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J'ai livré aux bêtes mon coeur tout saignant

le mercredi 18 avril 2012, à 22:51. Posté par Philip de Berg


    (le testament imaginaire d'Alfred de Musset)

    J'ai livré aux bêtes mon coeur tout saignant......

    J'ai dérivé sans heurts, tant de jours incertains,
    Où pour toute couronne et pour seule ambition,
    Je bravais en rêvant comme un doux franciscain
    Les frontières du coeur aux prudes intuitions.
    Mais, perdu dans vos bras, fallacieuse amante,
    Aux soupirs si fielleux, aux pâmoisons sans fin,
    J'ai souffert sans détour de vos épouvantes
    Qui m'ont rongé l'espoir de vous aimer enfin;
    J'ai livré aux bêtes mon coeur tout saignant......

    Votre cou d'opaline et de soie trop mêlée,
    Ont fait trembler mon corps sans que vous fûtes là.
    Tant de sources ont coulé, pleurs et rires mêlés
    Implorant les pardons, aux creux des pergolas
    Restant à refleurir, à l'aube des regrets.
    Et sans que nul soupir ne vienne au vent maudit,
    Ternir nos vieux serments, épuiser nos secrets,
    J'irai sans lendemain jeter mes interdits.
    J'ai livré aux bêtes mon coeur tout saignant......

    Oui j'ai livré aux bêtes mon coeur tout saignant,
    Aussi loin la fête a su trop s'aborner,
    Pour contenir le vin des regrets contraignants,
    Qui dans les soirs vaincus vont enfin s'épancher,
    Et j'irai à l'envi reprendre mes sanglots
    Et j'irai alangui, croire aux infortunes
    Ramasser les sequins perdus sous les tombeaux
    Qui, de mon coeur flétri seront ma rancune.

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commentaires ( 19 ) (Ajouter un commentaire)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 18 avril 2012, à 23:02
Le titre, réitéré à chaque strophe, est une phrase cité par Alfred de Musset dans ses Souvenirs. Il faisait allusion à toutes les femmes qu'il aima et qui l'ont fait souffrir et aux rangs desquelles figurait George Sand (portrait en illustration). C'est ainsi qu'amer et sans doute réaliste, Musset écrivit un jour "J'ai livré aux bêtes mon coeur tout saignant". Ces quelques vers pourraient être son testament pudique et intime qu'il ne livra jamais. Bonne lecture; amitiés à toutes et à toute. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

larose le mercredi 18 avril 2012, à 23:30
bonsoir Philip ton poème est vraiment une merveille c'est beau ces mots pudiques et intimes noyant l'amour de deux plumes céleste tu as su donner de la hauteur à ton texte, je trouve qu'il baigne dans l'eau bleue du romantisme!!
amitié!
bonne soirée poète!!!

lilorev le jeudi 19 avril 2012, à 00:47
Cher Philip,
Superbe testament !
Quand j’ai vu le titre j’ai eu peur j’ai cru que tu avais écrit un poème « d’horreur » lol.
Mais ton poème est magnifique, emporter par tes vers on s’imagine sans peine Alfred de Musset se lamentant sur ses cruel amours. Après tout n’a-t-il pas « livré aux bêtes son cœur tout saignant » ? Difficile après ça de ne pas compatir à ses peines de cœur ! lol
Bisous. Lilo

oliverjane1950 le jeudi 19 avril 2012, à 10:44
A vivre, le romantisme a aussi ses limites. Les coeurs déchirés ne se comptent plus. Le sentiment amoureux accapare toute notre attention. On ne voit que l'autre ; c'est le plus beau c'est la plus belle ! Impossible de nous faire changer de direction. On voit que ce que nous avons envie de voir et surtout pas la réalité, les défauts etc. Puis, lorsque l'on commence à vraiment aimer, les défauts apparaissent... et, chose bizarre, on aime quand même ! Il me semble, que c'est à ce moment-là qu'est l'Amour avec un grand "A". Apparemment Musset n'a pu écrire amour avec une majuscule. Amitiés. Oliver
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950

Vesta le jeudi 19 avril 2012, à 12:06
Un poème charmant et romantique, qui ne manque ni désenchantement, ni d'amertume. Aux amours perdues ! Amitiés

