Thierry Demercastel ( poésie )

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Ne plus écrire

le dimanche 19 juin 2011, à 12:35. Posté par AGRIPPA



    Ecrire quand la nuit se fait passerelle,
    jusqu’au fond des yeux que la clarté délaisse,
    rimer avec le temps, des soupirs en détresse,
    écrire sur les pensées qu’effeuillent les heures,
    écrire sans savoir pourquoi, ici où ailleurs,
    des mots se mêlant aux mots jusqu'à dire les maux.
    Ecrire les choses, leur univers, en prose où en vers,
    et ranimer sans cesse ce qui fut, ce qui sombre,
    puis un jour, poser sa plume lasse
    sur le chant dévoisé des illusions,
    se remplir d’un silence comme ultime raison,
    ne plus chercher, juste s’abandonner à soi-même,
    ne plus être celui qui enchaîne les mots
    sur une page, dont les regards se détourneront.
    S’avouer à soi-même qu’il n’en restera rien,
    juste un livre froissé, un lit de poussière
    penché sur l’ourlé du temps en fuite.
    Ne plus écrire quand la douleur se fait plus sage,
    regarder au plus loin, au-delà de l’impossible,
    non, ne plus écrire ces mots bientôt orphelins,
    puis rester là à écouter le langage du vent,
    le laisser m’emmener où dérive l’existence,
    au cadrant désabusé de l’horloge,
    le voir murmurer en toutes choses, la vie.
    Ne plus écrire, ne plus rien attendre,
    juste écouter tout ce qui vibre, ce qui est,
    ensevelir les mots posés jadis,
    ne pas en chercher la raison.

<< Retour aux poèmes

 

commentaires ( 11 ) (Ajouter un commentaire)
DIDOU le dimanche 19 juin 2011, à 14:33
bonjour en tout cas ce n'est pas votre cas de ne plus écrire j'ai aimer celà et j'espère que vous écrirez encore Merci pour votre partage
Au plaisir de vous lire didier

domidom le dimanche 19 juin 2011, à 14:46
Le poète peut lui avoir un moment de lassitude, il peut avoir envie de poser sa plume, de ne plus penser, de laisser son imaginaire voguer au fil du temps, mais pour le vrai poète, ce répit sera de courte durée, il pensera la nuit avant de s'endormir, ou lorsqu'il sera seul dans son coin, malgré lui, même en essayant de penser à autre chose, il emmagasinera des images et l'envie folle de les écrire le reprendra...
Surtout cher ami, ne nous prives pas de tes poésies, elles sont toujours un agréable moment de lecture...
Mes amitiés...
Domie...

Loïc le dimanche 19 juin 2011, à 16:46
Tu ECRIS sur l'envie de ne PLUS ECRIRE. Donc déjà, Didou, Domi et les autres n'ont rien à craindre ! Le vide n'existant pas (sauf après la mort, et encore seulement si l'au-delà n'existe pas lui-même), le poète a toujours quelque chose à dire, puisque même en cessant de réfléchir, même en s'abandonnant, il ressent encore, et comme c'est dans sa nature de le peindre... il se met au travail tôt ou tard, avant d'oublier.

Et si ses écrits sont oubliés, quelle importance ? On apporte une pierre, ou un gravillon, et même si on nous oublie (ce qui n'est jamais certain à l'avance), va savoir qui nous aura lu et deviendra, un petit peu grâce à nous, le prochain génie qu'on attendait ? Je me tiens à ce que je disais il y a un an dans mon poème "Cette Part" :

"Qu’importe qu’un seul brille encore au bout des temps ?
Les petits n’ont soufflé qu’une ligne aux géants :

Nous sommes cette part."

Amitiés Thierry, et à te relire, je n'en ai aucun doute.

foliedouce le dimanche 19 juin 2011, à 19:22
très beau ! Ecrire est le langage de l'âme, dans l'ombre bienveillante du coeur ! merci pour ce délicieux poème ! amitiés

worrell02 le dimanche 19 juin 2011, à 19:36
Thierry, il nous arrive à tous la hantise de la page blanche, mais je ne t'imagine pas un jour ne plus écrire! Après lecture de ce texte, je te dédie également 'L'encrier de la vie'.
Je profite pour te souhaiter un 'Joyeux Anniversaire' pour demain!
Amitiés
Ivy

http://www.mespoemes.net/worrell02

Agrippa (Thierry Demercastel) le dimanche 19 juin 2011, à 20:38
---- Merci à vous. Merci Ivy. Je t'embrasse. Thierry
http://www.mespoemes.net/cauria

José le dimanche 19 juin 2011, à 21:01
La conscience et la faculté de jugement font notre condition humaine ; aussi le silence, comme le connaîssent l’arbre ou l’oiseau, qui profitent pleinement et sereinement du « langage du vent » de « tout ce qui murmure, en toute chose » nous est impossible. A moins d’être un sage, nous n’appréhendons ces choses qu’à travers le prisme de nos émotions qui font elles-mêmes écho à d’autres, et ce réseau serré crée le bonheur ou le vague à l’âme… et le besoin de l’écrire. Amitiés.

imparfaitlibre le dimanche 19 juin 2011, à 23:10
-je trouve ton poème très beau et je suis entièrement d'accord avec tes quatre derniers vers.
amitiés sincères Thierry---
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre

Agrippa (Thierry Demercastel) le dimanche 19 juin 2011, à 23:25
Merci José et Imparfait...

plumeflore le lundi 20 juin 2011, à 09:42
bonjour thierry, avant toute chose vu le qualité de votre écrit je serais étonné de ne plus voir vos poèmes,ensuite ne plus écrire quand l'envie n'est plus là c'est honnète et le mieux, sinon si c'est pour écrire des choses que l'ont ne ressent pas c'est pas la peine, notre pensée n'est pas un puits sans fond il y a toujours des moments ou l'âme est lasse mais après tout reveint dans l'ordre alors bonne chance au plaisir de vous lire
amitiés!!!

larose le lundi 20 juin 2011, à 17:50
Bonjour Agrippa!!! Merci pour ce beau partage!!! amitiés

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet