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STRANDED (Dans le caniveau) - Part II

le samedi 13 octobre 2012, à 09:13. Posté par Philip de Berg


    Chapter 1 : Flashback number one

    NEW ORLEANS

    S’ils voyaient le Texas comme un havre à l’abri des drogues, New Orléans apparut au couple comme le paradis de la défonce. Dope à gogo, revendeurs à la pelle. The Big Easy ne faillit pas à sa réputation. Ainsi, l’attrait de New Orleans fut aussi leur perte. La dépendance de Joan au speed et pour Elvin l’absorption quotidienne et massive de doses à peine imaginables de substances illicites en tout genre, les conduisirent vite en état de paralysie virtuelle. Les cops finirent par faire un matin une descente chez eux et découvrirent des stocks d’héro, de marijuana et une belle collection d’armes. « Putain, si je suis condamné, je risque au moins cinq ans à Angola (1) et peut être beaucoup plus ! Il me faut absolument le meilleur avocat. ». Coup de fil à son agent, Sean Barret, un sacré débrouillard. Et moins de vingt-quatre heures après, Ed Willet, l’avocat des rock stars new-yorkaises débarque, presque hilare du bon coup qu’il va encore faire à cette putain de justice du Sud. Et déjà pressé d’en finir. Ed est un drôle de type, presque cocasse, décalé avec son vieux feutre éternellement vissé sur la tête, comme un privé sorti tout droit d’un polar des années 50.
    Elvin n’en croie pas ses yeux. Joan, oh, c’est autre chose, elle est perpétuellement dans les vapes. Ed Willet vient de sauver la mise à David Johannsen, le leader des New York Dolls, des vieux potes. Une vilaine affaire, où il s’est retrouvé vite fait devant la 5ème section de la Chambre criminelle du Bronx pour des trucs vraiment pas clairs. « Sixteen and savaged » (2) braillait la chaîne hi-fi pendant l’acte. « Too much, too young” (3) se dit Elvin, en repensant à toute cette affaire
    Quand David s’est fait serrer avec la petite dans un hôtel sordide de Yonkers (4), lui, Elvin était en train de se défoncer gentiment avec Johnny Thunder et Sylvain Sylvain dans une boîte, près du Village. Le bon temps. C’est vrai qu’il n’y avait pas de rivalités entre les Shooters Supply et les Dolls.

    Ed Willet l’a vite sorti de son merdier. Les juges de la Louisiane sont vraiment des ploucs. Une petite plaidoirie de rien du tout et l’affaire est dans sac. Willet prouve que la fouille des policiers a été illégale. Le tour est joué. Elvin revoit encore son regard malicieux, si étrange à travers un œil pourtant morne, entouré de cernes.

    - « Tu ferais mieux de quitter New Orleans rapidement » lui dit l’avocat. « Peut être même de quitter le pays quelque temps. Tu n’as rien à faire pour le moment. L’album est bouclé et tes prochaines dates avec le groupe, m’a dit David ne tombent pas avant six mois. D’ici là ? Ah, t’es vraiment pas un impatient, Elvin ! Moi, si j’était une rock star, je ferais des stages tous les jours. Enfin, ça te regarde ! ».
    Partir quelques temps, ouais, pourquoi pas. Une bonne idée même. J’emmène Joan et on se tire tous les deux. Tiens, le Mexique, on en parlait l’autre jour.

    (1) ANGOLA est l’un des pénitenciers d’Etat (situé en Louisiane) les plus féroces du pays. La plupart des 5108 détenus ont été condamnés à la prison à perpétuité et ne quitteront jamais cette prison, lovée dans les bras du Mississipi.
    (2) Titre du deuxième album du groupe Silverhead, dans les mid-seventies.
    (3) Titre du deuxième album des New York Dolls.
    (4) Quartier off-Bronx de New-York

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commentaires ( 7 ) (Ajouter un commentaire)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le samedi 13 octobre 2012, à 09:29
Voici la suite de mon abominable nouvelle. J'ai fait exprès de poster ce même jour mes deux écrits (l'autre c'est "la vie d'un roi") afin d'insister sur le fait que tout ceci n'est qu'un exercice de style. Il va sans dire que, dans Stranded, je ne fait ni une apologie de la drogue, ni de l'alcool, ni de la violence ou de quoi que que ce soit. Je les ai plutôt en horreur. C'est simplement la description d'un milieu, d'un certain milieu du monde du rock 'n roll. Je vous expliquerai plus tard pourquoi j'ai dédié cet écrit à William Burroughts.
Pour Domie et ceux qui ne maîtrisent pas l'anglais :
- The Big Easy : surnom de New-Orleans (la Grosse Tranquilos)
- "Speed" : surnom donné aux amphétamines.
- "Too much, too young" : trop, trop jeune !
- "Dates" : concerts, dans le jargon des musiciens. "Stages" : même signification (litt. : scène).
Amitiés à tous et à toutes. Merci/Dank U/Tak sa mycket. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

