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La Chair désabritée.
……Immergée aux textures et aux nasses nocturnes du Vivant,
Fibres, lignages, gènes et ligatures, cousue et charpentée de
Matière et de temps, de pulpe et de parois aux sphères sensibles
Des membranes, Respiration et Nourriture, Métamorphoses, en
Gloire, en abjection, la Chair désabritée veille, inlassable et s’use
À la bataille d’être…..
Insomniaque, inconnue à soi-même, imaginante et médusée, Elle,
La Chair désabritée, dans l’Abandon, la demi-cécité et le tâtonnement,
La Chair veille et attend. A la bataille d’être, victoires et plaisirs,
Souffrances, altérations et meurtrissures irraisonnées, la lésion et la
Plaie, les coups soudains du sort et le dernier esseulement, le dernier
Spasme, le mystère du Retrait…..
Et toujours nous rêvons, Corps parlants et mourants, désabrités, une
Chair souple et nivéenne, à blancheur de licorne, la Sauvegarde,
L’Immunité, l’Intègre, la soie marmoréenne des Corps divins et
Statuaires, Ô Sommeil bien-aimé, divin silence des organes,
Divine Impassibilité!……
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