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« La grande voile »
Ouvrir la grande voile…
Tendre la grande toile …
Pour y noyer mon chagrin…
Noyer ce que je suis, dans une tempête de mots …
Boire à la tasse salée de mon désespoir, du « pas juste » … du « pas ce soir » …
Terrain vague de mon âme où tout se tasse…
Où mes rêves bafoués par la vie s’entassent…
Benne de l’ombre de ce que j’ai été…
Monticule sans nom de ce que je suis …
Epave de mes rêves cachés …
Déchirée par les pluies acides du temps …
Rejetée sur une plage sans phare du « faut faire avec »…
Univers de taules…
Froissées, rouillées, souillées …
Tantôt froid, tantôt humide …
Corrosion à la mesure du temps …
Univers de cartons jetés à l’abandon…
Cartons de soi, plein d’oubliés de tout …
Ouvrir la grande voile …tendre la grande toile …
Et d’un coup de pinceau … peindre comme un enfant …
Une toile de fond, riche de tout ce que j’ai…et non une trame sans fond…
Trop pleine de tout ce que je voudrais … de tout ce que j’aurais voulu avoir ….
Un monde sans peur …sans pleur …avec des clowns, des fous rires …
Beaucoup de fleurs … un tapis de couleurs …
Du rouge … du bleu … du jaune … de l’orange …
Un tapis de tout ce qui me manque …
Koko 9/2003
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