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Est il un endroit
A quoi songent ils tous ces vieux arbres,
Leur cime tutoyant le ciel profond,
Connaissent ils l’histoire glacée du marbre,
Celui de nos regards, des choses qui se défont,
Aux lamentations de leurs branches qui se désolent ?
Au frémissement intime de leur sève lasse ?
Est il un endroit où leur mémoire se console
De ces vieux printemps que le temps efface.
Que te racontait le vent parfumé d’azur
Où flânaient ces pollens, au jour inspiré,
Ces murmures venus de si loin, qu’ils rassurent,
Comme des anges joueurs venus de l’éternité.
Le cœur lourd sous ta voûte transpercée de lune
Je pense à nos destins dispersés ici et là,
Au marteau qui frappait à la sueur l’enclume,
Ecartelant le jour où s’engouffrait le trépas.
Sous tes ramures vieillies, animées d’un vent athée
Où se déchirent avec force les ombres,
Ce langage mystérieux où l’âme vient s’animer,
J’entrevois nos destins trébuchant en grand nombre.
Laisse moi m’adosser contre ton écorce,
M’égarer un instant au renouveau des choses,
Lever les yeux au ciel, mesurant ta force,
Sentir des parfums inouïs, les paupières closes.
Laisse au bord de mon cœur qui s’échoue mélancolique
En un vaste horizon pâle, sans clameur,
Le chant des oiseaux repoussant l’immensité tragique
Des sanglots anciens où les choses meurent.
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