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Soudés les uns aux autres, attachés par le petit doigt ou agrippés aux bras de leur voisin,
Ils sont venus de la mer, ou ils sont venus du ciel, par trois souvent, tout seul parfois,
Et dans l’espace de cette danse, de cette incantation, de cette litanie païenne d’une foi
Articulant dans l’allégresse concentrée les huit pas marquant ce labeur pour leur pain :
Du foulage de la terre, du battage du blé, de l’assemblage des forces communautaires.
Hommes et femmes, jeunes et vieux, marins et paysans, vierges et maquerelles unis dans ce rite
Contre la fatigue du corps, la lassitude de l’âme, les folies de l’esprit et tous ces nouveaux mythes
Dans la sérénité douce de cette fête de la nuit qui dans la joie des cœurs redonne la lumière.
Un pas de côté, un pas en arrière, un pas en avant, un pied qui se lève
Un pied qui frappe le sol, une jambe qui dessine un cercle, sans science,
Dans la répétition de ces mouvements, ainsi chacun apprend la patience,
Pour soutenir son voisin, lui succéder, le relayer jusqu’au jour qui se lève.
Cette unité célébrée dans la créativité des musiciens et des danseurs,
Dans cette liberté d’expression essentielle à chacun, même austère,
Construit les fondements d’une cathédrale apaisante, pierre angulaire
D’hommes et de femmes résolus à vivre droits malgré toutes leurs peurs.
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