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Octo...

le mercredi 06 juin 2012, à 02:22. Posté par Marcek


Octo...

« Toc toc, Octo, êtes-vous là ? »
Octo Têtu peste et s'entête
A vouloir dépasser Alex
Dont l'élan victorieux le vexe

Alex Sandrin hausse le ton
Lorsqu' Octo Têtu l'importune
Ses grands pieds ont fait sa fortune
Auprès des plus beaux écrivains

Octo Têtu s'acharne en vain
A vouloir vaincre l'adversaire
Qui dans la langue de Molière
Rayonne aux cieux les plus lointains

Moi, j'aime bien l'Octo, superbe
Autant que les Alex Sandrin
L'enfant meurtri assis dans l'herbe
A su magnifier leur refrain !


Dans « Les Orientales » Victor Hugo, tout au long
du poème « L'enfant » a su allier harmonieusement
et superbement Alexandrins et octosyllabes !

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commentaires ( 13 ) (Ajouter un commentaire)
marcek le mercredi 06 juin 2012, à 02:30

L'Enfant
Les turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.
Chio, l'île des vins, n'est plus qu'un sombre écueil,
Chio, qu'ombrageaient les charmilles,
Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,
Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois
Un chœur dansant de jeunes filles.

Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
Courbait sa tête humiliée ;
Il avait pour asile, il avait pour appui
Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
Dans le grand ravage oubliée.

Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !
Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
Comme le ciel et comme l'onde,
Pour que dans leur azur, de larmes orageux,
Passe le vif éclair de la joie et des jeux,
Pour relever ta tête blonde,

Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
Pour rattacher gaîment et gaîment ramener
En boucles sur ta blanche épaule
Ces cheveux, qui du fer n'ont pas subi l'affront,
Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
Comme les feuilles sur le saule ?

Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
Est-ce d'avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
Qui d'Iran borde le puits sombre ?
Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
Qu'un cheval au galop met, toujours en courant,
Cent ans à sortir de son ombre ?

Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
Plus éclatant que les cymbales ?
Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ?
- Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus,
Je veux de la poudre et des balles.

8-10 juillet 1828

Victor Hugo - Les Orientales

oliverjane1950 le mercredi 06 juin 2012, à 08:21
Tu fais bien Marcek de rappeler cette forme de poésie; panacher judicieusement l'octo et l'alexandrin. Une belle petite histoire écrite ainsi donne un rythme différent et un effet visuel agréable. Bonne journée. Amitiés. Oliver
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950

marcek le mercredi 06 juin 2012, à 09:42
Ce Victor Hugo a le don de nous faire passer un frisson dans le dos chaque fois que l'on se laisse pénétrer de ses vers !
Bref, quel talent, quel talent !
Il écrivait comme on respire et ses vers resteront immortels, tout comme lui !
Merci de ton passage !
http://www.mespoemes.net/marcek

larose le mercredi 06 juin 2012, à 12:54
Bonjour Marcek!!!
Merci infiniment pour les beaux partages que vous nous avez offert!!! Bonne journée à vous
Bises

marcek le mercredi 06 juin 2012, à 13:21
Merci, larose : absente depuis quelque temps, j'ai plaisir à vous retrouver et à partager !
Ah, ce jardin, quel boulot : ce matin, c'était désherbage, brouettes sur brouettes de mauvaises herbes !

http://www.mespoemes.net/marcek

domidom le mercredi 06 juin 2012, à 16:42
Un style très musicale à l'oreille, un enchaînement léger et tout en délicatesse....
Un très joli poème, mais voila, il est signé HUGO, alors, il n'y à rien a ajouter, comme tu dis.....
QUEL TALENT!!!
Amitiés...Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom

Vesta le mercredi 06 juin 2012, à 20:37
Merci de ce partage. Vous me donnez envie de relire Les Orientales lue trop jeune, dont je ne me souviens pas de ce poème. Le talent dans l'écriture, la forme bien sûr, mais aussi l’œil du grand humaniste qu'a été Hugo. Un poème étrangement actuel, vous ne trouvez pas ! Amitiés

Loïc le jeudi 07 juin 2012, à 01:10
En ce qui concerne le poème d'Hugo, il est clairement un peu trop gratuitement bavard, avec certains vers qui n'apportent rien et qui sont là pour en jeter (le passage limite rigolo sur "l'arbre tuba que les chevaux etc." est un bon exemple) ; on sent qu'il avait une idée réellement formidable (la chute géniale) et qu'il a comblé le vide avec des platitudes (enfin, pour Hugo, je veux dire !) en étant pressé de placer la fin qui tonne.

