Onirisme quantique

 

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LA BAUGE description d'un lieu de travail

le mardi 20 septembre 2011, à 17:19. Posté par ange&lis


    LA BAUGE
    Chronique du 16 juillet 2011

    Ô, administration, Ô, mère nourricière,
    Pourquoi m’as-tu jeté, ainsi, dans la poussière ?

    Sous les neiges d’Antan,
    Depuis bien trop longtemps,
    Notre administration paraissait immobile,
    Produisant des décrets souvent indélébiles
    Ou bien des arrêtés, difficiles, d’abord,
    Qui jettent le lecteur, de bâbord à tribord…
    Mais l’administration a fait son analyse
    Et a pu constater la lourdeur qui l’enlise…

    Elle a donc décidé,
    Un jour, de dérider
    Toute cette lourdeur qui mine et qui sclérose,
    Recherchant un Éden, où fleurissent les roses…
    Elle a donc décidé, sous quelque idée habile,
    De beaucoup s’ébrouer… pour devenir mobile…
    Alors, elle a bougé ses lieux et ses agents
    Vers des cieux encombrés, souvent peu engageants…

    J’ai tellement bougé
    Que j’en reste affligé…
    J’ai changé, tant de fois, de bureau ou de site :
    Mobilité sans fin, en pénombre illicite…
    Et puis, j’ai entendu que l’on criait « Haro »…
    Et puis, j’ai échoué… vers mon nouveau bureau…
    Et, une fois encore, un changement d’herbage
    M’a permis de franchir… un douloureux jambage.

    J’arrivais en héros…
    Dans mon nouveau bureau…
    Mais la vue du local tarit mon enthousiasme,
    J’entrai là, suffocant, entre vermine et miasmes ;
    Flottait dans ce bureau, l’odeur du rat crevé…
    Qui, voulait me meurtrir ? Qui, voulait m’achever ?
    L’endroit, hallucinant, étreint de pestilence,
    Reflétait des combats de grande violence…

    Le sol du cagibi Accueillait des habits,
    Des souliers, des objets… perdus… à l’aventure,
    Des flots de matériels, de vieilles nourritures.
    Je me trouvais alors, dans ce vieux cagibi
    Qui dût être peuplé, jadis, par des « Gibis »
    Ou par quelques « Shadocks », issus d’un autre monde,
    Ayant mis, en ces lieux, leurs empreintes immondes…

    Des piles par milliers
    Erraient prés des piliers…
    Un vieux bouquet de fleurs, sorti d’un cimetière
    Achevait de flétrir, au bord d’une litière.

    Dans un coin, à l’écart,
    Trônaient quelques placards
    Servant de fondement à une pyramide,
    Coiffée de cartons gris et de vieux linge humide…
    Ce fragile édifice, élevé en corbels Paraissait aussi haut que la tour de Babel. Je contournai la tour… d’exil… en contumace, Dans ce Capharnaüm, à l’oppressante masse….

    Je restais oppressé…
    Je fus même blessé
    Par la chute imprévue d’un litron d’orangeade
    Que le temps laissait là, comme une galéjade…
    Entre les vieux écrans et la boite à outils,
    Une truie n’aurait pu retrouver ses petits !
    C’était donc mon bureau… issu des jongleries :
    Une bauge, innommable… et une porcherie…

    Comme tous les gorets,
    Un jour, je partirai…
    Allant de bauge en bauge, un groin rasant la terre,
    Cherchant d’autres bureaux, dans d’autres ministères…
    Puis, j’aurai, je le crains, quelque autre détention,
    Qui viendra estomper ma belle prétention…
    Ainsi, va notre État, dans sa fougue indécente,
    Entraînant ses agents… en ballade incessante…

    Mais, l’administration,
    Menant sa réflexion,
    Constatera, plus tard, son irréelle enclise Enclise : nf liaison de sens, assez banale
    Et dira, au divan… de la psychanalyse :
    « J’ai réformé beaucoup… et j’ai beaucoup bougé… »
    « En bougeant chaque jour, je n’ai rien su changer… »
    Ainsi, va notre État, en réforme agréable,
    Qui bougent ses agents… sur un socle immuable…

    Ainsi, va notre État,
    Déplaçant de gros tas…
    Voyez ce ministère, au nom qui gesticule Voyez-le s’agiter, auprès de monticules…
    Ainsi, va notre État, dans toute sa splendeur,
    Ratissant en surface… et pas en profondeur…
    Ainsi, va notre État, en marche décidée,
    Effondré sous le poids de ses propres idées…

    Or, sous son lourd habit, trop caparaçonné,
    Aucun vrai changement ne sera façonné…

    Ô, administration, Ô, mère nourricière,
    Pourquoi m’as-tu jeté dans cette souricière ?


    © Gérard ANGELIS – Onirisme quantique - juillet 2011

    Proverbe : changement d’herbage réjouit les veaux
    Jambage : colonne, encadrement de porte…
    Cagibi : petit local servant de débarras
    Shadocks, Gibis : dessin animé de la télévision des années 70 ; Les shodocks pompaient….
    Corbel : encorbellement, surplomb
    Babel ou Babil : Babylone – ziggurat haut. 90m
    Contumace : En l’absence de l’accusé
    Capharnaüm : lieu de désordre et de débauche
    Bauge : Lieu de vie des sangliers et des porcs
    Caparaçon : Médiéval - ornement protecteur





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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
domidom le mardi 20 septembre 2011, à 21:19
Bonsoir Ange...
Voilà un poème qui ne manque pas d'intérêt, et que moi, personnellement , je trouve très réaliste et tellement bien écrit....
Afin de mieux le comprendre, j'ai commencé par lire tes annotations, ceci, pour m'éviter de me perdre dans ma lecture, un seul mot m'était inconnu(Bauge) , chez nous, on dit, (borge), mais c'est sans doute du patois...
J'ai aimé te lire...
A bientôt....Domie...

domidom le jeudi 22 septembre 2011, à 11:42
Merci pour le partage...
A bientôt...Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom

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