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L'enfant, la mouche et l'araignée (Conte cruel)

le mercredi 21 novembre 2012, à 17:36. Posté par Philip de Berg


    Perceval Hartfield était un gamin insupportable et cruel.
    Il se plaisait à torturer les insectes et une semaine auparavant sa mère l’avait encore surpris à planter une épingle dans le corps d’une sauterelle vivante.

    Les Hartfield vivaient paisiblement dans une vaste maison de bois coloré à l’entrée de Waukhesha, une grande bourgade à quelques miles de Milwaukee, bâtie sur des terres où vivait une colonie d’indiens Potawatomi, entourée de légendes animistes. En dialecte algonquin,
    « wau-khee-sha » signifiait « little foxes », petits renards.
    Il ne restait dans les environs que très peu de descendants des tribus Chippewas ou Potawatomi.

    Le jeune Harfield semblait avoir une aversion pour tous les animaux, même les plus petites créatures. Il avait en fait une aversion pour toutes créatures vivantes, y compris ses semblables.

    En ces premiers jours de décembre, la mère de Perceval avait trainé son fils chez Macy’s, à l’occasion des « Thanksgiving sales ». Le rayon des jouets était déjà installé et sur un trône de plastique aux couleurs criardes, entouré de guirlandes, un Santa Claus bedonnant attendait les enfants.

    Perceval ne rata pas une occasion d’être désagréable. A la question du vieillard en habit rouge tout aussi sénile que débonnaire, lui demandant ce qu’il souhaitait pour Noël, Perceval répondit sur un ton méprisant : « Changer de prénom ! », pour s’exclamer, la seconde suivante, à voix suffisamment haute pour que chacun alentour puisse l’entendre : « Dis, maman, on dirait que le Père Noël, il a bu ! ».
    Ce qui n’était pas tout à fait inexact. Après avoir reçu une gifle bien mérité de la main de sa mère, le gamin ne desserra pas les dents du reste de l’après-midi. En revenant à Waukhesha, alors que sa mère faisait quelques courses alimentaires au Good Harvest Market, Perceval resté aux alentours, croisa le vieux John Ehyehbig, un de ces rares amérindiens natifs de la région. On disait que le vieux John avait l’esprit un peu fêlé, d’autres disaient qu’il maîtrisait les secrets des chamanes. Ehyehbig signifiait en dialecte Chippewas, « araignée ». Et il est vrai que sous son visage ridé et parcheminé s’agitaient en permanence des yeux noirs et profonds qu’il valait mieux ne pas fixer.
    « Hé, hé, hé » ricana le vieil Ehyehbig, « Pilawezitseh. Miijin ! ». « Enfant. Manger ! ». Pour arrogant qu’il fut, Perceval fut si effrayé par le vieil algonquin qu’il partit en courant dans le supermarché rejoindre sa mère.

    Quelques jours passèrent.
    Il y a beaucoup plus de ressemblance qu’on peut le penser entre les araignées et les êtres humains.
    Quant aux mouches elles développent des enzymes leur permettant une parfaite assimilation de la nourriture.

    Tandis que des Carols sirupeux(*) se déversaient dans la radio du salon, Perceval s’enferma comme chaque soir dans sa chambre où ses parents mettaient rarement les pieds.

    L’enfant avait attrapé une araignée et une mouche qu’il enferma dans deux boites. Après quelques jours, il mit les deux adversaires dans un même bocal en verre et attendit ensuite. Rien ne se passa le premier jour : l’araignée ne mangea pas la mouche. L’enfant décida de les séparer et de les laisser grandir. Et vraiment la mouche et l’araignée grossirent de jour en jour.
    Mais rien n’arriva. Des jours passèrent. L’enfant se vit obligé de mettre les deux personnages dans un aquarium. Il passa toute la soirée à l’attendre, ce drame qui ne tarderait pas à arriver. Le petit souriait et se demandait toutefois ce qu’ils pouvaient bien regarder au-delà de l’aquarium, et même ce qu’ils attendaient. Pourquoi l’araignée n’avait pas encore avalé la mouche ? Fatigué, le gamin s’endormit. Alors, l’araignée joignit ses forces à celles de la mouche, elles cassèrent le couvercle de leur prison et, en six minutes, dévorèrent l’enfant.
    (*) Chants populaires de Noël, anglo-saxons.

