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Jouez, mon enfant, sur le décolleté de la vie
Pendant que se courbent les heures sur votre front,
Marchez, aux fulgurances de vos envies,
Ce dédale de promesses qui en l’aube se confond.
Effleurez les saisons qui gardent vos secrets
Et versez au souvenir pâle des fontaines
La tremblante image du temps de vos regrets,
Criez, riez, pour qu’au loin s’éloignent vos peines.
Vous êtes belle, mon éternelle enfant,
Quand s’émancipe la clarté, à la trouée du jour,
Où grandissent sans cesse les rumeurs du temps
Quand un matin cicatrise un ciel si lourd.
A l’heure fragile où rayonnent les promesses,
Où les songes vont, divaguant en vos nuits,
Apprivoiser leurs élans aux longues tresses,
Sachez en retenir leur parfum de vie.
Puis près de l’arcade où soufflent les vents mauvais,
Où dorment les roses, les souvenirs jaunis,
Fuyez aux rives étranges, leur douloureux portrait,
Et retenez cet infini, l’aube où meurt l’ennui.
Allez où grandissent sans peine les amours,
Et sous leur voile léger tout cousu d’or,
De vos lèvres où vient se poser le jour,
Murmurez le chant d’un éternel troubadour.
Vivez de vivre de cet air qui vous enivre,
Jusqu’à l’heure indécise des métamorphoses,
Gardez en vous un peu de cet enfant ivre
Mais surtout ne regardez pas mourir les roses.
A ma petite nièce
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