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Sur la mer de l’enfance,
J’ai laissé s’envoler
Mes rêves de silence ;
Mon cœur s’est consolé
De la folle inconstance
Qui venait pour troubler
Ma trop jeune existence.
Sur la mer de l’aurore,
J’ai goûté l’amertume
Du matin qui dévore
L’encrier de ma plume
Et j’écrirai encore
Quand s’échouera l’écume
Sur le jour qui s’endort.
Sur la mer monotone,
J’ai vu l’homme voilé
Par le flot qui chantonne
À tous les champs de blé ;
Les vagues de l’automne
Ont toujours su parler
À mon cœur qui frissonne.
Sur la mer merveilleuse,
Sur son lit étoilé,
Sur sa couche amoureuse,
J’ai entendu souffler
Le vent d’une berceuse
Qui voulait consoler
Mon onde impétueuse.
Les deux pieds sur la terre
Je me suis rappelé
Le monde et son mystère
Qui nous fait chanceler...
Et j’ai repris la mer
Afin de l’épouser,
Car je suis un désert,
Par elle, apprivoisé.
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