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Cruelle est la Guerre
La pluie tombe fine et serrée
Lui rappelant son triste passé
Il marche voûté
Sous le poids des années.
Il a peur !
Le bruit d’un passant attardé
Le fait sursauter
Il pense « si l’on me reprenait ».
Il est seul, perdu
Parmi ces gens inconnus
A qui se confier
Qui d’ailleurs comprendrait.
Il ne connaît pas le bonheur
Des années durant
Les privations et la maladie
Ont eu raison de cette force
Qui était en lui.
Il aurait pu aimer
Fonder un foyer
Il n’ose rien demander
Dieu semble l’abandonner.
Son camarade laissé mort sur la route
Tandis qu’à l’armée, c’est la déroute
Celui qu’il aimait comme un frère
Est resté là-bas, où l’on entend encore
Le bruit des canons de la Guerre.
Il va, errant, l’âme en peine
Il se trouve dans une immense plaine
Des gens autour de lui
Courent insouciants
Lui reprend son chemin
Sans but, tristement.
Il va par les monts, par les routes
S’éloignant de ce frère
Qui se repose sur la route
Il continue son chemin
Vers un avenir lointain.
Cet avenir lointain
Viendra lui sourire, enfin
Il retrouvera ce calme
Et cette sérénité
Qui, quand il était prisonnier
L’avaient brusquement quitté.
Eléna (15/02/1963)
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