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Sur le trottoir

le mercredi 28 mars 2012, à 01:16. Posté par Marcek


Sur le trottoir






Sur le trottoir graisseux d'une ville lumière
J'arpente le bitume et marche à petits pas
Sous ma jupe fendue on voit ma jarretière
Lanière de cuir noir qui agrippe mon bas

J'en ai vu défiler sous ma jupe légère
J'en ai vus tant et tant, je ne les compte pas
Dans les hôtels honteux de la ville lumière
Je mène au bord des lits, ma vie, comme un combat

Mais celui que je veux, jamais je ne le trouve
Afin de l'aguicher j'exhibe mes appâts
Ma gorge est de satin ,ma crinière est de louve
Perchée sur mes talons, je tangue à petits pas

Je m'éloigne parfois des lumières factices
Car je sais qu'il ne veut pour sortir, que le noir
Je cherche un coin perdu, une porte complice
Et j'écoute longtemps à l'écho d'un espoir

Dans mes filets tendus viennent poissons en nombre
Existences paumées , gibiers que je rabats
Je voudrais tant un soir apercevoir dans l'ombre
Son étrange beauté sous le grand chapeau noir

Qu'il vienne mettre un terme à ma désespérance
Qu'il s'en vienne faucher mon corps vers l'au-delà
Mais le jour a conduit la nuit en transhumance

L'Ankou ne viendra pas !

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commentaires ( 18 ) (Ajouter un commentaire)
marcek le mercredi 28 mars 2012, à 01:57
Personnage revenant souvent dans la tradition orale et les contes bretons, l'Ankou (an Ankoù) est la personnification de la Mort en Basse-Bretagne


http://www.mespoemes.net/marcek

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 28 mars 2012, à 08:49
Emouvant, pudique et poignant à la fois, poème sur celles que l'on appelle "les filles de joie". Je me demande bien où est la joie. Je pense que tu avais lu le poème de Baudelaire que j'avais publié "Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre" qui parlait d'une pauvre prostituée "la Louchette". Si non, tu va le chercher dans la liste de mes poèmes. Ton "sur le trottoir" est plus une vision "de l'intérieur" où l'on y rencontre toute la désespérance jusqu'à l'envie libératrice de la mort. Et oui, on ne peut tous les jours chanter le Printemps. Pour ces femmes d'ailleurs, il n'y a sans doute jamais de Printemps dans leur vie. Amitiés. Philip.

José le mercredi 28 mars 2012, à 08:57
Un très beau texte empathique... et cette allusion à l'Ultime amant, amenée dans le mystère, donne plus de force et d'émotion encore. Amitiés.

oliverjane1950 le mercredi 28 mars 2012, à 10:20
Chère Marcek.
Le texte est une image. Il se suffit à lui-même. Eh oui...le travail à la chaîne existe toujours ! Et ceux qui en profitent n'ont pas de nom ! ou si honteux... qu'on ne peut le prononcer. Dans un monde imparfait ces femmes ont leur utilité...et par conséquent un droit de ne pas être mal traitées et malgré tout un certain respect comme tout être humain car sans demande... elles ne proposeraient pas leurs faveurs. Chers messieurs prenez vos responsabilités !!! Amitiés.
oliver

Vesta le mercredi 28 mars 2012, à 10:52
Un joli texte, émouvant et comme dit Philip pudique. Amitiés

Thierry (Agrippa) le mercredi 28 mars 2012, à 11:00
Magnifique texte !

domidom le mercredi 28 mars 2012, à 11:11
Emouvant, un beau texte qui met à nue la vie de ces femmes qui sont obliger de vendre leur corps, souvent par obligation....
J'imagine combien ça doit être terrifiant, se donner à des inconnus qui même vous apportent de la répulsion, se donner sans amour pour souvent enrichir des proxénètes, comme dit Philip, où se trouve le plaisir et la joie, moi aussi, je pense qu'il n'y a ni bonheur, ni printemps pour ces pauvres femmes....
Très bien écrit...
Amitiés....Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom

larose le mercredi 28 mars 2012, à 11:37
Bonjour Marcek!!!
Merci pour ce magnifique poème qui s'abreuve mon coeur!!! Un poème émouvant et poignant!!!! Bonne journée à vous
Bise

