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En noir et or

le mardi 05 juin 2012, à 01:24. Posté par Marcek


Le ciel s'accoude sur le pont
Il pleut de l'or dans la lumière

Noir, noir est le charbon
Et bien plus noire la misère
Des humbles fourmis ouvrières

Il pleut de l'or dans l'escarcelle
Du riche marchand de charbon

Vers la péniche, en procession
Les humbles fourmis ouvrières
Plient sous le faix,

Pour que tombe dans l'escarcelle
Du riche marchand de charbon
Tout l'or volé à leur misère.



Inspiré du tableau de Monet :
"Le déchargeur de charbon"

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commentaires ( 14 ) (Ajouter un commentaire)
oliverjane1950 le mardi 05 juin 2012, à 07:31
Hier, je me disais, mais où est donc passée Marcek ? Eh bien voilà ! Elle était au charbon à tirer des vers à la santé de ses lecteurs !!!
Matériellement nous ne sommes pas tous égaux mais nous pouvons tous travailler avec notre coeur pour conserver notre Dignité que nous devons à aucun prix nous séparer !
Amitiés.
Oliver
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mardi 05 juin 2012, à 08:15
Chère Marcek, figures-toi qu'il y a à peine un mois, je suis retourné au Musée d'Orsay - véritable caverne d'Ali-Baba des plus grands chefs d'oeuvres pré, post et impressionnistes - et je me souvient m'être arrêté devant un autre tableau de Monet représentant les charbonniers sur les quais de halage de la Seine. Et je m'étais justement fait la réflexion que dans cette fin de siècle, durs étaient certains métiers, que l'ouvrier était à la peine chaque jour pour juste survivre. C'est encore la cas, hélas, de nos jours et encore à condition que l'usine ne ferme. La Dignité de l'Homme, voilà ce qu'il faut préserver, Oliver a bien raison de le souligner. Amitiés. Philip.

Sébastien (Altlivia) le mardi 05 juin 2012, à 12:34
J'aime beaucoup : très évocateur. Une poésie très efficace je trouve !

marcek le mardi 05 juin 2012, à 13:28
Oui, cher Oliver, de mieux en mieux éduqués, de mieux en mieux au courantd e leurs droits, les travailleurs, sont de moins en moins assujettis aux excès d'autorité du "padre padrone"...mais hélas , trop d'abus perdurent, la lutte doit continuer !
J'étais en mon jardin, sarclant, arrachant, brouettant, tondant à tours de bras car pluie et soleil mêlés font pousser l'herbe hardiment !
Quelques lumbagos plus loin, je viens enfin vous retrouver !
Mon osthéopathe va avoir du travail à faire sur ma pauvre carcasse !
Amitiés bucoliques mais non pas élégiaques !
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marcek le mardi 05 juin 2012, à 13:32
à tour de bras ...pas de "s" à tour, me semble-t'il ?
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marcek le mardi 05 juin 2012, à 13:35
Philip, je crois que si j'étais parisienne, je serais un rat de musées et de bibliothèques !
Quelle chance tu as de pouvoir ainsi orofiter de toutes ces richesses de la culture, à portée de main!
En attendant, je suis un rat des champs !
Bisous campagnards !
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marcek le mardi 05 juin 2012, à 13:36
Merci, Sébastien, ravie de faire ta connaissance !

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domidom le mardi 05 juin 2012, à 14:15
Ma chère Marcek, rats des villes ou rats des champs, les deux ont chacun leur charme, on ne peut pas tous vivre à Paris, va savoir pourquoi ta campagne attire autant les gens de la capitale, la vie y est sans doute plus reposante qu'à Paris....
Un bel écrit....
A bientôt...Domie...
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franek le mardi 05 juin 2012, à 16:55
que les artistes sont grands lorsqu'ils se penchent sur la condition humaine et laborieuse, très bel hommage au monde ouvrier

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 06 juin 2012, à 08:25
Oui, chère Marcek, c'est quelque part un incomparable privilège d'habiter ce Paris qui recèle tant de merveille, mais à bien y regarder, tu es bien mieux au milieu de ton incomparable nature, loin de la pollution et de la grisaille.

marcek le mercredi 06 juin 2012, à 09:35
C'est vrai, Philipp, hormis le fait que un demi hectare coûte beaucoup à entretenir, depuis que je suis seule, je peux me réjouir de vivre dans un cadre incomparable !
Allons, on n'a rien sans rien dit la sagesse populaire !
Bises champêtres !


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marcek le mercredi 06 juin 2012, à 09:38
Bien sûr, Domie, je ne connais pas la grisaille et la pollution parisiennes : de loin, on rêve à ce Paris idéalisé que quelques courts séjours m'ont fait connaître , mais tu as raison, y vivre tout au long de l'année me paraîtrait difficile après ma solitude champêtre !
Bisous amicaux.

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marcek le mercredi 06 juin 2012, à 09:40
Merci, franeck : j'ai pu toucher du doigt la pénibilité et le danger de ce travail des hommes, étant d'un pays minier qui a vécu de terribles coups de grisou...On ne rendra jamais assez hommage au travail ouvrier, celui qui broie l'homme dans son étau...
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marcek le jeudi 07 juin 2012, à 00:32
Une magnifique chanson de Bernard Lavilliers que j'adore !


Les Mains D'or

Un grand soleil noir tourne sur la vallée
Cheminée muettes - portails verrouillés
Wagons immobiles - tours abandonné
Plus de flamme orange dans le ciel mouillé

On dirait - la nuit - de vieux châteaux forts
Bouffés par les ronces - le gel et la mort
Un grand vent glacial fait grincer les dents
Monstre de métal qui va dérivant

J'voudrais travailler encore - travailler encore
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or
Travailler encore - travailler encore
Acier rouge et mains d'or

J'ai passé ma vie là - dans ce laminoir
Mes poumons - mon sang et mes colères noires
Horizons barrés là - les soleils très rares
Comme une tranchée rouge saignée rouge saignée sur l'espoir

On dirait - le soir - des navires de guerre
Battus par les vagues - rongés par la mer
Tombés sur le flan - giflés des marées
Vaincus par l'argent - les monstres d'acier

J'voudrais travailler encore - travailler encore
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or
Travailler encore - travailler encore
Acier rouge et mains d'or

J'peux plus exister là
J'peux plus habiter là
Je sers plus à rien - moi
Y'a plus rien à faire
Quand je fais plus rien - moi
Je coûte moins cher - moi
Que quand je travaillais - moi
D'après les experts

J'me tuais à produire
Pour gagner des clous
C'est moi qui délire
Ou qui devient fou
J'peux plus exister là
J'peux plus habiter là
Je sers plus à rien - moi
Y'a plus rien à faire

Je voudrais travailler encore - travailler encore
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or
Travailler encore - travailler encore
Acier rouge et mains d'or...


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