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LE ROUGEOYANT CRÉPUSCULE
Là-bas, l’homme pensif, adossé à l’érable ;
Son regard questionnant l’horizon insondable.
Sur le tapis de neige, le pas de ses empreintes
Se remplissait de froid. D’un léger mouvement,
Il remonta son col mélancoliquement
Dès qu’il sentit le vent lui souffler une plainte.
Devant lui, le couchant changeait son apparence
En colorant sa robe avec magnificence.
Sur un fond flamboyant se mêlait la blancheur
Des nuages lointains entrecroisés de bleu,
De pourpre et de turquoise. Sur la voûte des cieux,
Lentement s’étendait le soir dans sa splendeur.
Rien ne venait troubler cet heureux mariage
Sinon le doux solo, le rougeoyant plumage
Du noble cardinal égayant le décor
De l’aboutissement de ce jour ordinaire.
Me voilà donc témoin, en ce lieu solitaire,
D’un fado se mêlant aux soyeux rayons d’or.
Tout à coup, dans l’azur, se présenta la lune,
Une dame discrète aussi nommée la brune.
Elle avait fait le choix, dans l’éther blêmissant,
Tandis que le soleil s’en allait reposer
Dessus l’immensité impossible à briser,
De paraître, vêtue de son plus beau croissant.
Un court moment de paix au milieu des étoiles
Et la tranquillité couvrait l’eau de ses voiles.
Dans les tons d’orangé, dans ses habits ambrés,
Le soir, sur l’horizon, semblait faire naufrage.
À tout petits pas lents, dans la nuitée sauvage,
Il offrait au regard ses reflets mordorés.
J’ai remonté mon col en lui tournant le dos
Sachant qu’au blanc matin, j’y viendrais à nouveau.
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