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Spleen d'Automne

le vendredi 11 novembre 2011, à 17:11. Posté par Philip de Berg


    Au-delà des îlots tranquilles où s’amassent sans joie
    Des paysages lents qui s’évaporent,
    Défilent les notes blêmes, les chants sans voix
    Des bras frêles des sémaphores.

    Ils n’indiquent ni le large au goût de sel,
    Ni l’appel vainqueur des fourbes horizons,
    Mais les chemins terreux qui montent jusqu’au ciel
    Où s’arrête un instant le voyageur sans illusion.

    Alors, j’irai comme un pauvre enfant pâle,
    Vers ces havres d’Orient où suinte la Lumière,
    Susciter des princes, des diamants, des opales,
    Ou des secrets gardés de fiers visionnaires.

    Et je danserai dans la timide froideur des glacis,
    Mille et une gigues comme ces barbares aberrants
    Qui dans leurs souffrances dignes, pleureront aux soli,
    En regrettant les steppes et les voix lasses d’antan.

    Je jalouserai enfin leur impétueuse audace,
    Leur dérisoire orgueil à nul destin pareil,
    Leurs regards matois à l’appétit vorace,
    Pour m’endormir enfin au déclin du soleil.

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commentaires ( 10 ) (Ajouter un commentaire)
Loïc le vendredi 11 novembre 2011, à 21:58
Je repasse en tant que membre (et au fait, j'ai lu et répondu à ton intervention sur "Fonctionnement".)

Au poème : un sens de demi-vie désirée mais considérée quasiment irréalisable (bah, sinon ce ne serait pas un "spleen" !) recouvre l'ensemble, avec une impression d'équilibre fragile, entre ce qui est, ce qu'on veut, et ce qu'on estime possible.

Tu devrais aller lire les spleens de Thierry ( htt://www.mespoemes.net/cauria ), qui écrit de façon très similaire.

Amitiés Philip !

http://www.mespoemes.net/cellox

mandoespartero le dimanche 13 novembre 2011, à 13:28
La lumière qui rehausse l'élégance d'un chagrin...De la vraie poésie, sans fastes ostentatoires...
J'aime les murmures offensés de ce verbe qui complète l'existence des mots vrais.
Merci de ce bonheur!
@rm@nd

domidom le dimanche 13 novembre 2011, à 21:42
Tout un programme à travers cet écheveau de rimes...
Votre dernier quatrain est très audacieux, après la jalousie, la dérision et les regards matois, arrive la paix au travers d'un sommeil bien mérité...
J'ai adoré vous lire...
Amicalement...Domie...

oliverjane1950 le samedi 28 janvier 2012, à 11:57
Oui Philip, le mot " Dieu " est important pour le croyant. Bien que je sois non pratiquant. A mon sens... l'important, n'est pas de savoir en qui l'on croit ! Mais COMMENT on y croit, ( c'est dans cette subtilité qu'est le divin ou pas ) Car certains croyants n'en sont pas dignes, mais mentalement le croient. Et des non croyants, comme les humanistes peuvent être divins. C'est très complexe. Quant à savoir si Dieu est, pas de misère...mis à part les catastrophes naturelles et les anomalies génétiques ( qui sont horriblement pénibles ) nous sommes responsables de nos actes. Si le mot Dieu devait tout faire, nous nous plaindrions de ne pas être Libre. Ah ces humains...Tu sais , les mots...on leur fait dire ce que l'on veut. Nous poètes, nous le savons que trop bien. Tout ceci n'est que abstractions intellectuelles. A l'origine pas de mots, pourtant... le bien et le mal existaient, ainsi que l'Amour, la haine, que dire encore...Ce mot, Dieu, l'avons-nous bien compris ? La perception que tu as du monde est pourtant divine...que tu crois ou pas. Toutes les religions sont belles dans leur essence. Il faut comprendre leurs différents langages et l'on se rend compte que c'est la même chose ...avec d'autres mots, d'autres métaphores, d'autres paraboles en fonction des multiples mentalités... pas encore ouvertes au Spirituel. C'est un sujet qui me passionne... car il n'a pas de réponse exacte. Il ne peut pas y en avoir, et c'est très bien ainsi. Mais dans ces recherches intérieures, l'égo est soumis à rude épreuve ! il est tenace le " gars "!!! Amitiés...
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950

oliverjane1950 le samedi 28 janvier 2012, à 12:04
Les quatre saisons ont leur charme. Mais le printemps et l'automne sont plus facile à vivre. L'été et l'hiver reflètent nos excès, infernales quand ils nous montrent leur nature respective. Amitiés.

ptiteliline le jeudi 25 juillet 2013, à 12:08
Incroyable poème, bravo ! Je n'ai les mots pour le qualifier.

Nadore le jeudi 25 juillet 2013, à 12:09
Magnifique poème, bravo ! Je n'ai les mots pour le qualifier.

Marie-Anne Keppers le lundi 18 janvier 2016, à 19:05
Philip bonsoir, Bien triste nouvelle que tu m'apprends... Si si je m'inquiète car en te lisant Un infarctus à 28 ans... Est-ce le même médecin qui t'a ausculté à cette époque là et celui qui te suis maintenant ? Si tu m'en avais parlé avant d'aller à l'hôpital faire une batterie d'examens, je t'aurais conseillé d'aller voir deux autres spécialistes dans deux villes différentes... Si ils te parlent d'opération, ce qui ne m'étonnerais pas, va voir d'autres spécialistes sans trop dire quoi que ce soit. Tu vas peut-être être étonné... On m'a trouvé pas mal de chose, j'ai été voir ailleurs et je n'avais rien. Dont un cancer du sein avancé et un angiome au cerveau en 1996. C'est à toi de voir, franchement, c'est pas marrant. Je te dis cela parce que toi même tu te poses des questions, te sentant en parfaite santé... Amitiés bisous et à jeudi, dit moi la suite.
Marie-Anne

scorpionne le lundi 30 avril 2018, à 12:00
Bonjour Philip,
Il y a, certes, de la mélancolie dans ton poème, mais j'y décèle également de l'espoir ("où suinte la lumière" / "je danserai") et une certaine sagesse, voire sérénité (le dernier quatrain).
Belle journée à toi !
Poétiquement,
Jocelyne

Philip (Jardin de Lune) le lundi 30 avril 2018, à 13:10
Pour JOCELYNE :
Bonjour Jocelyne.
D'abord merci d'être passé lire mn tout premier poème écrit sur le site.
Bonne analyse que tu as faite de mon écrit. Si, d'aventure, tu parcours quelques uns de mes poèmes écrits ces dernières années, tu verras que, grand admirateur de Baudelaire et Verlaine, je me suis accaparé très souvent dans l'écriture, cette mélancolie si particulière à laquelle on a donné le nom de "spleen".
Mais en fait, ce n'est qu'une question de tonalité. Le poème n'a rien en soi de pessimiste.
Encore merci d'être passé me lire.
A bientôt. Poétiquement. Philip

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