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Pour toi, j’ai inventé un monde sans douleur
Pour toi, j’ai mis sur le vaste gris, des couleurs.
De coups rageurs, j’ai barré la souterraine terreur,
Avec l’indigo, j’ai fait une nouvelle teneur,
Pour que dans ta main seule tienne, à toute heure,
Et notre Amour et la paix des guerriers, sans peur,
Sans esprit de revanche et cette immonde rancœur,
Qui rongent l’âme des Hommes et détruisent leur cœur
Plus surement que les dents des pièges des trappeurs,
Ou le venin sec des faux farceurs, vrais tueurs.
Pour toi, j’ai confondu la terre, le ciel, la mer.
Pour toi, d’un trait, j’ai réuni les mondes amers,
Pour que notre Amour et le sein si rond des mères
Rendent aux hommes leur humanité perdue de père,
Et que les enfants retrouvent leur joie si chère,
Dans un seul élan de farandole, de chante clair,
Qui replace chacun dans la vraie vie de la chair
Festive qui donne à la lumière l’éclat de l’éclair,
Jaillissement de la communion du même sang d’un frère
Et d’une sœur trop longtemps séparés par d’hostiles terres.
Pour toi, j’ai inventé un monde de rêves, juste pour te ravir.
Pour toi, d’un seul geste, j’ai dessiné la face hilare du rire
Juste pour apprendre à faire face aux drames sans fléchir
Pour que jamais les larmes ne ruinent tes traits, même le pire
Même l’immense chagrin, l’extrême douleur ou l’impuissant désir
Ne puissent t’exiler sur les îles solitaires, t’avachir
Et te plonger toute entière dans la terrible envie de trahir
Ou encore, dans le silence, décider de partir
Laissant ton amant, jusque dans les noirs absolus, te maudire
Ou se laisser aller par amour, sans mots dire, à mourir.
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