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(Pour Imparfait, Lola, Estrella et tous les ami(e)s amoureux de l'Espagne)
Bercé des granados langoureux et sveltes,
Qui résonnent, assoupis, comme un parfum de fleurs,
J’ai laissé loin de moi, mes légendes celtes
Pour te revoir enfin, Andalousie, mon cœur.
Sur le Guadalquivir, ô fleuve impétueux,
Je me suis endormi, je n’avais plus de rêves,
D’un fiacre cordoban, le trot tumultueux,
A guidé la mesure de soleàs si brèves.
Le ciel était si pur sur les toits de Séville
Qui bruissaient de soleil à perdre leur raison
Les femmes étaient si belles, parées de leur mantilles,
Sur les allées de oro, passent les saisons,
Ne m’as-tu oublié, Granada la fière,
Quand de ces fandangos, tu venais m’étourdir
Du cœur de la gitane, tu étais si altière
Et j’étais si ému, te perdre à en mourir.
La lune ruisselait sous les rangées de fleurs,
L’Andalousie dormait, je te donnais mon âme,
Loin là-bas, ton pas lent et ton regard rêveur,
Se rapprochaient de moi, tissant déjà la trame.
Ces songes catalans ont su rejoindre un jour,
Mon exil assoupi, écrasé de soleil,
Espana, mon amour, ne crains pas mon retour,
Je suis ensorcelé, enfin je me réveille.
Dans mes brumes du Nord, aux froids nés du malheur,
Mon cœur rugit encor, quand s’apaisent les vents,
L’accent de tes guitares aux arpèges flatteurs
Soulève ma ferveur, fortifient mes serments.
Seul, sur mon Jardin de Lune je rêve et je chante Garcia Lorca :
La luna del azul
No se ve en las ferias
Se vela suspirando,
Lunas, bailan en los cristales,
Y algunas se detienen
Sobre los nubarrones
De la charanga.
(La lune de l’azur
Ne se laisse pas voir à la fête,
Elle se voile, elle soupire.
Lunes dansant aux vitres.
D’autres se posent
sur les nuages lourds
de la fanfare)
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