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Si
Si le vent d’hier a tout emporté,
Bien plus que mon enfance,
Ces empreintes en allées
En une dernière révérence,
Ces chemins dont je cherche l’écho,
Cette farandole des jours bleus
Où les cœurs n’ont point de fardeau
Où s’écoulent les soirs amoureux,
Il me reste des ombres chétives,
Ces débris de mémoire têtus
Comme un sommeil sur l’autre rive,
Comme un regard qui s’est perdu.
Hier l’enfance a trébuché
Quand le partir fut promis,
Arraché d’un cœur, comme évadé,
Aux sinueux corridors de la vie.
Si le vent à tout emporté,
Qu’il creusa ma peine un soir,
que tremblantes mes mains souillées
Se sont égarées de désespoir,
Il laissa sur mon front un baiser
Mêlé de rumeur et de tristesse,
Puis s’en alla aux aurores épuisées,
Ces matins fades que les nuits délaissent
Comme encombrés et plein d’oubli.
Là où la lumière s’évanouit et tombe
Là où s’affrontent la mort et la vie
Il effleurait les ombres
Vers ces fosses au teint sévère,
Ces repos égarés mais éteints
Où la mort rieuse, d’un revers
Silencieux, me tendit la main.
La mort voisine s’en est allée
Ecorchant ma main puis le jour,
En un sillon, sans rien emporter,
Puis d’elle je suis devenu sourd,
Alors maintenant, en mon jardin,
Elle hante sur mon grimoire
En se rappelant l’immense chagrin
De ce passant, de ma mémoire.
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