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Rue de la Bougie

le samedi 14 avril 2012, à 02:27. Posté par Marcek


Rue de la Bougie



Elle avait allumé mon âme
A ses quinquets.
Ses joues pâles,
Sous le voile
De ses cheveux noirs,
Disaient
Trop de choses tristes
Sur sa santé.

C’était minable,
Cette rue
Où les rats passaient,
Mais quelle ferveur
Sous ses paupières bistres !
Et j’ai craqué
Une allumette,
Pour le plaisir de ranimer
La flamme
De ses yeux blessés !

Dans la chambre
Où nous sommes montés,
Les rideaux sentaient la misère,
Mais comme son corps
Répondait à ma fièvre !

Nous avons pris le temps
De nous parler,
J’ai pris soin d’elle
Et de son âme .

Aussi, lorsque je l’ai quittée
Et que j’ai voulu glisser
Quelques billets
Sur la table,
Elle m’a dit,
Minois chiffonné,
Triste et pâle :
« Non,
Pour toi, c’est cadeau … »

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commentaires ( 12 ) (Ajouter un commentaire)
José le samedi 14 avril 2012, à 08:55
Beaucoup d'émotion et de tendresse tout au long de ce magnifique texte, jusqu'à ce rideau qui tombe à la fin sur une misère retrouvée. Amitiés.

marcek le samedi 14 avril 2012, à 09:53
Belle lecture sensible de ce texte que j'ai voulu bien évidemment respectueux de la misère !
Merci, José !
http://www.mespoemes.net/marcek

domidom le samedi 14 avril 2012, à 13:58
Magnifique ce poème, que de délicatesse et de sensibilité au travers de ces vers, comme quoi, dans le coeur de certaines personnes, les mots ont plus de valeur que l'argent...
J'ai adoré...
Amitiés....Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom

marcek le samedi 14 avril 2012, à 15:38
Merci chère Domie, pour ce plaisir de mots qui colore toujours tes commentaires ! Bon W-E !

http://www.mespoemes.net/marcek

oliverjane1950 le samedi 14 avril 2012, à 15:48
Il fallait bien qu'au bout de la rue aux pavés s'égaie une bougie, lueur d'espoir...et tout est bien ressenti dans ce texte. Ce qui n'a pas de prix vient essentiellement du coeur. Comme tu es parti tu vas nous sortir " les misérables " à la Marcek ! Et pourquoi pas un recueil de plusieurs dizaines de poésies nommé "La misère ", pour ne pas plagier notre grand Hugo ! Mes amitiés. Oliver
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950

marcek le samedi 14 avril 2012, à 20:14
Excellente idée, Oliver : j'ai pensé collecter tous les poèmes que j'ai déjà écrits sur la misère et les situations critiques hélas de plus en plus fréquentes...
Oui, ne plagions pas notre cher Victor, dont je ne peux lire certains poèmes d'ailleurs sans verser des larmes !
http://www.mespoemes.net/marcek

Larose le samedi 14 avril 2012, à 20:48
bonsoir poétesse je suis encore émue par votre écrit, beaucoup de lucidité dans votre plume!
amitié!

didou le dimanche 15 avril 2012, à 08:06
--Bonjour marcek la rue des plaisirs mais les souris et les rats qui se font plaisir ne sont -ils pas dans cette rue une faune a part entière j'ai apprécie beaucoup ce texte fort....--
http://www.mespoemes.net/didou

marcek le dimanche 15 avril 2012, à 13:15
Merci larose et merci Didou, de votre promenade nocturne dans ma sinistre ruelle !
Bon dimanche au chaud !
Bisoushttp://www.mespoemes.net/marcek

Loïc le samedi 21 avril 2012, à 16:05
Un cadeau quand tout se monnaye (surtout le commerce dont tu parles), c'est un don incroyablement précieux, et sans doute inattendu. La fin de ton poème fait penser à la découverte d'un trésor, petit et sans superbe immédiate, mais dont on se souvient.

