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En plein ciel, j’ai cueilli pour toi cette fleur,
Gorgée d’espoirs et pleine du parfum de la terre.
Sur un lit chaud de lumière
Je l’ai posée tout à l’heure.
J’ai osée la prendre à pleines dents
Me sentant digne descendant d’Adam.
Puis, sur le lys de ton âme, j’ai reposée ma tête.
Dans ses pétales écarlates,
Sur ses pistils qui t’appâtent,
La passion de l’enfant adulte encore se répète.
J’ai cessé d’un coup de courir.
Pour respirer au bout du « vivre ! »
Cet amour résonne comme une renaissance.
La mort qui s’éloigne.
La vie que je poigne.
Au don d’ Eve, se répand la sève de l’espérance.
La terre ivre soudain prise de vertige,
Pousse vers l’azur ces fleurs étranges,
Et répand leur parfum pour que tous enfin sachent
Cet hyménée des terres tantriques
Ramenée du pays d’Aubrac
Dans le secret d’un train tout entier à sa tâche.
Fleurs mi végétales,
A moitié astrales,
La rosée qui les fraichit ne vient des nuages.
Le soleil qui les chauffe n’est pas de l’univers.
Ce sont nos corps qui répandent cette eau des mages.
C’est l’ardeur de nos âmes qui exhale cette chaleur.
J’ai cueilli cette fleur pour qu’elle parfume ta peau
Dans l’oasis fertile de nos corps apaisés
Dans l’énergie de nos âmes toutes éveillées
Qu’elle enveloppe, jour après jour, de son manteau.
Tandis qu’enlacés, enivrés d’éternité,
Nous contemplons l’horizon de perpétuité
D’un « encore », « encore », sans cesse répété.
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