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commentaires ( 19 ) (Ajouter un commentaire)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 21 novembre 2012, à 17:55
Un conte cruel, il n'y a pas d'autres mots. Mais qui se veut cependant moraliste. Il suffit d'y trouver les symboles adéquats. L'idée de ce conte est double. La séquence du Grand Magasin, avec le Père Noël, provient de réminiscences d'un vieil épisode de Twilight Zone, "The night of the meek". La fin provient de notes manuscrites que j'ai retrouvées qui semblaient résumer une nouvelle fantastique lue lorsque j'étais jeune. Je ne suis donc pas à proprement parler l'auteur des dernières lignes, j'ignore même quel était l'auteur et si le texte retrouvé est vraiment un résumé de ma part. Et sur tout cela, j'ai bâti une histoire qui met en scène peut être d'obscures légendes indiennes. Mais les (amér)indiens sont loin d'être comme cela. Le nom des tribus, le vocabulaire du dialecte, les lieux sont rigoureusement authentiques comme d'habitude. Je vous souhaite une bonne lecture. Tout ça, c'est pour rire, bien sûr. Amitiés. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

larose le jeudi 22 novembre 2012, à 09:15
Bonjour Philip!!
C'est envoûtant et trenant tes écrits, tu nous entraînes dans des chemins d'angoissant, des endroits obscurs, j'aime ses histoires de fantômes et des revenants!!! Merci pour ce partage cher poète!!! Bonne journée!! Biz

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le jeudi 22 novembre 2012, à 11:15
Pour ROSE :
Tu sais que j'ai toujours aimé écrire des histoires qui font peur, pleine de mystère et de fantastique. Mais, je le répète, c'est "pour de rire", juste un petit tour dans le Train Fantôme, très cheap ! Amitiés et bisous, Rose. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

domidom le jeudi 22 novembre 2012, à 16:09
Un conte cruel que l'on aurait pu intitulé,(Philip a les dents longues)......
Un conte qui fait froid dans le dos...
J'espère que tu ne dévores pas tout ceux qui ne satisfont pas tes désirs, mon cher ami, une histoire bien fantaisiste...
Bisous...Domie...

kariane le jeudi 22 novembre 2012, à 18:18
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* Et après s'être libérées du bocal, l'araignée mangera t-elle la mouche ?*
Que les enfants, aussi jeunes soient-ils, sont cruels ! Nous, les humains, nous le sommes naturellement, dès la naissance... Qui n'a jamais écrasé les fourmis pour le plaisir étant jeune ? Ou ne s'est régalé à voir des insectes se battre ?
Le dicton dit de se rapprocher de ses ennemis plutôt que de chercher à les agresser... Et l'autre dit que l'union fait la force. Les deux rassemblés, c'est un fabuleux cocktail de.. cruauté. Un bel exemple de traîtrise.

Mais bref, tu ne nous dit pas que c'est cela qu'il se passe après, alors je m'en tiens à ce que je lis : J'ai beaucoup aimé ! Sérieusement, ce texte est entrainant et réfléchi.
C'est fou de voir quand même que une des choses qui divertissent énormément l'homme c'est de voir les autres espèces ( en majorité les insectes) s'entre tuer. ça nous rappelle notre société... Car oui, comme tu le dis, il n'y a pas énormément de différences entre nous et les araignées, ainsi que toutes les sociétés d'insectes... Nous sommes tout aussi cruels entre nous que les espèces avec les étrangers. Encore, les araignées se battent rarement entre elles je pense... Mais elles détruisent les autres, alors que nous, nous nous battons entre êtres de la même espèce !