José le jeudi 19 avril 2012, à 12:34
Superbe veine poétique... Malgré la violence du titre, on y croit, l'amour peut devenir cette malédiction qui hante et détruit. Amitiés.

domidom le jeudi 19 avril 2012, à 18:34
Vraiment très beau, malgré le titre, tout en douceur et romantisme...
A bientôt...Bisous...
Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom

worrell02 le jeudi 19 avril 2012, à 20:27
Bien imaginé et bien imagé!
Amitiés
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02

Agrippa (Thierry Demercastel) le jeudi 19 avril 2012, à 20:41
Magnifique texte. J'aime beaucoup le titre il me rappelle d'Aubigné

didou le jeudi 19 avril 2012, à 21:17
-bonsoir philip alfred de musset et les romantiques ALBUM de catherine lara , elle est george sand , je suis un peu inculte alfred de musset je ne connais pas ,ma culture en matière de poèsie est un peu limité mais tu sais philip un fois tu me disais que la poèsie n'a pas de culture , en tout cas ce cher alfred a eu des peines de coeur comme tous les romantiques
a bientot pour te lire
amitié didier ---
http://www.mespoemes.net/didou

lesprosesdeslim le vendredi 20 avril 2012, à 19:27
Cher Philip,
jeter ton "dévolu" sur un poète tel que Alfred de Musset est en soi une grande qualité de choix autant que l'on pourrait opter pour un livre de Victor Hugo dans le but d'y préserver une rose séchée...(référence au joli poème de Larose).
Ce n'est pas seulement le coeur saignant que l'on livre allègrement à l'amour mais c'est aussi toute notre âme, notre personne, notre vision de la vie...Même, nos pas de tous les jours, les jours et les nuits, notre semblant d'équilibre n'appartiennent en fait qu'à l'autre dans les yeux de qui on apprend de nouveau une lecture toute différente de la vie.
Ton poème est très bien écrit. Il déshabille le poète jusqu'au dénuement physique et moral le plus total, une allégeance du corps et de l'âme à ce point inconditionnelle que pour l'inculte en matière de poésie il reste finalement si peu de crédits à accorder aux grandes prouesses livresques de ce grand poète...
Visiblement, les poètes qui savent l'art "d'évoquer les minutes heureuses"(Charles Beaudelaire) et d'analyser profondément la passion classique d'amants célèbres et universellement chantés sont après tout les premières grandes victimes innocentes de ce grand besoin d'aimer. Merci cher Philip pour ta belle poésie. Amitiés. Slim.

Loïc le samedi 21 avril 2012, à 16:35
Pauvre De Musset découvrant que l'abandon amoureux ne suffit pas à la réussite amoureuse ! Révélation de collégien(ne), mais tellement universelle et portant sur un sujet tellement douloureux qu'on en fera encore des poèmes jusqu'à la fin des temps, parce qu'on ne pourra pas s'en empêcher. Je plaide coupable : je l'ai fait avec "Je Touchais Ses Cheveux", il y a presque un an maintenant...

En tous cas, tu as un sacré souffle dans ce poème, et de belles trouvailles ; je retiens :

"Votre cou d'opaline et de soie trop mêlée,
Ont fait trembler mon corps sans que vous fûtes là"

et "Ramasser les sequins perdus sous les tombeaux"

C'est du tout bon !

Par contre, quelques fautes :

-- "tant de sources ont coulÉ" (

-- Vers la fin, c'est "à l'envI" sans E

-- Au dernier vers, je ne vois pas à quoi correspond "sera", en l'abence de sujets singuliers, il n'y a que des pluriels ; "seront", non ? Ou tu peux dire "CE qui de mon coeur flétri sera la rancune"

-- Et enfin, je ne suis pas sûr, mais pour ce qui est de "d'opaline et de soie trop mêlée", tu ne voulais pas dire "mêléeS" ? L'opaline et la soie mêlées ? Ou est-ce seulement la soie qui est mêléE, dans le sens "emmêlée" ?

Amitiés Philip !

