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La vie d'un roi (poème de jeunesse)

le samedi 13 octobre 2012, à 08:47. Posté par Philip de Berg


    (poème de jeunesse écrit à l'aune de mes 15 ou 16 ans)

    Pourquoi faut-il admettre ce que l’on ne veut pas ?
    Pourquoi faut-il dire « oui », sans comprendre pourquoi ?
    Pourquoi, à quelqu’un que l’on connait pour plus grand,
    Nous disons « oui », comme des enfants ?
    Le ciel a donné à chacun sa pensée,
    Quoique le ciel fut aussi un mot créé ;
    Pourquoi dépendons-nous de plus grand et plus fort ?
    Pourquoi ne crions-nous nos pensées bien plus fort,
    Par la crainte et la peur,
    Pour l’argent et l’honneur.
    Pauvres gens qui, pour quelques bouts de papier
    Gratifient des courbettes, des hochements de tête,
    En seront-ils considérés ?

    Si le Roi dit « oui », le peuple en fait de même.
    Car ils savent que parfois, ceux qu’ils ont protégé
    Sont maintenant jeté dans le même fossé.
    Quand on veut expliquer que tout est répugnant,
    Que Dieu n’existe pas, que tout cela n’est qu’un jeu,
    On vous crache au visage et, sans explications,
    On dresse contre vous une belle exécution.

    Pourquoi ne sommes-nous pas égaux ?
    Ne mourrons-nous un jour !
    Pour faire des différences entre peuple et puissants,
    Expliquez-vous pourquoi tout est si différent
    Entre un peuple et un roi.
    Pourquoi le Roi, lui, lorsqu’il mourra
    Sa mort sera transmise dans tous les habitats,
    Et pourquoi, lorsqu’au contraire
    Meurt un homme du peuple
    Il sera enterré sans regrets et sans pleurs ?
    Pourquoi alors, sommes-nous tous faits avec du sang ?

    La naissance du Prince est répandue partout,
    La naissance d’un enfant, c’est cela, mais c’est tout.

    Pourquoi, pourquoi, oh oui pourquoi il existe
    Tant de différences entre le Roi et moi ?

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commentaires ( 14 ) (Ajouter un commentaire)
Philip de Berg (Tuin van Maan - JARDIN DE LUNE le samedi 13 octobre 2012, à 09:02
Bonjour les ami(e)s. Quel bonheur, je viens de retrouver le plus ancien des poèmes que j'avais conservé. Je vous le livre tel quel, dans sa naïveté. J'avais, je pense 15 ou plutôt 16 ans. Pour ceux et celles qui me découvrent depuis peu, il verront que je suis très éloigné de ce que représente ma dernière écriture de "Stranded - Dans le caniveau". Ah, la Comédie humaine, selon l'expression de Balzac, a de multiples palettes, elle est espoir et désespoir, Beauté et Noirceur. Amitiés à toutes et à toutes. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

bluegirl le samedi 13 octobre 2012, à 09:48
Quelle chance tu as d'avoir retrouvé les preuves que tu t'es posé les mêmes questions que le petit Prince avec une formulation assez semblable a lui...on est beaucoup a s'être posé ces questions vers cet age, mais qui a gardé la formulation qui révèle bien cette fois encore qu'au travers de tes interrogations, se profilait une personne aussi sensible que douee pour l'expression...
D'autres auraient fait des tags, toi t'as ecris des vers bien construits...alors exprimer sa révolte ainsi dénote un peu la facon dont tu as su la faire passer au profit d'autres priorités...
Merci pour ce post très symbolique, autant que l'est l'illustration.
Bisous du coeur.

belespoirs le samedi 13 octobre 2012, à 10:03
----
http://www.mespoemes.net/belespoirs
toutes ces questions que tu t'es posées nos jeunes se les posent aujourd'hui ! et nous nous les posons encore quelques fois ! en plus de ces questions il y a la prise de conscience de l'inégalité, l'injustice et à 15 ou 16 ans certains s'en moque et bien toi tu ne t'en moquais pas ! voilà de bien belles valeurs ! c'est génial d'avoir retrouvé tes premiers écrits !
Amitiés

worrell02 le samedi 13 octobre 2012, à 11:02
Et le petit prince devint grand !
Mais, Roi, Prince ou Pauvre, chacun repart de ce monde encore plus dépouillé qu'il n'est venu!
Have a lazy WE! (lol)
Bizz
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02