Nous sommes compliqués.
Merci pour ce texte !
Kariane

http://www.mespoemes.net/kariane

nemo le jeudi 22 novembre 2012, à 19:31
Bonsoir Philip,
"Ma" mouche aurait-elle fait des émules ?
Merci pour ce voyage initiatique dans les tribus (amér)indiennes.
La fin de ton conte, dont tu as retrouvé une copie dans tes papiers, c'est le "Les ennemis", extrait de "Contes glacés" de Jacques Stenberg, né à Antwerpen en 1923, installé à Paris (tiens, quelle coïncidence !) où il est mort en 2006...
Amicalement Philip,
P.
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worrell02 le jeudi 22 novembre 2012, à 20:57
Des vers (de soie sauvage) tissés à la Berg, qui font mouche !
That's as witty as I could get ! Rire !
Amitiés
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le vendredi 23 novembre 2012, à 09:19
Pour IVY :
Yes, sometimes, I'm witty. Jamais cruel. En fait, à bien y regarder, mon conte est une allégorie.
Pour NEMO :
Eh bien, quel heureux hasard de m'avoir fait retrouver l'auteur à l'origine de mes dernières lignes. En plus de ça l'auteur est flamand.....et s'est installé à Paris ! Oui, ça me reviens, j'avais lu dans la revue "Fiction", quand j'étais gamin; de courtes nouvelles de lui dans des extraits de ses recueils "la géométrie dans l'impossible" et "la géométrie dans l'impensable". Je ne sais si ses bouquins sont toujours réédités. En tout cas merci. Que d'érudits avons-nous sur le site. De quoi y puiser une mine d'information.
Comme tu l'as compris, l'essentiel de mon message sur mon conte, était surtout d'évoquer ce qui tourne autour des mystères qui entourent la culture (amér)indienne. Le début et la fin n'étaient que des raccords. Amitiés. Tot ziens. Philip.
Pour DOMIE :
Non chère Domie, je ne dévore pas les autres. C'est plutôt moi qui me laisse dévorer par les autres. Lol ! Bisous.
Pour KARIANE :
Merci de ton long et pertinent commentaire. Oui, mon conte est allégorique, bien sûr. Toutes les réminiscences qui m'ont conduit à agréger les trois parties de mon écrit proviennent inconsciemment de ce moment où, récemment, dans une galerie parisienne, près des Grands Boulevards, je regardais la vitrine d'un magasin de peluches. Et, il y avait parmi les animaux familiers représentés, de nouvelles peluches représentant des "bestioles" en général peut ragoûtantes : crocodiles, araignées... Et l'approche de Noël aidant, j'ai fait le lien avec le Père Noël (ivre, pour casser l'image), le souvenir de cette histoire affreuse à peu près reconstituée, et ma passion pour les Etats-Unis et les (amér)indiens.
Amitiés et bisous à tous et à toutes. Philip.
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nemo le vendredi 23 novembre 2012, à 12:45
Mon cher Philip,
J'ai oublié de tirer la morale de ta fable :
Les gosses ont bien raison d'être cruels car, si Perceval avait épinglé la mouche et écrasé l'araignée d'un coup de talon, il serait encore de ce monde...
Quant au Père Noël, c'est normal qu'il boive un coup de temps en temps. Je voudrais t'y voir parcourant le ciel dans un traineau décapotable en plein hiver. Sauf dans l'hémisphère sud évidemment où il a adopté la chemise à fleurs et les bermudas... (on le confond parfois avec Antoine, mais lui a la barbe blanche).

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http://www.mespoemes.net/nemo

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le samedi 24 novembre 2012, à 17:10
Pour NEMO :
Oui, allons-y pour cette morale. Et pour le Père Noël, sans compter la légende du traineau dans le ciel, je pensais tout simplement à ces pauvres bougres qui font le Père Noël, à l'extérieur des Grands Magasins, en plein hiver (l'année dernière, il y a eu à Paris des températures inférieures à 0° à la mi-décembre), moins chanceux que leurs "collègues" A L'INTERIEUR du magasin, assis bien au chaud toute la journée. Eh bien eux doivent aller de temps en temps au bistrot pour se réchauffé (évidemment un café ou un chocolat chaud ne fait pas le même effet que plusieurs verres de oude geniever !!!!). Amitiés. Philip.
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shine le mercredi 28 novembre 2012, à 08:09
En lisant le conte,j'avais cette envie de connaitre la fin de la fable,
c'est une histoire captivante qui nous enseigne les vrais valeurs de la vie.
"un chasseur chassé" et l'union fait la force;tel est la moral du conte cruel.....
pour ce qui est des chamans....ils sont considérés comme maîtres du feu, ce qui est à l’occasion démontré par leur immunité aux brûlures. L’origine de la pratique consistant à marcher sur des tisons ardents est, en effet, la manifestation chamanique de la maîtrise qu’ils possèdent sur les propriétés physiques du feu.
Quand le chaman a rituellement recours au feu qui engendre fumée et chaleur, il est transporté à travers ciel jusqu’au monde de l’esprit. C’est là la signification profonde de l’usage du calumet indien. Quand il est allumé et passe de bouche en bouche, tous les participants à la cérémonie sont unis dans le monde spirituel.
j'aime beaucoup les contes philip,c tout un autre monde qui s'ouvre a nous.
merci infiniment.


Loïc le vendredi 30 novembre 2012, à 09:44
Morale ? Probablement que l'enfant n'a pas respecté la nature, qui s'est alliée... contre nature... pour le lui faire regretter.

