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Pour que je te vois
Et puis quelque errance quand le jour vient se terrer
Au creux d’un vieux passé bien trop bavard,
Et sous mon crane, qu’un ciel indifférent surplombe,
L’affrontement stérile de mes peurs, de mes angoisses.
Mes paupières se ferment à l’ébauche d’un silence
Qui revient de ces gouffres aimantés aux âmes mortes,
Et puis ton sourire, ma bien aimée, sur ces taches brunes,
Obsédante tristesse bâtissant mes douleurs sans mensonge,
Ces lueurs étranges s’échappant de tes yeux, de tes yeux.
Cette douceur fragile encombrée d’incertitude
Où je viens, maladif, lutter un peu plus chaque jour,
Et puis ces nuits inutiles ou l’œil se ferme par habitude
Mais ne dort pas, il se souvient de vieux sanglots
S’échouant sur mes mains tremblantes où s’égaraient
Aussi l’infini tristesse de mes soupirs orphelins,
Où, de cette pénombre obstinée, il conte les absences
Comme un vent fou effleure des pétales de roses.
Et puis ton sourire, ma bien aimée, en mes nuits
Qui viennent façonnées de futur mais d’incertaines aubes
Dans ce délabrement tragique, notre temps assassiné.
Je crains ces grands vents plaintifs remplis de rumeur,
Comme ces cantiques où la mort têtue vient triompher.
Comme ma mort serait douce, mon éternel amour,
Si seul au monde, comme un fragment de toi,
Je pouvais me dissoudre en cherchant ton regard,
Le printemps serait pénombre sans langage.
Qu’il serait doux ce chemin pour que je te vois enfin.
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