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Dix mois de coma ont patiné la question
De savoir à qui revient la terrible faute,
Est-ce celle du brusque zigzag du camion,
De la moto folle, éjectant son pilote ?
Sur son lit blanc d’hôpital, les paupières closes,
Ses longs soupirs insufflés par une machine,
Ses veines ouvertes aux apports de glucose,
Où est-il, sur quel train se peut-il qu’il chemine ?
Est-il, sans boussole, égaré dans ces brumes
Où les ombres sont d’étain, où l’on est poussière ?
Est-il serein, loin dans ces éthers qui s’allument
Dit-on, lorsque la conscience n’est que lumière ?
L’obsédant leitmotiv gouverne le regard
De celle qui presque chaque jour vient le voir,
Auquel ne répondent, indifférents bavards,
Que les instruments, dans ce tamisé dortoir.
Pourtant chaque fois, elle caresse ses mains,
Y joignant la parole de son cœur brisé
Qui dit qu’il attend, en colmatant les matins
Qui les séparent encore, de leur fossé.
Cette grande force, parfois teinte de doutes,
M’a bouleversé, pris aux tripes l’autre soir,
Car son homme semble comprendre, il l’écoute
Et revit, sous ses longs baisers mouillés d’espoir.
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