Marcek le dimanche 22 avril 2012, à 01:18
Un grand souffle poétique dasnces lignes qui révèlent toute la souffrance que ces grands coeurs romantiques portaient haut et fort, d'un verbe lumineux et flamboyant (je pense aussi à Hugo, partagé entre son amour pour sa femme Adèle et sa passion pour Juliette, amours qui s'adouciront peu à peu pour laisser place d'autres galantes aventures où il voudra tout simplement retrouver sa jeunesse !)
La passion de Musset pour George ne fut pas de tout repos, non plus que celle de Chopin pour la bonne dame de Nohant...irrésitible car elle aussi femme de passion et de passions !
Bravo pour cette évocation de Musset ce génie ensorceleur !

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le dimanche 22 avril 2012, à 11:11
A TOUTES ET TOUS LES AMI(E)S :
Pleins de commentaires de vous, merci. Je vais y répondre tranquillement. Patience, ne vous inquiétez pas. J'ai pris du retard. Amitiés. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le dimanche 22 avril 2012, à 11:25
Pour LOÏC :
Corrections faites, l'ami ! Pour "mêlée", il s'agissait bien de (fils de) soie "emmêlée". Pour le dernier vers, ce sont bien les sequins (pourquoi eux, et d'abord pourquoi des sequins, ah mystères de l'écriture automatique !) qui sont le sujet de....seront, bien entendu. Tu as vu, je progresse dans le "presque néo".....mais en renonçant toujours à faire l'épouvantable effort de supprimer un 7ème pied ou d'en rajouter un lorsqu'il n'y en a que 5 !!! One day ? A part ça, sur le fond je surfe sur une vague romantique comme c'est pas possible. Voilà que je me prends pour Musset. Ah, la douleur de l' amour, ce miroir à double face, douceur et souffrance tout à la fois. Nous connaissons tous. Amitiés Loïc. Philip, errant, le coeur battant, en veste de velours pourpre uni (oui, oui, j'en ai toujours une, que j'ai acheté à Carnaby Street, à la fin des sixties !!!), dans les allées du Jardin du Luxembourg.....
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le dimanche 22 avril 2012, à 11:31
Pour MARCEK :
Merci pour ton commentaire. Je ne vais pas tarder à aller jeter un coup d'oeil du côté des amours de Victor Hugo.....et même aller faire un tour dans sa maison, Place des Vosges, à Paris, pour me mettre dans l'ambiance (c'est sur ma ligne de bus qui s'arrête au pied de chez moi, et sa Maison est un des Musées de la Ville de Paris "gra-tuit !!!", on peut y aller quand on veut, tant qu'on veut. Peut être qu'en flairant ces mur j'y découvrirai quelque romance oubliée, ou secrètement cachée qui m'inspirera peut-être ? Frémissons coeurs romantiques !!!
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

Marcek le dimanche 22 avril 2012, à 12:22
Oh, le chanceux !
Je suis passée un jour Rue des Feuillantines et j'ai cru entendre les cris joyeux de Victor et d'Abel se mêlant à eux d'Adèle enfant qui venait jouer avec les deux frères...d'ailleurs Abel était follement amoureux d'Adèle et en a toujours voulu à Hugo de lui avoir ravi son amour !
Je te conseille la lecture des deux tomes écrits par Max Gallo consacrés à Hugo :
1 "Je suis une force qui va"
2 "Je serai celui-là "
Quel homme, mais quel homme !

philipchevalier le mardi 24 avril 2012, à 17:46
Pour MARCEK : ne t'avais-je pas dit que j'ai, et j'ai lu les deux tomes du livre de Max Gallo ? Bien, on va voir si mon imagination - qui parfois sait être fertile - saura imaginer en vers, quelques démêlées amoureuses du grand Hugo. Dis voir, question indiscrète, tu m'a l'air très érudite en littérature. Etais tu prof de français dans une autre vie ?

scorpionne le jeudi 24 mai 2018, à 11:57
Bonjour Philip,
Ah l'amour ! Un sujet universel mais que chacun(e) s'approprie pour en faire un texte unique. Heureuses ou malheureuses, les amours nous inspirent.
La phrase de Musset "J'ai livré aux bêtes mon coeur tout saignant" se marie harmonieusement à l'ensemble de ton poème. Félicitations !
Belle journée à toi Philip.
Bien amicalement,
Jocelyne

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