domidom le samedi 13 octobre 2012, à 13:43
Un drôle de milieu d'ailleurs, malheureusement, le milieu de la drogue, ont le retrouve partout, c'est même devenu une sorte de fléau...
A bientôt pour la suite de ce feuilleton....
Bisous....Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 15 octobre 2012, à 07:17
Coucou, Domie. Oh, ce "feuilleton" n'a pas grand intérêt tu sais. Il décrit un milieu très dur, de folie et de non sens. La seule chose est, qu'à la différence mes personnages, il faut avoir une pensée pour tous ceux qui se sont vus entraîner vers la drogue ou l'alcool presque malgré eux et qui ne peuvent se sortir de cette spirale infernale. C'est vraiment un écrit très à part, qui n'a rien à voir avec la belle poésie. Gros bisous chère Domie. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

worrell02 le mercredi 17 octobre 2012, à 12:12
En effet, it seems you've been left stranded ! Sniff !
Il y aura des jours meilleurs!
Bisous
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02

Loïc le jeudi 18 octobre 2012, à 19:24
The Offspring, "What Happened To You ?" :

"Before you started toking, you used to have a brain
But now you don't get even the simplest of things
I can draw a little picture, or even use my hands
I try to explain, but you just don't understand"

Bon, ils parlent de heavy stuff. J'ai été un gros consommateur de chit pendant à peu près 6 ans (et je ne regrette rien), mais j'ai toujours résisté aux diverses propositions de drogues dures... par peur que ça me plaise. Il y a des chemins qu'il ne vaut mieux pas emprunter (et déjà, j'ai eu de la chance avec le canna, parce que certaines personnes ne supportent absolument pas et c'est délicat d'appeler une ambulance pour expliquer qu'on a un gars allongé par terre en train de faire une crise blanche parce qu'il a tiré une taffe. Vécu. A la limite, faudrait un entretien d'embauche avec chaque novice avant de faire tourner le palmier : "Tu es anorexique ? Tu es diabétique ?" etc. Et vérifier qu'on a un bon stock de sucre ou de chocolat dans le placard. Mais quand on est jeune, on ne sait pas forcément déjà tout ça).

A propos de ton histoire elle-même, c'est très "faits divers underground". C'est très descriptif, très ancré dans la réalité (oui, je sais bien, donc, que tu tiens à l'authenticité des lieux mentionnés) ; le problème pour écrire longtemps sur ce genre de chose, c'est qu'il faut une trame, ou au moins des héros qu'on puisse un minimum comprendre ou aimer. Là, tu ne le fais pas (rien à voir avec la description profonde de Pip, ou l'exposition des motivations troubles de divers personnages dans "Azathoth") : ici, c'est du 100 à l'heure comme ça vient, et c'est très, très dur de suivre.

La valeur de cet écrit, c'est sans doute la catharsis. C'est un peu comme au XVIIIe siècle, quand on ouvrait les veines des malades dans l'intention de "purger le mal par l'exsanguination" : c'est brut et violent, mais comme toute chose ça a un but ; et quand c'est seulement le sang de l'âme et pas celui du corps, il y a beaucoup plus de chances que ça ait un effet positif !!

Amitiés Philip !


Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le samedi 20 octobre 2012, à 17:35
Pour DOMIE :
I, stranded ? Hey, you're pulling my legs ! Tu sais bien que je suis straight de chez straight ! Bisous.
Pour LOÏC :
Eh bien moi Loïc, bien qu'ayant fréquenté des consommateurs de substances illicites, ça n'a jamais été mon truc. De toute façon, je n'ai jamais été fumeur et les rares fois, je n'avale pas la fumée. Donc, toutes les fois où l'on me passait le "oinj", évidemment ça ne me faisait aucun effet ! Moi, j'arrive aux même résultat avec une consommation just borderline d'un excellent vin, de superbes vodkas ou whiskeys, où quelques eaux de vie bien choisies.
Pour ce qui est de l'histoire, oui, la narration va très vite, c'est un peu façon road movies. Faster, faster ! D'ailleurs, cet écrit n'est pas fait pour que l'on s'attache vraiment à Elvin, à la différence de Pip ou de Campbell dans Azathoth. Donc aimer les personnages, certainement non ! Les comprendre ? Même pas évident ! Dans trois/quatre épisodes (puisqu'ils sont déjà écrits), tu verras qu'on va les suivre à 100 à l'heure sans vraiment faire attention à eux, mais en vivant à leur place.
Tu évoques un aspect de catharsis. Good shot ! On vise un effet purificateur à travers la dramaturgie. Et pour revenir à cette partie de nous même un peu sombre, que tu évoques dans un autre com', cette écriture catharsique permet une purge de cette bad side que nous portons. Et, comme je vais bientôt l'écrire dans un article parodique sur......Lady Gaga : "le rock - puisque c'est le milieu où se déroule Stranded - ne saurait être uniquement le berceau candide de nos désespérances. C'est un kaléidoscope complexe qui oscille entre le « je » et le « jeu ».
Amitiés psychanalytiques et lysergiques, Loïc. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le samedi 20 octobre 2012, à 18:03
Pour IVY :
Arrrrg ! Encore mille excuses. Non IVY, mon com à DOMIE, c'était bien pour toi D-O-M-I-E. Bisous. Phil.
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