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J’ai pris le temps de songer, au jardin,
De prendre pour amie sûre la Lune
Et de compter le cortège sans fin
Des étoiles, campé sur ses dunes.
J’ai pris le temps d’habiter les buissons,
D’entrevoir, à travers leurs frais hublots
La poudre bleue de furtifs papillons,
Dans l’été doré berçant les rameaux.
J’ai pris le temps de poursuivre l’oiseau
Tout là-haut, dans son trajet instinctif,
Sur un vol rectiligne, sans repos,
Par-dessus plaines, forêts et récifs.
J’ai pris le temps d’être goutte de pluie,
Tombée de l’anthracite d’un nuage,
De glisser sur le pétale alangui
D’une ancolie, troublant son cœur sauvage…
Ah douce fleur que je n’ai plus quittée !
Depuis sa corolle, en sa fraîcheur,
J’appris le temps de savoir et d’aimer,
Brin après brin, moissonnant le bonheur.
http://youtu.be/-ZJDNSp1QJA
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