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LE PRÉFET QUI TUAIT LES ÉLÉPHANTES
La France allait ainsi,
Sous son manteau roussi…
Le pays franchissait une nouvelle année,
Affichant, bellement, sa neuve destinée…
Jetant, vers l’inconnu,
Tel décret saugrenu…
Ainsi, les préfectures
Vivaient folle aventure,
Écrasées sous la norme imposée au préfet,
Songeant à tout brûler dans des autodafés,
Rêvant à un solstice
Au goût moins subreptice...
Ainsi, allait la France,
Marquant sa différence
Par des textes confus, en flots discontinus,
Dont l’unique objectif serait de mettre à nu
Toute la gent française,
Plongée en noire ascèse…
Dans cette confusion,
Provoquant l’évasion,
On a craint qu’un préfet, en marche triomphante,
Tue, dans un même coup, deux vieilles éléphantes…
La France, au goût altier
Méconnaît la pitié !
Je n’ai plus d’attirance
Pour mon pays : La France,
Pays où j’ai perdu toutes mes illusions…
Un pays étranger viendra, en conclusion,
Protéger les instances
De ma neuve existence…
La France allait ainsi,
Sous son manteau roussi…
Avec ses sycophantes
Tuant les éléphantes...
© Gérard ANGELIS – Onirisme quantique – Janvier 2013 – Poème de la série « Essais philosophiques »
* autodafé : Action de brûler les écrits hérétiques
* Gent : Espèce, catégorie
* Ascèse : État de privation
* Sycophante : Fourbe, adepte de la délation
*** Avertissement :
Ce poème n'est pas destiné à tenir l'image de la fonction publique ou du corps préfectoral : Il relate uniquement le déroulement de faits et déplore l'inflation des textes législatifs dans notre pays, en comparaison avec les pays voisins
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