Mais qu'importe que le poème soit faiblard, limite soporifique dans son remplissage, quand cette fin réveille à ce point... Ce qui est planté au tout début prend entièrement son sens dans les derniers vers, en un message final de vengeance qui est intemporel dans sa cruauté...

Bien sûr Hugo a fait exprès d'écrire du "faux bucolique" pour mieux déstabiliser le lecteur avec la chute ; mais ça, Rimbaud l'a fait de façon infiniment plus concise et efficace avec "Le Dormeur Du Val". Et d'ailleurs, du coup, on peut se demander s'il n'y a pas un lien de parenté entre les deux (je m'interroge vraiment, vu la similitude du procédé ; alors merci d'avoir posté ce poème que je ne connaissais pas ! Je sens que je vais faire des recherches dans les prochains jours).

Quant à ton propos sur les octosyllabes, je dirais ce que je dis toujours, à savoir que les alexandrins et les octosyllabes ne se choisissent pas par hasard ; l'alexandrin est parfait pour le poème épique ou explicatif qui a besoin de place pour les détails, tandis que l'octo est plus percutant mais est aussi obligé d'aller droit à l'essentiel. C'est surtout une question de quelle façon on a envie de présenter le message : confortable, ou frappante. D'expérience, je peux au moins dire l'évidence : plus le vers est court, plus le poème est difficile à écrire (ne serait-ce que parce que la rime arrive plus vite). Mais plus le vers est court, plus le rythme est perceptible à la lecture. Du pour, du contre.

Moi aussi, "j'aime bien l'Octo" !

Amitiés Marcek !

http://www.mespoemes.net/cellox

3rivieresenpoesie le vendredi 08 juin 2012, à 21:33
Merci pour ce beau moment de culture.

Plume d'oie----
http://www.mespoemes.net/3rivieresenpoesie

didou le dimanche 10 juin 2012, à 20:27
--Bonsoir marcek c'est une mélodie de vers en octo et en alex et l'exocto pussy va si bien dans la plume de marcek
a bientot pour vous lire
Amitié didou --
http://www.mespoemes.net/didou

marcek le lundi 11 juin 2012, à 17:37
Merci, Plume d'oie et Didou d'avoir partagé un instant avec moi !


http://www.mespoemes.net/marcek

marcek le lundi 11 juin 2012, à 17:44
Oui, tu as raison, Loïc, Victor a voulu en mettre plein la vue à ses lecteurs afin que la chute les désarçonne au plus haut point...J'avoue que ce tuba m'avait interpellée...
Ton analyse, comme toujours, nous sort de l'admiration béate en nous aidant à dominer le texte et à analyser les procédés employés !

Loïc le mardi 19 juin 2012, à 22:56
"Victor a voulu en mettre plein la vue à ses lecteurs afin que la chute les désarçonne au plus haut point..."

Ce n'est pas ce que je voulais dire ; je pointais que :

1) VH avait aligné (au milieu) des vers sans grande inspiration, tant il était, peut-être, pressé de combler le vide entre l'intro et la fin, toutes deux sans reproches

2) Il a probablement utilisé l'image du "tuba dont un cheval au galop met 100 ans à quitter l'ombre" pour essayer de donner un souffle épique au milieu du poème ; mais il a vraiment chargé la barque sur ce coup-là, avec une métaphore tuée par son impossibilité absolue (l'exagération poétique est une chose, l'impossibilité potache en est une autre ! Si encore on était dans La Fontaine, qui visait l'humour... mais c'est Hugo !)

Non, pour moi, ce qui visait à "désarçonner le lecteur", c'était l'emploi du style ultra-romantique XVIIe-XVIIIe ; il visait à nous bercer de jolis gazouillis pour mieux nous réveiller à la fin avec la fameuse chute. Mais il pouvait s'y prendre bien mieux que ça : la partie centrale est bien trop longue... 3 quatrains (3,4 et 5) auraient pu être condensés en un, et on n'aurait rien perdu.

Pour ce qui est d'avoir raison, c'est vrai. J'ai toujours raison d'ailleurs, comme je l'expliquais au gars qui gisait sans autre but que de me vexer (et qui gémissait pour me couper la parole) après que je l'aie fauché en voiture parce qu'il traversait en dehors des clous. S'il avait traversé sur les clous, j'aurais freiné, sinon j'aurais risqué d'avoir tort. Mais là, j'avais tout bon.

Bises Marcek !

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