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Je ne sais rien de moi, pantin désarticulé,
Qui sur la grève pale, où sommeillent les souvenirs,
Marche à l’envers sous des ciels oubliés.
Le regard songeur, je me regarde mourir.
Sous l’aile d’un temps révolu, je m’habitue
A de vastes profondeurs où je saigne parfois,
Dont remonte l’odeur de tout ce qui fut.
J’attends des silences, le front sur ces parois
Où se confondent les cendres, au jeu du vent.
Des hivers tenaces, au bout des habitudes,
Griment les soirs conquis, d’un geste tremblant,
Givrant d’informes horizons de lassitude.
Quel est ce pays où les chagrins se tarissent,
Ce cloître où m’observent de mélancoliques
Destins, où sombrent ma chair et des vents complices,
Ce chant où se désunissent les amours uniques.
Est il l’heure où passe dans son habit brodé
Cet ange méconnu, dont la voix m’est familière,
Cet ange de mes heures, à la tristesse voilée,
Où je vais confiant en son chemin de lumière.
Je ne sais rien des silences que peignent les nuits,
De vos éclats de rire dans les soupirs fanés,
Des jardins où la rose en sommeil m’a souri.
Je marche à l’envers sous des ciels oubliés.
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http://youtu.be/Gqpl8pNSl10
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