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…..Herbier de la Mémoire, les fleurs conservées et fanées disent la Garde,
Disent l’Oubli…..
…..Miroir de l’Autre et de moi-même, je suis et traque malgré moi, sur les Corps,
Sur les Visages, dans la mussitation tragique des Paroles, les Effets tragiques de l’Âge……
…..Couloirs, rangées d’archives, rôles, registres, feuilles, dans la poussière des Années: échanges infinis, l’infini Contentieux……
…..Une torche enflammée depuis l’Immémorial, de mains en mains, éclaire, réchauffe, brûle le Sens, alternativement s’éteint et se rallume……
…..Nous cherchons tour à tour un Sol ferme où fonder, la Dureté des Socles mais des barques légères nous tentent qui s’éloignent, au gré des vagues, Mouvance, Inconsistance…..
…..Ô Guetteurs insomniaques, votre tâche est à l’image du tourment des Danaïdes, tour à tour épiant l’Ennemi ou l’Ami ……
…..La Peur et l’Insomnie défient l’équerre et le compas: Incommensurabilité et Démesure de ce qui est venu et de ce qui arrive……
……Trop proches et l’Intenable nous meurtrit: il brûle. Trop lointains, le Dépérir, la Glaciation. Quant à la bonne Distance, elle ne nous guide en effet que lorsqu’il est déjà trop tard…..
…..Dans l’Abandon, pour l’Abandon, il manque en vérité mais justement, un Dire qui ne convienne plus, qui ne rassemble plus les Idéalités ni les Essences ou parlons-nous déjà depuis toujours cette Parole très ancienne à venir, gorgée d’Esseulement, de Liberté: polyglossies, polygraphies: étincelles , Courage?…..
…..Les Rêveries, les Œuvres, portent peut-être en elles une Ville invisible….Habitons-nous le Cœur, les Marges ou les ruelles menant du Cœur aux Marges?……
…..Les yeux levés, la nuque renversée, Icare s’élance et monte, encore guidé, puis dans l’ivresse du Soleil, pris au Jeu. Sa Chute abandonnée dessine dans le Ciel une myriade de figures pathétiquement belles: tour à tour flamme, oiseau, pierre et fleur, visage, iris, voile, pantin ou aile, homme-femme, elfe, naïade, volutes et courbures, enfant, berceau, flèche, feuille, statue, athlète, labyrinthe, arabesques. Descendant, il s’invente, il s’accomplit dans la Merveille de son corps, seul et nombreux. Tragique et multiforme, artiste de lui-même. Et s’il périt, il faut imaginer Icare Heureux. Il nous résume…..
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