Loïc le mercredi 28 mars 2012, à 15:14
Voilà un poème dans lequel je ne fais pas attention au personnage spécifique de la prostituée ; j'y vois plutôt une longue métaphore sur la fatigue de vivre et l'envie d'en finir. Après tout, il n'y a pas que les prostituées qui accumulent tant d'expériences sans valeur qu'elles en deviennent désabusées... La vie s'allonge et la mort traîne !

Une note : normalement, "j'exhibe mes appâts" devrait s'écrire "appas" (= atours), mais tu as peut-être voulu faire un jeu de mots avec le vocabulaire de la pêche, ce qui s'y prête vu l'avant-dernier quatrain !

Amitiés !


marcek le mercredi 28 mars 2012, à 23:45
Philip, oui, bien sûr, j'ai lu et relu le poème de Baudelaire qui sous la déchéance voyait la beauté de l'ange et savait en parler à une époque où ces choses là ne se disaient pas ! D'autant plus courageux !
Méprisées, avilies, au cours des époques successives, il a fallu un Baudelaire ou un Toulouse-Lautrec pour en parler avec tendresse !

http://www.mespoemes.net/marcek

marcek le mercredi 28 mars 2012, à 23:48
José ta réflexion rejoint celle de Loïc qui a bien vu le désir de mort, la lassitude et la désespérance d'une existence vouée à la destruction...

http://www.mespoemes.net/marcek

marcek le mercredi 28 mars 2012, à 23:56
Oliver, leur situation a sensiblement évolué, heureusement, grâce aux témoignages de femmes courageuses qui
par l'intermédiaire des médias ont alerté l'opinion sur leur statut de femmes expploitées pour la plupart et sans aucune couverture sociale : là, nous sommes en retard sur bien des pays, mais on ne pourra régler tous les problèmes et en particulier ceux des "travailleuses" venant des pays de l'Est qui en sont encore à l'esclavagisme et aux mauvais traitements les conduisant souvent à la mort !
Le marché du sexe a toujours été un marché juteux pour certains profiteurs...et tant que le monde sera monde...

http://www.mespoemes.net/marcek

marcek le mercredi 28 mars 2012, à 23:57
Vesta, Thierry, merci pour vottre appréciation...
Amitiés à tous deux.

http://www.mespoemes.net/marcek

marcek le jeudi 29 mars 2012, à 00:00
Domie, ce qui est impensable, c'est que des jeunes soient mainteant obligés de se prostituer pour payer leurs études ou leur loyer...certains reportages à la télé nous informent de ce problème hélas bien actuel !
Quelle tristesse d'avoir ainsi à se vendre !
Bisous à toi http://www.mespoemes.net/marcek

marcek le jeudi 29 mars 2012, à 00:03
larose, que l'on aimerait parler toujours d'amour et de printemps dans un pays enchanteur, mais hélas, la réalité nous rattrape parfois et nous oblige à témoigner de l'impensable

Bisous bisous

rhttp://www.mespoemes.net/marcek

marcek le jeudi 29 mars 2012, à 00:05
Très finement analysé, Loïc : désespérance, mal de vivre, souhait d'en finir : oui, c'était le message...quant aux appâts, on ne peut finalement rien te cacher !
LOL!
http://www.mespoemes.net/marcek

tristamourir le jeudi 29 mars 2012, à 03:22
Voilà une triste réalité qui est magnifiquement bien poétisée.
Amitiés...TTM
http://www.mespoemes.net/tristamourir

marcek le jeudi 29 mars 2012, à 10:48
Merci de ton passage, TTM !

Bonne journée !

http://www.mespoemes.net/marcek

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