Thierry Demercastel ( poésie )

 

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Ils disent que je suis…

le mercredi 21 novembre 2012, à 16:34. Posté par AGRIPPA






Les murs blancs bâillonnent les futurs
Et vient naître en ma gorge un sanglot,
Quel est ton nom, d’où viens tu ?

Aujourd’hui ils m’ont dit : « c’est mardi »
Sûrement le même que la dernière fois,
Avec ces ombres et ces fenêtres lointaines.

Y aura t’il ce visiteur que je ne reconnais pas,
Ce visage anguleux d’où s’échappe
L’histoire qu’il voudrait mienne ?

Le regard est derrière une paire de lunettes,
Un regard sans faille qui me dérange,
Puis ces mains qui s’agitent sans cesse
Comme un vent agiterait un feuillage.

Est ce un même vent qui pousse ces beaux nuages
Dans ce pays où il fait si sombre, où le givre
Enveloppe ce qu’il me reste de conscience.

Demain est un futur qui m’est interdit
Car les jours sont les mêmes, hier s’est figé
Au front sanglant d’un horizon
Quand un soleil vint s’enterrer.

Je me souviens, la chaise était vide et j’ai pleuré,
Puis j’ai marché et tout s’est mis à hurler,
Un immense gouffre s’est ouvert à moi,
Un baiser d’où l’on ne revient jamais.

Je me souviens, la chaise était vide
Et le ciel n’était qu’un vaste tombeau.


**


01/11/12


Ce texte fait suite au texte « ce vide qui m’étreint » il parle des douleurs obsessionnelles qui mènent parfois à une forme de folie, pour ne pas dire la folie.


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commentaires ( 6 ) (Ajouter un commentaire)
rose le mercredi 21 novembre 2012, à 16:41
----triste ce texte mais joliment écrit, beau partage merci !
http://www.mespoemes.net/rose

oliverjane1950 le mercredi 21 novembre 2012, à 17:24
C'est le paradoxe ! un merveilleux poème qui parle de tristesse...
Amitiés
Oliver
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950

imparfaitlibre le mercredi 21 novembre 2012, à 20:31
L'absence est un mal qui nous ronge et tu as su nous faire vivre cette absence qui te ronge.
Sincère amitié Thierry et même si je manque de temps c'est toujours un réel plaisir de lire tes mots à fleur de peau.----
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre

Agrippa (Thierry Demercastel) le jeudi 22 novembre 2012, à 22:16
Merci à vous. Amitiés.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le vendredi 23 novembre 2012, à 08:48
Eh bien oui, cher Thierry, comme tu l'exprimes et comme Imparfait le souligne, "l'absence est un mal qui nous ronge". Le symbole de la chaise vide est souvent obsessionnel. Car affluent les souvenirs que gardent notre mémoire, et sur la chaise revient, d'abord floue, inconsistante, un silhouette, une forme, des bruits, un rire.....et la chaise est occupée de nouveau. Mais l'on tend la main...et le vide se réinstalle. Au passage, j'adore ces deux vers qui désignent la fin du jour (dans l'attente souvent angoissante du lendemain qui qui reviendra, toujours pareil) "Au front sanglant d’un horizon/Quand un soleil vint s’enterrer". Chaque crépuscule et sa lueur vaste comme une aurore nous annonce déjà le lendemain qui, on le pressent risque d'être égal au jour présent qui agonise. Amitiés, Thierry. Philip.

lesprosesdeslim le vendredi 23 novembre 2012, à 14:51
Cher Thierry,
c'est un poème parcouru du début jusqu'à la fin par une grande note de mélancolie. On reste profondément affligé par les souvenirs à l'évocation desquels maintes images désolantes parfois même très obscures viennent d'avantages obscurcir tes écrits. Cependant, ceci n'enlève en rien à la beauté de ton style et quelque part nous renvoie tous à des souvenirs parfois difficiles et qu'on a très souvent beaucoup de mal à exprimer. Amicalement. Slim.

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