Et ça me rappelle une chanson de mon groupe fétiche, Marillion (sans qui je ne me serais pas lancé dans la poésie, et à qui je rends hommage dès que je peux, comme ici ) : la chanson est "Bitter Suite", et j'ai déjà eu l'occasion d'en parler sur Mespoemes. Les dernières strophes sont (et je traduis ensuite) :

"The sky was Bible black in Lyon,
When I met the Magdalene
She was paralyzed in a streetlight
She refused to give her name

And a ring of violet bruises
They were pinned upon her arm
Two hundred francs for sanctuary and she led me by the hand

To a room of dancing shadows where all the heartache disappears
And from glowing tongues of candles I heard her whisper in my ear
’j’entends ton coeur’, ’j’entends ton coeur’
I can hear your heart, I can hear your heart, I can hear your heart
Hear your heart
I hear your heart"

Trad :

"Le ciel était d'un noir de Bible à Lyon
Quand je rencontrai la Magdalene
Elle était paralysée sous un lampadaire
Elle refusa de dire son nom

Et un arc de bleus violets
Etaient inscrits sur son bras ;
100 francs pour un sanctuaire
Et elle me prit par la main

Vers une chambre d'ombres dansantes
Où les chagrins d'amour disparaissent,
Et venant des langues rougeoyantes des chandelles,
Je l'entendis murmurer à mon oreille :
"J'entends ton coeur
J'entends ton coeur..."

Le chanteur/compositeur du groupe, un surnommé "Fish", est le genre de poète maudit qui parle incessamment de ses expériences personnelles souvent très discutables, avec une tendresse qui mêle la décadence à la passion, avec une verve poétique et un vocabulaire saisissants. Si tu parles anglais, Marillion est incontournable ; sinon, simplement écouter leur musique sans comprendre les paroles prive de 90% de l'extraordinaire expérience.

Amitiés !

marcek le samedi 21 avril 2012, à 18:39
Bon, alors, on fait un marché, Loïc : j'écoute une chanson de Marillion, je t'envoie le texte et tu me le traduis ! LOL!
Mais tu me donnes envie de le découvrir, car la lecture de ta traduction m'a donné la chair de poule !
Elle rejoint tout à fait le message de mon poème !
http://www.mespoemes.net/marcek

Loïc le mardi 24 avril 2012, à 02:20
Pas de problème, surtout que j'ai déjà traduit la plupart de leurs chansons ; exercice très difficile, parce si les paroles des chansons pop sont les mêmes en anglais et en français, les paroles poétiques complexes, elles, sont coton à traduire. L'anglais pratique une économie de mots par rapport au français qui fait qu'on peut avoir besoin de 10 mots pour en traduire 3, ce qui fait que le résultat a l'air lourdaud par rapport à l'original... Je me souviens de la fois où j'ai moi-même écrit un poème en anglais ("The White Walls", sur Cellox) que j'ai ramé à traduire correctement en français ; j'étais obligé d'avoir recours à des notes en bas de pages pour expliquer les subtilités...

Pour Marillion, j'ai oublié de préciser : le poète de génie dont je parle, Fish, n'a été avec le groupe qu'entre 1981 et 1987. Après, le chanteur/compositeur n'est plus le même, et ça se voit.

Si tout ça te titille, vois sur Youtube "Hotel Hobbies", "Warm Wet Circles" (c'est cette chanson à elle seule qui m'a fait prendre la plume en 2002), "Bitter Suite" dont on parlait (qui s'ouvre sur un poème non chanté), ou le mammouth "Blind Curve". Par contre, si tu n'as pas été nourrie au Genesis époque Peter Gabriel ou au Pink Floyd époque Waters, le style musical extrêmement spécial, varié, inclassable, va te faire drôle... ainsi que la voix de Fish...

Enfin tu verras bien si tu survis. Pour la traduction des paroles, c'est quand tu veux !

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