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Même le soleil est de la terre des tombes
Il n’y a plus d’écureuil
Le ciel est vide d’oiseau
La rivière a perdu son lit et erre dans le champ des vaches
Le pêcheur a juste disparu derrière les orties fauchées
Saurais je retrouver le menhir qui nous avait marié ?
L’histoire s’est pendue au grand chêne
Le liseron hésite entre noyade et coup de fusil
Ses fleurs blanches ramassées en un chiffon de peurs se recroquevillent sous la pluie
Mais l’eau aussi, d’ordinaire bienfaitrice, n’est plus sûr de rien
Je voudrais marcher comme un oiseau migrateur
Je voudrais voler comme la truite
Disparaitre m’est devenu impossible
L'air et la rivière s’y refusent
Et la terre n’est plus que noirs d’encre ou et noirs d'âcres
Où les pieds se perdent à compter des pas.
Combien de temps cette poutre mettra-t-elle à tomber ?
Au pied du mur, l’ombre sombre réinvente des fondations vides
Nul ne s’y, risque cul-de-basse-fosse
Seul je m’y baigne sans espoir de canard ni d’oie.
Plume voletante
Peine haletante
Plus que l’attente
Est-elle restante ?
Est-elle partante ?
Plus que l’absente.
Sombre jour de ces nuits sans astres.
Mais je veux croire dans la feuille de laitue
Le cornichon aigre-doux
Le cochon d’Inde aventureux
Sans tous ces théatreux.
Ces artistes haineux
Ces écrivains venteux
Ces politiciens vantards
Il n’est jamais si tard, qu’il soit trop tard.
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