Après, on en a parlé : les symboles freudiens sont évidents ici, et même si l'histoire n'est pas entièrement de toi, le choix de la reprendre compte. L'envie et la fascination ne mentent jamais !

Une chose est floue dans ton histoire : comment la mouche et l'araignée sont-elles "séparées" ? Au début elles sont dans le même bocal... et après ? Just curious.

Au fait, il te manque le sujet "elles" avant "cassèrent", à la fin.

Amitiés Philip !

http://www.mespoemes.net/cellox

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le vendredi 30 novembre 2012, à 18:20
Mouais, je ne nie pas la symbolique sous-jacente dans cette histoire qui en faIt est un patchwork de plusieurs trucs que j'ai rassemblés. Mais c'est vrai, dans l'écriture, RIEN n'est anodin. Mais je suis un peu lassé en ce moment de mes propres analyses, d'autant que j'ai lamentablement "foiré" pas mal de choses ces derniers temps, et pas des moindres.
Pourquoi la mouche et l'araignée ont été séparées ? Je ne peux te le dire, puisque la dernière partie du récit provient de vieilles notes retrouvées qui résument une nouvelle. J'avais dû zapper des trucs à l'époque en faisant le résumé. Amitiés. Loïc. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

oliverjane1950 le samedi 01 décembre 2012, à 23:14
Après avoir lu ta prose et le com de Loïc j’ai vu la réponse que tu lui fais qui m’a bien fait rire ! ((llooll)) et j’ai pensé à mon récent poème « Ainsi l’automne » où le poète brode par paresse parce qu’il croit le profane sans flair et ne voit que l’écume !!!!
Alors ! serions ces profanes cher Philipp…((llooll))
Bonne soirée où plutôt bonne nuit !!
Amitiés
Oliver

Ainsi l’automne

Ainsi, tu nous reviens avec la fraîche brume,
Ouater la saison sur les tendres minois,
Qu'illustre Lamartine en son « Salut » courtois,
« Solitaire et rêveur » inspireront ma plume.

Oui, je sais… le sujet ! encore est de coutume,
Aussi, vais-je broder, comme le font parfois
Poètes inconnus… tels de petits bourgeois ;
Le profane est sans flair et ne voit que l’écume.

Donc, sur l’épais humus des layons en forêt,
Je glane quelques mots, sans briser l'intérêt
D’un sonnet empourpré de feuilles en rupture…

Qui encense mon âme au songe glorieux,
Pour un front déclinant, ce chant mystérieux :
« Requiem automnal », que ma ride capture.

http://www.mespoemes.net/oliverjane1950

salus le jeudi 20 juin 2013, à 21:11
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J'adore ton humour !
Salutations,
Tofe
P.S le poème ci-dessus est superbe !

mick le dimanche 14 janvier 2018, à 14:21
En tant que fan d'histoires, contes et autres, j'ai pris grand plaisir à te lire, j'ai écrit une histoire inquiétante et vrai qui m'est arrivé dans ma jeunesse, je vais la chercher et la publié, si je la retrouve bien sur.
amitié. mick

Philip (Jardin de Lune) le lundi 15 janvier 2018, à 11:24
Bonjour Mick.
Merci d'être passé sur cet ancien texte, et d'avoir aimé.
C'est avec plaisir que je lirai ton inquiétante histoire, souvenir réel de jeunesse.
Amitié. Philip

scorpionne le mardi 26 juin 2018, à 11:49

Bonjour Philip,

De nature pourtant douce, j'adore les histoires sombres, voire cruelles, qui font peur, qui font froid dans le dos. J'ai donc apprécié ton conte. Et finalement, la morale est sauve (l'arroseur arrosé *sourire*).

Passe un agréable mardi, mon cher Philip.
Très amicalement,
Jocelyne

Philip (Jardin de Lune) le mardi 26 juin 2018, à 13:21
Coucou, Jocelyne.
Moi aussi, bien sûr, j'ai une naturel doux.
Mais j'ai toujours aimé les histoires qui font peur. Rien à voir avec nos tempéraments. C'est comme le train fantôme.
Oui, cette histoire était bien cruelle.
La morale ? Oui….mais cruelle aussi.
Tous les détails sur les lieux (Milwaukee) les magasins, les légendes amérindiennes, etc....sont rigoureusement exactes, j'y tiens. Je les puise dans mes vrais voyages sur ces lieux (et avec le souvenir des photos de je prends par centaines !!!!)
Bel après-midi à toi, chère Jocelyne.
Très amicalement. Philip

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