|
Sur la place St Marc c’est un raz de marée
La foule des travestis envahit l’esplanade
Et dans l’espace clos de cette arène immense
Les masques bariolés s’agitent comme la houle
Venues de quel séisme de quelles profondeurs
De quels tremblements naissent ces vagues qui roulent
Entraînant quelques heurts qui font rugir la foule
Certains vêtus de voiles ainsi qu’une mâture
Figurent des voiliers où flotte un pavillon
D’autres dont la coiffure se couvre d’un cimier
ont la tête qui penche comme le tronc d’un palmier
Ils palissent les quais envahissent les marches
Dansant sur place comme sur un arbre à papillons
Ils sont comme un essaim qui retourne à la ruche
Pour que le bon miel blond coule des alvéoles
Ou bien forment une grappe pareille au fruit vermeil
Qui dore sous la treille et mûrit au soleil
|