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Quel ciel bizarre
Ah ! quel ciel bizarre aux noirceurs tourmentées,
Ton œil est il cet horizon où se fanent les choses,
Où s’habituent nos destins dans les rides du temps.
Sauras tu, quand nos os blanchis d’ennui
Auront vu se marier les dernières ombres,
Me dépouiller du silence que tu m’auras infusé,
Sauras tu au matin d’une immense solitude
Clamer en nos alcôves tourmentées et secrètes
Les tourments épuisés et, lascive, venir me dire
Que tu n’es qu’un voile intime se dissipant,
Déchiré par les lueurs jalouses du jour.
Sauras tu à l’ébauche d’un dernier soupir
M’inspirer aux tréfonds de mes entrailles englouties,
Et répandre à mon absence d’aimables lumières.
Ah ! quel ciel bizarre aux noirceurs tourmentées
Là au dessus du petit cimetière qui dort
Où les fleurs recroquevillées ne s’étonnent plus
Ou les allées qui vont à vous cherchent nos pas
Où les visages s’inclinent en vos mémoires défaites.
Ah ! le jour, la clarté et ce vent fou
Qui verse d’habiles ivresses, sans s’inquiéter,
En nos regards où se blottit l’éphémère,
Charriant le lourd parfum du passé
Vers ce pays où se fanent nos consciences.
Las de nous pencher aveugles sur l’ éternité
Saurons nous seulement la vérité.
Ah ! quel ciel bizarre aux noirceurs tourmentées.
http://www.youtube.com/watch?v=1JZzAupJap0#
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