46
Pour DOMIE :
Merci d'avoir aimé, chère marraine. Oui, les 3ème et 4ème quatrain ont de l'expression. Le poème est en effet une sorte de labyrinthe, pas forcément obscur. Peut-être mystérieux, car c'est de l'écrituree "presque" automatique. J'ai voulu y mettre, toujours cette fameuse "musique des mots" où le sens n'a pas vraiment d'importance...quoi que .....
Gros bisous, Domie. Philip
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

bluegirl le jeudi 04 avril 2013, à 12:54

Ah, mais alors je me suis mal exprimée...
"Ma lecture" signifie simplement "mon ressenti" face à ces trois mots (confusion-nonchalence-ennui). Cela m'a percuté dans le sens que c'est ce que je vis par moment.
D'ailleurs j'ai repris les mots confusion et ennui dans mon dernier poème, et sans que ce soit un message que je t'adresse, on peut le considérer comme une reformulation...avec la classe en moins!
Merci pour ton message de lundi soir et tes coms.
Bisous.

worrell02 le jeudi 04 avril 2013, à 14:09
Les mots peuvent aussi, hélas,masquer les choses obscures.
Amitiés
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le vendredi 05 avril 2013, à 13:18
Pour IVY :
Bien sûr que tu as raison, Ivy, derrière les mots il y a TOUT. Pas forcément des choses "obscures", mais tout ce que le conscient n'a pas la force où le courage d'exprimer au grand jour. L'inconscient prend alors le relais et avec son pinceau, mais quelques touches subliminales sur nos mots. Bisous. Phil.
Pour LOLA :
Ah, je comprends mieux, chère Lola. Je vais m'immerger dans ton dernier poèmes pour comprendre tes ressentis et revisiter les miens sur le thème confusion-ennui.
Un bémol qui ne me plait pas dans ce que tu m'as écrit : tu me dis "....la classe en moins !" Grrrrrr ! Crois-tu que j'ai vraiment de la classe. En plus de ça, j'ai été formé pour bien écrire. Alors toi, petite Lola formée à l'école de la vie, crois-tu que ce n'est pas toi qui a de la classe. Je suis passé sur ton site, et j'ai vu le nombre incalculable de poèmes que tu as écrit depuis le début. Et surtout, je vois la progression de ton écriture. Tu es quelqu'un qui compte, aujourd'hui, sur le site, qui ne laisse personne indifférent. Désolé, par pudeur à ton égard, je voulais te faire ce compliment en privé, puis tant pis, je te le livre en public. Ecris, écris, écris encore.....Bisous, Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

Bluegirl le samedi 06 avril 2013, à 21:12

J'écris beaucoup, en effet. Et je revisite aussi pas mal de thèmes qui me donnent à reflechir ou à m'évader.
J'y perçois une certaine évolution, alors il est possible que je progresse.
Merci.
A propos, au lieu de t'embéter avec mon ennui, je te suggère de lire mon dernier post..."le lien du coeur et de la raison", qui est un "concept"version poétisée de notre frère Tariq.
Et j'ai aussi répondu à ton com.
Bisous.

rose le dimanche 14 avril 2013, à 09:33
----Bonjour cher Philip et merci pour cette belle poesie J'ai passé un bon moment de lecture que j'ai aimer!
au plaisir de te lire...
Bise et a bientot Sylvie
http://www.mespoemes.net/rose

Dedeye le lundi 15 avril 2013, à 09:06
J'ai lu ce magnifique poème écrit de main de maître par un grand poète que tu es mon cher Philip.
Toutes amitiés
André

shine le dimanche 21 avril 2013, à 17:56
bel écris comme toujours....
amicalement shine

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 23 avril 2013, à 07:24
Pour ROSE :
Merci d'avoir aimé mon poème, où j'ai, avec mes moyens, essayé de capter l'esprit de Victor Hugo.
pour DEDEYE :
Merci aussi d'avoir aimé mes mots mon ami. Ils donnent un élan à mon âme.
pour SHINE :
Tak, min väg ! Il y a dans chacun de mes mots, quel que soit le poème, de la lumière et de la chaleur que je veux donner à chacun de vous.
Amitiés sincères. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

avenance le mercredi 24 avril 2013, à 00:06
Un lyrisme violent, déchiré, à fleur de peau où le moi tour à tour s'auto-flagelle et lance des imprécations aux accents hugoliens, tour à tour cherche le salut et veut la damnation, tour à tour s'approche dangereusement des abîmes de la mort, de la dislocation et de la perte dans l'abjection d'obscurs désirs puis rebondit en vives fulgurances vers la hauteur, vers l'énergie vitale, vers l'illumination d'une affirmation de Soi, d'une reviviscence conquérante ou d'une sérénité enfin retrouvée....J'aime ces brusques renversements, ces contrastes chavirés de ton poème, images de la complexité, de la tempête, de la houle d'une âme fragmentée, basculée que des instances contradictoires tourmentent et bousculent aux limites du compréhensible, aux limites de la belle ordonnance d'une langue, aux limites de la représentation. Nous sommes dans une descente aux Enfers de l'Inconscient, aux zones labyrinthiques et souterraines de la psyché et des pulsions! Oui, j'aime ce poème pulsionnel, noueux, nodal où se mêlent inextricablement l'épouvante, la fureur, les blessures narcissiques, le désir d'absorption dans la Figure de l'Amante ou de la Mère, la prison et l'alcôve, le sordide et le radieux, le linceul et le vivace. Poème du désastre et de la rédemption, du heurt et du rythme salvateur, du cachot et de l'océanique.....Un poème-cri qui peu à peu se fait chant, un poème du ça, du tohu-bohu, du caverneux que la langue peu à peu éclaire et ordonnance, une toile de Jackson Pollock qui tendrait vers Miro, une page fulminatoire de Céline ou du Hugo des "Châtiments" qui deviendrait apaisement, réconciliation après la traversée du Mal.....En fait, chaque strophe ou même chaque vers mériterait exégèse et lecture plurielle tant le sens y explose ou y repose tout à la fois dissimulé et éclatant. L'obscurité des Choses et des Mots a probablement pour essence une Lumière noire qu'il convient de soutenir énigmatiquement et fidèlement....C'est ce que ton poème signifie en toute profondeur.
Amitiés. Jacques Courriol.
PS. Pardon pour ces quelques semaines de silence dues à une absence quelque peu imprévue.





















































































peu imprévue

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