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A mon enterrement
A mon enterrement où s’évaderont les tiédeurs intimes
De celles qui peuplaient ma mémoire,
Je veux voir dans vos yeux d’intenses lumières
S’égarer sur ma solitude qui lentement s’habitue,
Je veux venir en mon église, et mon front blanc
Où plus rien ne se penche, s’offrir à la Vierge Marie,
Je veux des cierges tous blancs, tous beaux,
Et leur flamme qui scintille, ondulant
De vie, et puis des fleurs des champs
Qui jadis dans mon cœur bavardaient,
Ces coquelicots timides se blessant
Au vent pressé. Un, deux, puis trois,
A l’endroit où battait mon cœur,
Jetant leurs soupirs effarés mais délicats.
Oui, Je serai infiniment heureux,
Là, en ma demeure, où le temps n’entre plus.
En votre peine, ne priez pas, ne dites pas,
Ne pleurez pas, ne murmurez pas,
Mais souriez, car votre sourire viendra à moi
Comme ces colombes épuisées cherchant asile,
Sur leur plumage l’insensée blancheur
De l’éternité, et leurs yeux comblant le vide
Qui m’étreint. Ne vous retournez pas,
D’un sanglot que je n’aurai point désiré
En posant vos mains sur le métal froid
Du portail, au bout de l’allée qui frissonne.
Il faudra bien que tout en moi se taise,
Oh ! mon Dieu, dans ce déchirement cruel.
Comme les oiseaux de décembre engourdis
Dans les maladresses d’un hiver trop rude,
Comme un coquelicot qui lentement s’incline,
Epousant l’éternité du silence, je saurai bien
Que tout renaît ici-bas et que les saisons
Amoureuses jamais ne meurent.
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