tami2012 le samedi 13 octobre 2012, à 11:30
Cher Philipe...........
Qui ne se révolte pas durant son adolescence contre l'ordre établi , fait d'injustice et de dédain envers la majorité des peuples , ne méritera pas le qualificatif d'humain........Il y'a même des révolutionnaires qui ont pris les armes pour défendre leur idéal de justice mais était elle la solution à cet état de fait.
L'injustice continue tant que l'Homme existe sur terre.......
Avec l'age , nous nous apercevons tous que le bonheur n'est pas du tout tributaire de dollars et de d'euros mais d'un état d'esprit...........Combien de palaces existent sur terre mais au lieu d'être rempli de bonheur , de joie de vivre et d'humanisme , ils sont froids , pleins d'intrigues et de malheur........
Combien d'humbles gens , qui triment à longeur de journées et durant toute leur vie ...et qui vivent heureux , joyeux et par dessus tout humain dans leur approche.....
Cher Philip , je me rappelle , un jour , j'étais de passage au Sud algérien ( les années 80's ) avec une amie.Nous avions rencontrés 2 vielles dames à côté du marché couvert , toutes heureuses , éclatant de rire et chacune avec sa marchandise devant elle . L'une avec ses 4 ou 5 bottes de persils et la l'autre avec des bottes de carottes....
Je n'oublierais jamais ce tableau car je pensais à l'époque qu'elles détennaient les clés du bonheur que beaucoup sont entrain de chercher , qui dans l'acquisition des biens , qui dans la fortification de son compte bancaire....or que le bonheur est en nous tous........Nous n'avons juste à faire l'effort d'aimer les gens tels qu'ils sont , de vivre humblement et de croire dur comme fer que seul compte le présent ou ne devons succuler ses moments de bonheur avec nos moyens de bord.....
Et la vie est éphémère............
D'ailleurs , il y'a un adage que je crois français qui dit : La mort pour les pauvres est une délivrance...Pour les autres est une perte......
Enfin , nous devons rester éveillé et s'éloigner de la cupidité , de l'amour excessif de soi et faire l'effort au quotidien dans le partage ...ne serais ce qu'un sourire....
Merci Philip de m'avoir aidé à revenir sur mon adolescence ou j'étais aussi révolté que toi.........
TAMI

domidom le samedi 13 octobre 2012, à 13:34
Même bien jeune, tu passais ton temps à te poser mille questions, J'espère qu'aujourd'hui tu as trouvé certaines réponses, il est hélas des questions qui toujours resteront dans l'obscur et l'incertitude....
Il faut reconnaître qu'à 15 ans, tu étais déjà doué....
Gros bisous....
Domie...

http://www.mespoemes.net/domidom

oliverjane1950 le samedi 13 octobre 2012, à 19:16
Ton illustration est magnifique ! Que de questions me suis-je aussi posé enfant. A cette époque la poésie m'était inconnue ! Mes questions ressemblaient plus ou moins au tiennes... Je pense qu'il en va de même pour beaucoup d'enfants ! Quand je pense qu'en général on veut grandir pour être de vrai homme... Heureusement ! que j'ai gardé un brin d'innocence... qui me pique le coeur comme pour me dire : je suis là... ne t'inquiète pas. Au plaisir de te lire Philip. Amitiés. Oliver
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950

José le dimanche 14 octobre 2012, à 08:59
En grandissant, projetés dans l'effervescence et la complexité de la vie, nous devenons des 'allumeurs de réverbères', des 'marchands de pilules', des 'businessmen', on s'agite sans ne plus trop savoir pourquoi, on perd le sens de l'essentiel, ou bien on se résigne...
Les enfants (pour peu qu'on les y incite) posent les vraies questions, du haut de leur bon sens d'enfant, souvent d'une manière très poétique.
Ils se sentent incroyablement concernés et responsables face aux inégalités sociales dans le monde comme l'évoque le Petit Prince de ton poème, ou bien encore face aux problèmes environnementaux.
Amitiés.

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 15 octobre 2012, à 15:08
Pour JOSE, TAMI, IVY, OLIVER, BLUEGIRL, DOMIE, BELESPOIRS :
Désolé de faire un commentaire commun, mais je n'ai pas trop de temps. Tout d'abord, merci d'avoir aimé ce petit poème de jeunesse. Et puis, il n'est pas surprenant de voir les points communs entre tous vos commentaires. L'un parle de "bon sens de l'enfant", l'autre des "éternelles questions" que l'on se pose, dès notre enfance, un autre de la prise de conscience des injustices de notre monde. Un manque de lucidité de votre part à tous m'aurait fort étonné !!! Gardons en nous ce qu'il y a de profondément humain, et ne cessons jamais de garder notre belle Utopie. Va savoir, "one day, the dream will come true !". Encore merci. Amitié à tous et à toutes.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

Loïc le jeudi 18 octobre 2012, à 20:02
Personnellement, je ne vois pas de rébellion dans ce poème, dans la mesure où aucune réponse n'est martelée et que les questions sont simplement posées honnêtement. Plutôt que de la rébellion, j'y vois de la confusion (prélude à la rébellion) ; il n'est question dans ce poème que de casser les symboles de pouvoir (allonge-toi sur le divan et parle-moi de ton père) et de commencer à chercher des réponses personnelles (comme je disais, tu n'y étais pas du tout, mais ça venait... les questions sont un premier pas).

