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J’ai presque oublié mon village,
ses printemps se sont ridés,
et je vois tourner comme une page
noircie de rêves évadés.
Il nage dans l’air un adieu,
tout revient, pauvre et si flou,
un chant tragique, un aveu.
Il berce parfois une insomnie,
ses rives sont écorchées,
puis je marche en son infini,
indéfinissable passé.
J’ai presque oublié mon village,
là bas, au fond de ma mémoire,
où vibre comme une image,
Puis des cris d’oiseaux
dans un ciel évanoui,
emportant leur fardeau
aux sources de la nuit
il est si tard
il est si loin
mon village
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