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Le grand théâtre a rouvert ses portes ,
La rampe s'allume...écoutez le piano-forte .
Il s'est drapé de rouge et or ...
Et vibrent les cordes du pandore .
L'escalier de marbre , vieilli par le temps ...
Et quelques gammes par la flûte de pan .
Ce soir , dans le grand théâtre , on ne joue point .
Violons et violoncelles se sont rejoints .
Les planches revivent , c'est une nouvelle saison ,
Cordes et vents se mettent au diapason ...
Pendant qu'en coulisses , à grand fracas ,
S'accordent flûtes et balalaikas .
Le rideau de satin pourpre est chargé d'émotion , il frémit ...
Le hautbois ne donne pas le "la"...mais le "mi" !
Ce soir on ne joue pas la commedia dell'arte .
Du prestissimo...à l'andante...
Les notes s'envolent , se mêlent et se marient
Pour exceller dans un éclatant pot-pourri .
De Strauss à Berlioz en passant par Vivaldi , Ravel ,
Valse , symphonie et boléro nous donnent des ailes !
Pas de contre-temps , pas de fausses notes ,
La baguette du Chef virevolte
Avec brio et maestria ...
L'auditoire exulte dans un dernier Gloria .
La symphonie est achevée...la fosse se lève ,
Fauteuils et strapontins se soulèvent .
La salle est en liesse , des fleurs pleuvent sur la scène .
Le rideau tombe et chacun de fredonner sa cantilène .
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