Thierry Demercastel ( poésie )

 

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Isula

le samedi 08 septembre 2012, à 15:24. Posté par AGRIPPA


Vieux pont génois près de Sartène en Corse



J’écoute souvent tes nuits et ton chant sous un ciel noir,
Se répandre en moi tes pas de poussière et d’écume,
Le vent affrétant tes silences en un souffle de mémoire,
Le chant de la mer quand au soir morose tout s’exhume,

Tes rêves, aux creux de la roche, bercés en son infini,
Et je souris et je pleure à la source où je t’entends,
Où grandit la triste rumeur de tout ce que tu fuis,
De ce qui m’est donné à l’intime de tes instants.

Souvent j’ai cru entendre gémir la montagne,
Comme un orage au loin qu’un nouveau jour achève,
Claquer les voiles de tes sanglots, qu’un ciel épargne,
Au rythme du temps peignant les ombres sans trêve.

Souvent je suis devenu l’étranger pour te séduire,
Réapprendre, écouter aux quatre saisons ton pouls,
Archiver en moi les murmures où tu m’inspires
Comme ces flots guéris d’un passé qui soudain s’absout.

J’écoute souvent tes nuits et ton chant sous un ciel noir,
Un cri venu de tes entrailles, à mon cœur étranger,
Je suis l’eau de la rivière, la feuille tremblante au soir,
Je suis l’inconnu, et cendre, je ne fais que passer.

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commentaires ( 6 ) (Ajouter un commentaire)
oliverjane1950 le samedi 08 septembre 2012, à 21:05
Poésie nostalgique mais superbe ! Pas un mot n'accroche l'autre. Les vers semblent s'égrener à vitesse constante... Merci ! Amitiés. Oliver
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950

imparfaitlibre le dimanche 09 septembre 2012, à 09:34
-Ce pont est magnifique et lorsqu'on regarde ce qui il a autour on ressent encore plus la paix qui ressort dans la douceur de tes mots.
Je m'imagine assise sur ce pont où je lis tes vers en écoutant la mélodie de l'eau et c'est tout simplement un grand plaisir.
Merci pour ce moment de sérénité.
Toute ma sincère amitié Thierry.---
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre

José le dimanche 09 septembre 2012, à 09:54
Magnifiques privilège et force d'avoir appris à connaître les horizons d’un pays entre terre, ciel et mer, dont chacun semble t’avoir confié ses murmures intimes.
Amitiés.

domidom le dimanche 09 septembre 2012, à 14:30
Les yeux ne voient pas ce que l'oreille écoute....
Dans le calme de la nature, le silence devient magique, il nous transporte dans un autre univers, alors, on se sent léger, comme pénétrer au plus profond de nous même, par des ondes invisibles, la perception des choses prend une toute autre dimension....
L'image de ce pont, de ce filet d'eau et de tout cet espace qui l'enveloppe entraînent et captivent notre cerveau....
Superbe poésie....
Amicalement....
Domie...

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 10 septembre 2012, à 13:12
Ah comme j'aime cette musique et alchimie des mots que - comme moi - tu aimes mettre dans tes poèmes : le vent "affrétant les silences", le "voile des sanglots", etc... Quant au dernier vers, il est comme un soupir (même un soupir, comme en musique). Oui, cendre (future, ou bien poussière), nous ne faisons que passer. Un très bel écrit, Thierry. Amitiés. Philip.

Thierry le lundi 10 septembre 2012, à 18:34
Merci à vous...

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