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Vont les lueurs paresseuses, au jour finissant,
Mêlées d’ombres venant doucement mourir,
Caressant d’un dernier soleil couchant
Quelque tragédie, en nos cœurs, nos soupirs.
Elles nous ramènent sur des rives encombrées,
Ce lieu où le silence use de sa proie,
Où les parfums singuliers ont sombré
Aux stériles profondeurs que l’on entrevoit.
Quel est donc ce périlleux voyage,
Quand tout en nous vient s’écarteler
Et que dans d’innombrables sillages
Nos mémoires inquiètes viennent espérer
Où tout en nous se brise en éclats,
Où tout n’est qu’habile destruction,
Livrant à la lumière leur dernier combat,
Elles trébuchent aux mornes saisons.
D’anciennes fièvres venues des levants
Cherchent, mêlées de crainte, leur partition,
Mais tout va, tout s’achève, sacrifiant
Aux noirceurs absurdes d’anciennes passions.
De nos instants, ces fragments d’ivresse
Que nos divans froissés ont englouti,
Quand les songes jaillissent de nos paresses,
J’entends encore d’anciens soupirs étourdis.
Ivres de douleurs étranges et inconnues,
Nos cerveaux aveugles distillent ici et là
Notre passé, dans d’immenses chahuts,
Cherchant avec force ce couloir étroit.
Cette aurore diffuse et unique
Venue de ces profondeurs célestes,
Ce voile infiniment mystique
Où les âmes s’engouffrent d’un dernier geste.
07/03/09
http://www.youtube.com/watch?v=2lZ_52DOXis&feature=related#
Boris Berezovsky
Mon pianiste préféré
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