|
Pour retrouver la magie de la forêt de Brocéliande, ses fées, sa fontaine enchantée... LA FORET DE BROCELIANDE
Poème Onirique, Magique
Le vent fera frémir les ajoncs sur les landes,
Lançant sur les étangs ses étranges guirlandes.
Avec le jour naissant, le soleil va venir
Répandre ses rayons autour des vieux menhirs.
Alors nous partirons sur un chemin de prêles,
Ecartant sous nos pas leurs longues tiges grêles.
D’énormes troncs moussus, chargés de champignons,
Deviendront, pour un jour, d’utiles compagnons.
Enfin nous parviendrons à la forêt magique :
Brocéliande, la Belle, à l’âme nostalgique,
Brocéliande au milieu des marais protecteurs,
Brocéliande à l’écart des rares visiteurs.
Les fleurs, à notre approche, ouvriront leurs corolles ;
Les sources nous diront d’indicibles paroles ;
Les saules alanguis s’inclineront vers nous
Et les petits chevreuils frôleront nos genoux.
Au détour d’un sentier, nous pourrons voir les fées
Que le petit matin livrera, assoiffées...
Ayant bu un peu d’eau, tournoyant dans les airs,
Elles disparaîtront dans les sous-bois déserts.
Soudain, nous entendrons, à travers les fougères,
Des murmures légers et des voix étrangères...
Et nous devinerons le petit peuple heureux
Des farfadets discrets et des lutins peureux.
Plus tard, nous atteindrons la fontaine enchantée…
Mais nous nous hâterons ; on dit qu’elle est hantée
Par un preux chevalier qui accourt au galop
Quand un intrus s’arrête et met la main dans l’eau.
Nous suivrons le ruisseau et sa douce romance
Jusqu’à une clairière avec un chêne immense.
Nous y verrons un druide et sa serpe en métal
Fera tomber le gui, dans un geste brutal.
Parmi les cornouillers, les frênes, les érables,
Surgira un vieil homme aux rides vénérables.
Son étrange baguette et sa robe de lin
Nous feront deviner qu’il s’agit de Merlin...
La lumière du soir, avec le crépuscule
Prendra la couleur d’or des fleurs de renoncule.
Ainsi nous laisserons, le coeur plein de regrets,
Les vieux arbres ployés sous le poids des secrets.
Quand la nuit étendra son voile solitaire,
Quand le vent soufflera un parfum de mystère,
Brocéliande, la Belle, au pays des menhirs,
S’endormira en paix, avec ses souvenirs.
© Gérard ANGELIS 1990
|