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J’écris dans le jardin d'une aube susceptible
Où se côtoient au ban le rosé de son teint
Et le songe brumeux à peine perceptible
D'un poème effleuré, au coeur jamais atteint.
L'automne foisonnant dans ses nuances plonge
Un rayon de soleil qu'une invisible main,
Dans une volonté légère comme un songe,
Fait se pâmer la feuille et s'enchâsser le grain.
Sur l'arbre encor éteint, l'aile déjà frissonne
Sous le balbutiement des premières lueurs,
Que l'heure des clochers, au lointain empoisonne,
Par, l’égrènement d'airain des carillonneurs.
Aussi le paysan s'exalte dans sa ferme,
Et l'on entend tinter les maints bidons de lait,
Pendant qu'au poulailler on se bat pour un germe,
Et que l'émeute accroît l'aboiement qui traînait.
Je porte un regard neuf sur la vallée profonde
Où les pins que coudoient de rustiques vergers,
Accrochent des brouillards et toute la faconde
De nuages bêlants qu'éloignent des bergers.
Je dépêche pour vous cette carte postale
Afin que vos tourments viennent s'y reposer,
Et que demain peut-être une aube digitale
Effleure votre coeur et vienne s'y poser.

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