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Eteindre la lumière
Eteindre la lumière, me fondre en la nuit
Et revêtir en l’absence, l’instant
Où s’était évadé le temps avec arrogance,
Aux luttes incessantes du jour et de la nuit.
Apprivoiser, aux cortèges de mes songes,
Ces craintes maladives qui rendent fou,
Mêlant à la douleur d’étranges vertiges,
Puis se dissoudre aux ombres immobiles.
Eteindre la lumière et voir se déchirer,
Dans mes nuits intimes, de vieilles brumes
Aux roches abruptes de l’existence.
Voir encore une fois ce que fut hier
Dans ce gouffre qu’est ma mémoire.
Tisser un je ne sais quoi d’illusion,
Au pied des tombes vides qui désespèrent
De leur maigre pitance, cet ultime refuge
Où je vais un peu plus, enfant, chaque jour.
Eteindre la lumière et respirer l’odeur
Du temps des choses qui lentement s’effacent.
Répandre à la nuit l’ardeur diffuse
Des maux, de mon âme emprisonnée.
M’abandonner, émergeant des ingratitudes
Qu’infligent les heures, à mes os, ma chair.
Hurler du fond de mes entrailles, l’aveu
Que me murmure la pénombre et ses dessins,
Et voir la mort comme une lumière
D’où je ne reviendrai plus jamais.
http://www.youtube.com/watch?v=IDyhoPzY628#
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