Les réponses à tes questions si simples, tu les as, maintenant ; l'homme est comme l'enfant, il a besoin de repères. Au début c'est le père, et puis plus tard le repère peut être l'idole, et pour certains c'est le roi, pourquoi pas. Remarque même que l'idole remplace souvent le roi en notoriété. Amène un roi et une star people à deux endroits différents de la même ville, et on verra bien qui gagne !

Bref, tes questions portaient sur les repères et l'identification (De qui est-on la groupie ?) ; et certainement qu'à cette époque-là, en attaquant le roi, tu ne te rendais pas compte que la puissance n'est pas tant dans le statut politique que dans la véritable influence -- et nul doute que si ton chanteur préféré avait soudain décédé le lendemain de ton poème, tu lui aurais souhaité un enterrement royal et médiatisé au maximum.

C'est simple : les symboles de supériorité, on les aime ou on les déteste suivant qu'on s'identifie à eux ou pas, mais on en a tous.

En tous cas, la qualité d'écriture est impressionnante pour cet âge (c'est un peu brouillon et confus, mais justement c'est ce qui rend le poème représentatif de l'adolescence... authentique, quoi).

Amitiés Philip !

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le jeudi 18 octobre 2012, à 21:34
Pour LOÏC :
Merci, Loïc, pour ton psychanalisant commentaire, car, bien des années après, voila que mon poème me revient avec un autre éclairage? où tout du moins que je ne percevais pas, bien entendu quand j'avais 15 ans. Bien sûr, l'être humain a besoin de repères. Ces repères sont même le vecteur de beaucoup de nos émotions. Sans un minimum de repères par, exemple on finit par ne plus avoir ce que l'on appelle en psychanalyse le "surmoi" (c'est à dire la réalité émotionnelle de la culpabilité). Je ne cite qu'un triste exemple, à la l'éclairage de ces tristes faits divers que sont les viols collectifs (les tournantes) : les magistrats et les psychologues sont effarés de voir que ces jeunes n'ont plus de surmoi, et ne ressentent pas de culpabilité. Car ce qu'ils pourraient appeler des "repères" n'en sont pas, n'en ont jamais été. Et puis, comme tu le soulignes, il y a la problématique de l'identificaton. Un ancrage de la totémisation. Eh, quand je joue les rocks stars "pour de rire" (cf mon logo ), est-ce vraiment pour de rire. Hélas, ce n'est que beaucoup plus tard, quand on a acquis autant de sagesse que de connerie, qu'on peut essayer de mettre en pratique ce que disait Nietzche, son "Vis ce que tu es !".
Ouais, je l'ai toujours aimé, cet adolescent que j'étais. Amitiés. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

Cerise le mercredi 15 octobre 2014, à 17:42
Coucou Philip,
Me voilà ici sur un de tes autres petits trésors éparpillés.
On découvre un texte fort, percutant, du tout jeune homme que tu étais, déjà tant épris de justice et de vérité.
Ce n'est pas étonnant que tu es choisis cette voie professionnelle...sourire.
Merci et belle fin de journée.
Amicalement.
Béatrice

scorpionne le mardi 19 juin 2018, à 11:13

Bonjour Philip,

A 15/16 ans, tu te posais déjà beaucoup de questions et je ne suis pas certaine que, maintenant, tu aies toutes les réponses à ces interrogations. On se pose des questions toute sa vie durant, surtout à certains tournants de son existence. En tout cas, moi, je continue de m'en poser... sans avoir les réponses.

Beau mardi à toi cher Philip.
Très amicalement,
Jocelyne

Philip (Jardin de Lune) le mardi 19 juin 2018, à 13:42
Pour JOCELYNE :
Ah ah...Jocelyne, tu lis mes poèmes de jeunesse, en ce moment ! (sourire).
C'est vrai, avec le recul, on revoit un peu de nos personnalités déjà naissantes, mais avec la naïveté ou l'incompréhension qui allaient avec.
Oh non, bien sûr je n'ai pas la réponse à ces interrogations. C'est même pire !!!!!!!!
J'ai eu beau, par la suite, étudier toute ma vie les philosophes, la politique, etc.….le constat de nos sociétés, occidentales et autres, tu le connais.
Terrible question que ces "pourquoi ?" dont on ne peut trouver ou comprendre les réponses.
Bel après-midi Jocelyne.
Très amicalement. Philip.

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