|

Miroir silencieux
Tu nous ouvre les yeux
L’image que tu renvoies
Parfois nous laisse sans voix
Tant elle nous déconcerte
Miroir fenêtre ouverte
Et chaque fois qu’on te voit
C’est une découverte
Avec quel air béat les hommes te contemplent
Tu échanges avec eux des regards complaisants
Comme on prie la déesse enfermée dans un temple
Ils prient pour ralentir le passage des ans
Ils grimacent quand ils voient une ride au coin des yeux
S’alarment pour un bouton de fièvre sur leur lèvre
S’irritent pour une rougeur ou un point disgracieux
Pour un poil importun ils s’affolent comme des chèvres
|