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Egarement aux Confins du Sommeil.....

le lundi 27 août 2012, à 01:26. Posté par Avenance


    Egarement aux confins du Sommeil…..




    …..Il s’ouvre dans les êtres d’infinies profondeurs, d’infinis territoires où
    La Pensée s’égare, forêts et landes du Nocturne aux lueurs indécises et dans
    Les failles du Sommeil, des puits sans fond du Vivant et de l’Âme, des puits
    D’égarement où ne pénètre plus l’Esprit, où les noms ni les images ne tiennent
    Plus, se désagrègent, des puits de silence et d’échos, mussitations, soupirs,
    Chuchotements, dialogues solitaires, balbutiements de naissance et d’enfance,
    En lieux inaccessibles, étangs, forêts et landes, en Sommeil hauturier dont
    L’Etrange, l’Enigme et le Lointain forment l’intime Essence, vague mémoire
    De l’Intime, du Fond sans Fond et du Désert de Soi en traces illisibles, dans
    L’Innommable, vague mémoire de l’Innommé et de l’Insu à même l’étrange
    Des Paroles, Ô désarticulés et le Fond et l’Essence, si loin et si profond et
    Pourtant si fertile, pays des Dissemblances!…..

    Oui, notre esprit s’égare à chaque nuit, à chaque songe et plonge, suressentiel
    Abîme ou sublime apophase, ne cherche plus la Forme, l’Image ni l’Idée
    Parmi les scories, les gravats, les herbes et les sables ni l’Ordonnance
    Improbable du Monde, ni le Modèle ni l’Entité, voici que s’offrent à toi,
    Peut-être, au navire du Sommeil, l’Abondance et la Joie et le Souverain
    Bien de la Simplicité, voici, peut-être que se prononcent les Noms appropriés
    Et que nous oublions dans la contrainte de l’Eveil, dont il ne reste que
    Brindilles à rassembler, à déchiffrer pour un chant d’illusoire Beauté, oui
    Notre esprit s’égare ou remonte, peut-être, Ô Bienheureuse Nage, vers la
    Source enchantée du Léthé, vers les rivages obscurs de Souvenance. Oui,
    Notre esprit s’égare aux contrées inconnues du Dormir…..

    Dans le Déclin et du Soir et de l’Âge, laisser venir dans l’Intime de Soi
    Un peu de cet Egarement mythique pour l’Oeuvre ultime d’une Vie et pour
    Un dernier Chant, une sorte de Mort mystique, d’anéantissement, à la proue
    Du Sommeil, comme une absence à Soi, comme on s’éloigne peu à peu,
    Comme un certain Détachement pour la faveur des Autres, une certaine
    Somnolence épurée, glissant déjà vers les prairies suaves du Grand Repos
    Comme un certain étonnement d’être à peine un Vivant et de ne s’être pas
    Connu, une Semblance dissemblante, un Non-Savoir, un Non-Vouloir, un
    Non-Avoir d’une Douceur extrême, d’une digne Faiblesse! Oui, notre esprit
    S’est égaré, peut-être de toujours, sur cette Terre d’aubes et de Soirs, aux
    Confins du Sommeil……



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commentaires ( 4 ) (Ajouter un commentaire)
domidom le mardi 28 août 2012, à 13:53
J'aime la profondeur de cet écrit.... J'aime aussi voyager aux confins du sommeil, le rêve, cette sorte de coma momentané, qui nous emporte dans les profondeurs inépuisables d'un autre monde....
C'est comme si notre corps se détachait de notre âme en essayant de nous échapper, nous ressentons alors une sorte de flottement, bercé d'une douce euphorie.....
D'où nous vient ce mystère du sommeil, il vient nous chercher et nous envelopper d'un linceul qui peut être tissé de joies, de larmes, de peur aussi, on vit pendant des heures dans le monde de l'étrange, où tout s'anime et se confond, quand arrive l'heure de l'éveil, nous avons peine à immerger et restons suspendus en une sorte d'inconscience, revitalisant les moments extraordinaires voir invraisemblables que nous avons vécus....
J'aime fouiller le coeur de ce fantasque qui surgit et anime nos sommeils, cette sorte d'évasion où tout nous est permis....
Souvent, mes rêves m' inspirent des poésies, il en est que je fais depuis des lustres, plutôt des cauchemars , que j'essaie vainement de décrypter, sans jamais y parvenir....
Des souvenirs de notre enfance peuvent être la trame de certaines rêveries, qui resurgissent de ces puits inaltérables, il suffirait sans doute de bien peu de chose pour pouvoir remonter à la surface....
Le rêve, c'est peut être aussi une façon de naviguer au fond des ténèbres en poursuivant nos désirs inassouvis....
Au plaisir de te lire cher ami...
Amitiés....Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom

Michel (Signes de Vie) le mardi 28 août 2012, à 18:13

Un texte qu'il faut relire plusieurs fois pour s'en imprégner.
Toujours de la profondeur, je viens d'en relire plusieurs.
Amitié

avenance le vendredi 31 août 2012, à 21:56
Bonsoir, Michel, merci pour la lecture et l'appréciation. Oui, il est possible que la profondeur du sommeil et ses méandres, ses labyrinthes, exigent des approches méandreuses, labyrinthiques et donc énigmatiques car comment rendre compte précisément de ce qui échappe à la conscience et à la parole, de ce qui se passe à notre insu?
Amitiés. Avenance.

avenance le samedi 08 septembre 2012, à 19:17
Bonjour, Domie, merci pour tes très belles réflexions sur le sommeil et l'espace des rêves dont on ne peut hélas que faire une expérience approximative et dont on ne peut sonder la profondeur et les tréfonds que par bribes et restes, que par allusions puisque par définition hors conscience, hors parole, hors mémoire. Si nous pouvions retirer au réveil les nasses gorgées d'images, de récits flamboyants, de pensées rutilantes que fait naître en nous le sommeil, que de richesses esthétiques et spirituelles aurions-nous à disposition! Quel envers de la Raison et de la Pensée contrôlée pourrions-nous explorer! Quel espace de liberté, quels labyrinthes colorés, quelles fables et quels mythes personnels ou collectifs, quels chemins de traverse inattendus pourrions-nous parcourir et lire! Je rêve souvent de l'impossible: un sommeil conscient, un sommeil avec les yeux intérieurs ouverts et dont la mémoire retiendrait les paysages et l'univers énigmatiques! Toutes les recherches scientifiques sur le sommeil ont beau scruter ces moments qui constituent le quart de notre vie, elles n'atteindront jamais, je crois, l'essence même du sommeil. Comme toi, j'adore le sommeil et malgré la terreur de certains cauchemars, je le tiens pour un moment d'extrême douceur, de sublime abandon de soi et peut-être le seul moment de véritable non-violence de notre existence.
Merci, Domie, pour tes commentaires toujours enrichissants et encourageants!
Bon sommeil! Amitiés. Avenance.

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